Practicing normal|/conduite/public/i/18/B0725R23FP.jpg||Practicing normal © Tantor Audio 2017]

L'ouvrage:
Les Turner vivent dans un quartier huppé, mais n'ont pas le même rang social que leurs voisins. Le père (Everett), la mère (Kate), et leur fille adolescente (Jenna) prennent tour à tour la parole pour raconter la vie de cette famille en apparence normale.

Critique:
Ce livre m'a beaucoup plu. J'ai particulièrement apprécié Jenna, qui me semble la plus lucide. Cette lucidité la fait souffrir, et elle comble cela en faisant certaines choses répréhensibles. Au début, elle semble hostile, mais on se rend vite compte qu'elle se pose des limites, et que certains de ses actes sont plutôt sympathiques, je pense surtout à ce qu'elle fait pour les chats de l'une de ses voisines. Lorsqu'elle expose ce qu'elle pense de son père, on se dit qu'elle est peut-être trop tranchée. Ensuite, le point de vue d'Everett arrive, puis certaines phrases de Kate... À vous de voir ce que vous penserez d'Everett.

Kate est sympathique. Elle se débat entre ce que lui a martelé sa mère pendant son enfance, son amour pour Everett, les actes de celui-ci, ce que lui apprend sa soeur, son envie d'être amie avec ses voisins... Tout cela n'est pas simple pour elle. Elle est parfois agaçante, mais il est aisé de comprendre qu'entre tous ces courants contraires, la gentille et bienveillante Kate soit déboussolée. En outre, si on a parfois envie de la secouer, on se rend vite compte qu'elle n'est pas faible et pleurnicharde, comme on aurait pu s'y attendre au vu de certaines de ses réactions. Dans un autre style que sa fille, elle tente de s'arranger avec la vie, et en cherche les bons côtés.

L'intrigue ne souffre pas de temps morts. Cara Sue Achterberg réserve quelques surprises au long de ce roman psychologique. Par exemple, lorsque Cassie s'intéresse à la mère de Kase, j'ai pensé quelque chose... qui s'est révélé absolument faux. Je ne sais pas si l'auteur a voulu pousser le lecteur à avoir cette idée ou si c'est moi qui ai l'esprit tordu, mais j'ai été très contente de me tromper! Ça a été un peu la même chose lorsque Jenna a commencé à fréquenter un garçon. Je me suis dit que telle chose allait arriver, et cela n'a pas du tout été le cas. Je préfère de très loin ce qu'a choisi de faire la romancière.

J'ai également apprécié que pendant une grande partie du roman, on ne sache quel point de vue (entre celui de Kate et celui d'Evelyne concernant leurs parents) se rapproche le plus de la vérité. On ne peut que supposer, tenter de collecter les indices, les failles dans les propos de chacun... J'ai trouvé cela très intéressant.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour les éditions Tantor Media.
Andi Arndt lisait les chapitres narrés par Jenna, Charles Constant ceux racontés par Everett, et Xe Sands ceux du point de vue de Kate.

J'aime beaucoup Andi Arndt. Sa voix est claire, son interprétation est naturelle, elle n'exagère jamais lorsqu'il s'agit de modifier sa voix pour les rôles masculins. Ici, elle n'a pas démérité.

Je ne connaissais pas Charles Constant. Les chapitres d'Everett étant courts et moins nombreux que les autres, j'aimerais écouter quelque chose de plus long lu par ce comédien avant d'arrêter mon opinion, mais à première écoute, son interprétation est naturelle, et son ton est approprié.

Je ne suis pas vraiment fan de Xe Sands. Je trouve qu'elle est souvent à la limite du marmonnement. Cela fait que sa voix n'est pas claire. Cela donne aussi l'impression qu'elle se retient. Ici, elle ne le fait pas trop, donc cela m'a moins dérangée. Cependant, je n'ai pas aimé sa manière de jouer les rôles masculins. Pour moi, elle en fait trop.

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