L'oeil derrière l'épaule L'ouvrage:
John et Pam Woolwright habitent à Los Angeles. Ils ont une fille d'une dizaine d'années, Véronica, et un chat, Tom.
Un jour, Pam manque de se faire violer dans un parking. Cela la pousse à chercher activement un autre endroit où vivre: un endroit plus sécurisé et moins pollué. Elle finit par trouver un petit village, Harmony. Ils y sont accueillis à bras ouverts par la petite communauté, qui semble très soudée.

Petit à petit, certaines choses leur semblent un peu étranges. Par exemple, lorsqu'il y a une soirée ou une fête chez un harmonien, tous les autres doivent y aller. Les défections sont très mal prises. On ne le dit pas clairement, mais la désapprobation est palpable.

D'autre part, on fait des remarques à John et à Pam quant au chat. On n'apprécie pas trop les animaux, porteurs de microbes, dit-on. Soit, on a le droit de donner son opinion. Seulement, peu de temps après, Tom disparaît...

Par ailleurs, tous les coups de fil entrant et sortant sont écoutés. Si ce qui se dit ne plaît pas à celui qui écoute, la communication est coupée.

Critique:
On se doute assez vite de ce qui se passe à Harmony. Le livre traîne un peu, car le lecteur devine avant John ce qui se passe vraiment. John sait que le village est oppressant, que les gens sont coincés et sectaires, mais il ne se doute pas à quel point.

Donc, le livre traîne un peu, et certaines situations auraient peut-être pu être un peu mieux exploitées, mais c'est un livre à lire. On en ressort suffoqué. C'est un avertissement, une mise en garde contre tous les groupuscules sectaires. Parfois, certaines choses peuvent entraîner une communauté à avoir ce genre de comportement, tendant à ôter tout esprit critique aux gens, à les enrôler. Et s'ils ne marchent pas droit... Ce livre est donc une recommandation contre toute attitude sectaire, contre tout racisme. On n'est jamais assez averti contre tout cela. Je pense qu'il y doit y avoir d'autres romans qui ont montré cela, et peut-être mieux, mais les avertissements de cette sorte sont très importants, à mon avis.

Il est dommage que certaines choses soient un peu caricaturales. Par exemple, John se révolte contre la façon de vivre d'Harmony, mais il se révolte en passant d'un extrême à l'autre. Le village est extrémiste, mais John aussi. Il aurait été plus judicieux qu'il se révoltât en prônant la liberté d'être, mais pas en balançant des gros mots à tout va. Lorsqu'il dit à Pam ce qu'il aimerait voir à Harmony, ce n'est que des exemples extrêmes. Il aurait été plus percutant qu'il dise qu'il aimerait qu'on ait la liberté de lire ce que l'on veut, de téléphoner comme l'on veut, d'inviter qui l'on veut. Car même si John ne sait pas comment Harmony punit ces libertés, il sait bien qu'elles sont désapprouvées.

Personnellement, j'aurais préféré une fin où percerait un minimum d'espoir. Remarque, cette fin est plus percutante. Une fin adoucie aurait peut-être réconforté le lecteur. Ici, la fin est dure, mais elle rend peut-être le lecteur plus conscient du danger.

Éditeur: Librairie des Champs-Élysées.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Josette Berclaz pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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