Mauvais garçons

L'ouvrage:
Zack Walker est maintenant journaliste. En ce moment, il observe le travail d'un détective privé (Lawrence Jones) pour son prochain article. L'ancien policier surveille des truands qui cambriolent des boutiques. C'est au cours d'une de ces surveillances que Zack lui raconte que sa fille, Angie (dix-huit ans), est embêtée par un adolescent de son âge. Zack ne sait pas vraiment si le garçon lui semble être un danger pour Angie ou pour lui-même qui serait obligé de voir sa fille grandir.

Critique:
Moi qui me suis lassée des polars «classiques» de Linwood Barclay, c'est avec plaisir que j'ai retrouvé les Walker. Ce qui change, c'est que les romans mettant cette famille en scène sont majoritairement drôles. Zack est toujours obsédé par la sécurité, par ceux dont on ne se méfie pas assez... Il est un aimant à ennuis, car on le retrouve partout où il y en a. Il s'en attire aussi en se lançant dans des expéditions rocambolesques et en se transformant en détective du dimanche.

L'auteur a créé du comique de répétition, avec, par exemple, les allusions récurrentes à la garde-robe peu attrayante de Zack.
Même lorsque notre héros est en très mauvaise posture, l'écrivain glisse des instants cocasses qui ne tombent pas à plat. Certains reposent sur l'adoration fétichiste d'un truand pour les barbies. Celui qui m'a le plus fait rire est soigneusement préparé par de petits faits anodins, des circonstances qui s'additionnent pour aboutir à... ce qui arrive à la fin du chapitre 35 et au début du 36. Je suis étonnée que le romancier soit si bien parvenu à agencer situations et répliques pour faire rire et effrayer sans en faire trop. Il se sert d'ailleurs de l'humour pour détourner l'attention du lecteur... pour mieux le plonger dans la terreur de ce que vivent les protagonistes.

On s'identifie facilement aux personnages. Ils ont une vie quotidienne banale. De là à craindre d'être transporté dans les mêmes tourments qu'eux, il n'y a qu'un pas.

Une très bonne comédie policière!

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Alain Petit pour l'INCA
Le lecteur a su entrer dans la peau des personnages, et louvoyer entre comique et terreur sans trop en faire. Sa prestation aurait pu être telle que je n'aurais pas regretté que ce tome ne soit pas enregistré par Yves Vanmeenen, qui a lu le 1 pour la Ligue Braille. Malheureusement pour moi, Alain Petit prononce certains noms propres avec un accent anglophone. Je sais qu'au Canada, on le fait encore plus qu'en France. Cela ne m'a pas empêchée de trouver affreux d'entendre «Trevor» à tout bout de champ prononcé à l'anglophone (et ce n'est pas le seul) dans le texte en français. J'avais même l'impression (mais peut-être prenais-je mes désirs pour des réalités) qu'il était pénible au lecteur de faire la gymnastique.

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