Orphan Number Eight

L'ouvrage:
Les enfants Rabinowitz, Sam (six ans) et Rachel (quatre ans) se retrouvent subitement orphelins. Ils ne seront pas placés dans le même orphelinat, Rachel devant aller dans celui abritant les enfants de moins de six ans. C'est là qu'elle vivra des choses qui auront des conséquences à court et à long terme.

Critique:
Ce livre est inégal, mais je le conseille tout de même. Au début, la romancière aborde un thème auquel je pense souvent, et qui me glace à chaque fois: la cruauté de l'homme envers ses congénères qui ne peuvent se défendre. Je suis toujours sidérée de constater que les bourreaux ne se mettent pas une seconde à la place de leurs victimes. Ce thème est illustré par les expériences que font les médecins de l'orphelinat sur de très jeunes enfants, puis on le retrouve dans la clinique où travaille Rachel par la suite. Ses collègues et elle s'occupent de personnes âgées. Elles sont attentionnées, dévouées. Le lecteur fera forcément le parallèle avec la situation des orphelins du début, mais aussi avec certaines maisons médicalisées pour personnes âgées qui existent. Si Rachel et ses collègues respectent les personnes vulnérables qui leur sont confiées, ce n'est pas toujours le cas dans la vie.

Il est assez difficile d'évoquer un moment crucial du livre sans en dévoiler l'intrigue... J'ai compris ce qu'avait fait Rachel, mais je ne l'ai pas totalement approuvée. Si elle obtient ce qu'elle veut, ce n'est pas vraiment sincère. En outre, elle finit par se dire que celle qui la «blessa» (si j'ose dire) l'a aussi sortie d'affaire. Soit, mais les «blessures» furent infligées intentionnellement, alors que «l'aide» le fut par hasard, sans même que la personne ne le sache. Cela ne rend donc pas celle-ci appréciable. Quant à moi, je l'ai détestée du début à la fin.

Rachel éveillera la compassion, voire l'admiration du lecteur. Elle fait courageusement face à ses problèmes. Parfois, elle agit mal, mais à sa place, il y a de quoi être perturbé! J'aime bien l'histoire de sa perruque. Cela montre un côté rancunier que je partage. Si quelqu'un me fait du mal, je m'en souviens, tout comme Rachel.

La structure du livre est de celles dont je ne raffole pas. Les chapitres alternent passé et présent. Ici, cela a fini par faire ce que je craignais au départ: engendrer des lenteurs, surtout lorsqu'on lit certains chapitres évoquant le passé. L'histoire est tout de même très prenante, bien écrite, sans pathos.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Ginny Auer (pour les chapitres relatant le passé à la troisième personne du singulier) et Andi Arndt (qui lit les chapitres racontant le présent de Rachel à la première personne du singulier) pour les éditions Harper Audio.
Je ne connaissais pas Ginny Auer. Sa lecture m'a globalement plu. J'ai regretté qu'elle fasse un accent yiddish lorsque certains Juifs parlaient. Heureusement, cela n'a pas duré.
J'aime beaucoup Andi Arndt, et ici, elle n'a pas démérité.