José

L'ouvrage:
José a neuf ans. Il n'aime pas trop le monde dans lequel il vit. Il n'a pas envie d'avoir d'amis. Il préfère s'en inventer. Il s'enferme dans un monde où il rebaptise les objets. Son lit, c'est Voyage; le plafond de sa chambre, c'est Nuage; etc. Tous sont ses amis. Sa mère s'inquiète, et l'amène chez une psychologue.

Critique:
Je sens que cette chronique va m'attirer des inimitiés...%%D'abord, l'auteur décrit bien l'enfermement de José. Par la suite, la souffrance du petit garçon est très bien explorée et analysée. Cependant, j'avoue avoir été agacée par beaucoup de choses. En premier lieu, José lui-même. Je sais que parfois, sans trop savoir pourquoi, des enfants s'enferment dans un autre monde, comme il le fait. Sans vouloir qu'il y ait obligatoirement une explication rationnelle, j'ai trouvé un peu facile que José soit ainsi sans qu'on sache pourquoi. Sa mère l'élève seule, et n'est pas forcément à la hauteur, mais elle agit mieux que certains. L'enfant est peut-être hypersensible, peut-être s'attache-t-il à des objets pour ne pas souffrir... Ou peut-être n'est-il pas assez mûr... Bref, on peut trouver des explications satisfaisantes, néanmoins, José ne m'a pas touchée. Au début, son arrogance (même si elle recouvrait autre chose), m'a déplu. Sa façon de s'inventer des obstacles, alors qu'il avait la chance d'être aimé... Il me faisait un peu l'effet de ces gens qui ont tout, et qui se paient le luxe de faire une dépression. Ensuite, lorsqu'il souffrait réellement, j'ai compris sa détresse, mais ayant déjà été refroidie par lui au début, je n'ai pas été vraiment émue.
En outre, à un moment, il maltraite un animal. Je sais que c'était dû à son mal-être, à la souffrance qu'il cherchait à exprimer, à faire sortir, mais je fais un blocage vis-à-vis de ceux qui s'en prennent aux animaux.

Je n'ai pas trop su quoi penser d'Hélène, la mère de José. Elle s'est vite retrouvée submergée. Je l'ai plainte, mais elle m'a un peu agacée. Pourtant, je ne sais pas du tout comment je m'y serais prise face à un enfant aussi déconcertant. Peut-être aurait-elle dû être plus ferme, mais elle était seule, et pas assez forte pour maîtriser ce qui lui arrivait.

À un moment, le psychologue de l'hôpital veut à toute force faire réagir José. Pour le faire sortir de son mutisme, il va jusqu'à commettre une faute qui pourrait causer des dommages irréparables. C'est intéressant, car cela a suscité deux réflexions totalement contradictoires de ma part. D'abord, je l'ai traité d'imbécile, ai pensé qu'il n'était pas professionnel, et qu'en plus, il allait peut-être causer plus de mal que de bien. Et puis, j'ai pensé qu'au moins, il ne voyait pas l'enfant comme un cas. Au moins, il s'était compromis en espérant obtenir un résultat positif. Cela lui donne une dimension plus humaine: il n'est pas froid, il ne tente pas d'appliquer de belles théories.

Ce roman aborde le thème de la souffrance de différentes manières, dont certaines m'ont paru un peu difficiles à comprendre. En outre, le personnage principal m'ayant déplu, je n'ai peut-être pas su appréhender les thèmes avec toute l'objectivité qu'il aurait fallu.

Éditeur: Héloïse d'Ormesson.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jocelyne Corbaz pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Acheter « José » sur Amazon