Le printemps des enfants perdus

L'ouvrage:
Paris, mai 1750. Manon Dupré est parfumeuse. Elle voit beaucoup de gens passer dans sa boutique, au Bouquet de Senteurs. En ce moment, une étrange histoire se raconte: des enfants seraient enlevés en pleine rue. Elle n'y croit pas trop, mais lorsque le jeune Gaspard (qui travaille pour elle) disparaît, elle se pose des questions.

Critique:
Béatrice Égémar s'est servie d'un fait divers afin d'écrire un roman policier historique. Je ne connaissais pas du tout cette histoire d'enlèvements d'enfants de 1750. La romancière explore certaines pistes, donne quelques réponses, et en annexe, indique au lecteur des ouvrages documentaires qui lui permettront d'en savoir plus su ce fait divers si le coeur lui en dit.

Le décor est très bien planté. Je me suis laissée porter par l'histoire, et n'ai pas tenté de chercher des coupables. Le style est relevé sans être pompeux. L'auteur nous immerge très vite dans l'ambiance du Paris de l'époque.

L'héroïne et les personnages qui gravitent autour d'elle sont attachants. La soeur de Manon (Catherine) m'a parfois agacée car elle a tendance à rejeter son fils qui, apparemment, est attardé. (Je me demande s'il ne souffre pas d'une forme d'autisme...) Cependant, il faut recontextualiser les choses. Catherine est effrayée et ne sait pas s'y prendre. Personne ne la conseille vraiment, et même si Manon ferait mieux (cela se sent lorsque la romancière livre ses pensées à ce sujet), il est évident que Catherine aurait eu besoin de davantage de soutien et de confiance en elle.
Manon pourrait sembler parfaite, mais elle a une qualité qui l'humanise: elle est modeste. Son humilité n'est pas tapageuse comme celle d'autres héroïnes (ce qui en ferait, pour le coup, une fausse humilité). En outre, elle accepte de se compromettre (en quelque sorte) dans un but honorable. Et pus, elle réfléchit.

L'intrigue est bien menée. Le suspense n'est pas à couper le souffle, mais est instillé lentement, et certains faits se révèlent où on ne les attend pas forcément.

Manon étant parfumeuse, on la voit évoluer au milieu de différentes essences, et à un moment, elle fabrique un parfum. J'ai aimé lire ces détails qui, en plus de contribuer à l'immersion du lecteur dans le décor, lui rappelle qu'un parfum se compose de plusieurs odeurs mêlées.

Un livre sympathique qui instruit tout en divertissant.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été offert par les éditions Presses de la cité

Acheter « Le printemps des enfants perdus » sur Amazon