Le carré de la vengeance

L'ouvrage:
La police de Bruges est confrontée à un mystère des plus insolites: la bijouterie de Groove a été cambriolée. Les malfaiteurs connaissaient le code de l'alarme. En outre, ils n'ont rien volé. Ils ont fait fondre tous les bijoux dans un bain d'acide.

Critique:
Le début du roman est original parce que la façon d'agir des malfrats montre bien qu'ils ont quelque chose de personnel contre les de Groove, et que l'idée du bain d'acide montre quelque chose d'assez raffiné.
En outre, le lecteur connaît assez vite les noms des coupables, et il sait comment ils s'y prennent pour passer inaperçu. Connaître leurs noms n'avance pas à grand-chose, mais j'ai trouvé ça moins frustrant et plus intéressant que la ficelle trop utilisée consistant à taire le nom du coupable jusqu'au bout. Cela entretient le mystère tout en accordant une miette d'explication au lecteur, car les personnages parlent de ce qu'ils veulent accomplir.

Vers la fin, le lecteur entend la même histoire racontée par trois personnages. Certains ajoutent des choses, d'autres en omettent... C'est assez intéressant, parce qu'ils ont tous l'air sincères, et jusqu'au récit final, le lecteur ne sait pas qui croire.

Mais après les premiers chapitres, le roman se traîne un peu. Il y a bien des révélations, des explications, des trouvailles, mais tout cela arrive vers la fin, et l'intrigue est un peu lente après un bon début.
C'est un peu rattrapé par le charisme de certains personnages, comme Van Hinn, qui, si j'ai bien compris, est un personnage récurrent. Il est d'ailleurs intéressant que Van Hinn, s'il a été blessé par la vie, ne soit pas aussi blasé que certains autres policiers récurrents dans d'autres séries.
Il y a quelques notes d'humour, notamment entre Van Hinn et le collègue qu'il fait semblant de mal connaître.

Le personnage de Hannelore Martens m'a un peu agacée. Certes, elle commence, et il est rafraîchissant qu'elle soit enthousiaste plutôt que blasée. Mais je l'ai trouvée un peu prétentieuse. Elle a de bonnes idées, et ses maladresses devraient me la rendre sympathique, mais je l'ai plutôt trouvée immature sur certains points. Normalement, on devrait la retrouver dans d'autres romans de Pieter Aspe. Ce sera une bonne occasion de la voir évoluer.

Quant à la famille de Groove... Je ne peux pas trop en parler, mais la fin ne fait qu'expliquer les raisons du mal-être et de l'aigreur de ses membres. Le désastre qu'est leur vie montre encore une fois qu'il ne vaut mieux pas obliger une personne à aller contre ses sentiments.

Remarques annexes:
La similitude de prénoms entre l'auteur et Van Hinn est amusante.
L'auteur se méprend quant à la signification de «palindrôme». Il dit que «rotas» est un palindrôme, parce que le «vengeur» a écrit «rotas» et «sator» sur le message laissé à la bijouterie. Ici, c'est juste une anagramme sans que les lettres aient été mélangées. Un palindrôme est un mot qui se lit de la même façon aussi bien de gauche à droite que de droite à gauche. Exemples: radar, Abba, Kassak, etc.

Éditeur: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Fanny Bieber pour la Ligue Braille.

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