Même les méchants rêvent d'amour

L'ouvrage:
Jeannine commence à perdre la mémoire. Alors, elle écrit dans un carnet destiné à sa petite-fille, Julia. Elle veut lui confier son passé. Un jour, dans son jardin, elle tombe. Julia vient la retrouver alors qu'elle est en maison médicalisée.

Critique:
Si j'ai bien compris, l'autrice s'est inspirée de la vie de sa grand-mère pour écrire ce roman. Celle-ci lui a confié un carnet où elle racontait son histoire, et Anne-Gaëlle Huon en a fait ce récit. Quoi que je pense de ce livre, je trouve sa genèse émouvante. L'autrice a souhaité faire revivre sa grand-mère dans cet écrit, a voulu lui rendre hommage, et même si beaucoup d'aspects de l'intrigue m'ont déplu, j'ai été émue par ce qui a poussé à sa création. J'ai d'ailleurs apprécié la complicité entre Julia et Jeannine. Même si cette dernière commence à oublier, entre son carnet et certains moments de son présent, on voit bien le profond amour qui l'unit à sa petite-fille.

L'autrice a usé d'une ficelle qui, où que je la trouve, me déplaît. C'est celle du coup de foudre. En plus, dans ce roman, il y en a deux! Cette ficelle n'est pas forcément mauvaise. Elle me déplaît énormément car je la trouve peu crédible, mais je sais que d'autres l'apprécient.

Outre les coups de foudre, j'ai trouvé certaines choses assez grosses: la façon dont un personnage parvient à s'emparer de ce qu'un autre attend fébrilement; le fait que lorsqu'un protagoniste se présente chez un autre, celui-ci le renvoie sans rien lui expliquer; l'impossibilité de communication entre deux personnages... Certes, il fallait bien des éléments montrant comment tel aspect de l'intrigue avait pu tourner de telle manière, mais cela n'a pas vraiment pris avec moi. Je reconnais, à la décharge de l'autrice, que j'aurais sûrement trouvé n'importe quelle explication bateau, car le thème qu'elles illustrent (les amoureux séparés parce que leurs lettres ont été détournées) a été très abondamment utilisé, ce qui m'agace. De plus, je dois dire que ce genre d'intrigues ne me plaît pas vraiment, d'une manière générale. La quatrième de couverture, pour une fois, n'en a pas trop dévoilé, et je ne pensais pas qu'il s'agirait de cela, même s'il est vrai que j'aurais dû m'en douter.

Outre Jeannine et Julia, d'autres sont sympathiques: Félix, Gisèle (qui est aimable et de bonne humeur malgré ses déconvenues), et surtout Madeleine. C'est un personnage haut en couleur: primesautière et cocasse, elle dispense avec conviction ses citations pleines de bon sens.

Ce roman ne m'a pas trop plu, mais je sais que je suis sévère avec ce genre d'intrigues, et je suis sûre qu'il plaît et plaira à beaucoup de lecteurs. De plus, il est une ode à l'amour d'une petite-fille pour sa grand-mère, donc je ne peux pas le déconseiller tout à fait.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Juliette Croizat.

J'ai d'abord voulu lire ce roman parce qu'il a été enregistré par cette comédienne dont j'apprécie beaucoup le jeu. Ici, j'ai aimé son interprétation de Madeleine: voix douce, ton souvent pragmatique... J'ai moins aimé qu'elle prenne un accent du Midi pour Lucienne, mais je n'ai aucun reproche à lui adresser, parce que c'est bien l'accent qu'a le personnage. La comédienne était donc obligée de le faire. En revanche, lorsqu'elle lit le carnet de Jeannine, elle adopte trop le ton qu'elle prend lorsque le narrateur n'est pas un personnage de l'histoire. J'ai trouvé que ça n'allait pas, que les émotions ressenties par Jeannine n'étaient pas toujours bien rendues, surtout lors du récit de son enfance. Cela m'a étonnée, car Juliette Croizat a toujours une intonation appropriée, d'habitude.

Pour information, la structure du livre a été respectée.

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