Maîtres du jeu)

L'ouvrage:
Ce livre se compose de deux nouvelles.

Post mortem:
Aubin Mesnil est décédé après une longue maladie. Il lègue sa maison ardéchoise à une actrice très célèbre: Morgane Agostini. Le frère du défunt est furieux, d'autant que celui-ci ne connaissait pas la bénéficiaire de son legs.

J'aime votre peur:
Un dangereux psychopathe, emprisonné depuis six ans, vient de s'évader. Il adore torturer des gens devant leurs proches pour se délecter de la souffrance subie. La police est à sa recherche.

Critique:
J'ai beaucoup aimé la première nouvelle. Elle est à tiroirs: l'auteur pose les choses, et on se rend compte que ce n'est pas si simple, qu'un pan de l'histoire en cache un autre. L'ambiance est oppressante presque dès le début. Les événements et les personnages sont du pur Giébel. J'ai savouré cette nouvelle, parce que l'auteur s'est arrangée pour qu'on ne s'attache pas aux personnages. Donc quoi qu'il leur arrive, on n'aura pas de peine pour eux, et on goûtera tout le sel de l'implacable destin dans lequel ils se précipitent. Il en est bien un pour qui j'ai ressenti de la compassion, mais Karine Giébel prévient tout de suite son lecteur quant à ce personnage... J'aurais peut-être dû voir venir certaines choses, mais j'étais trop absorbée pour tenter de décortiquer la nouvelle. Dommage qu'elle ait été si courte...

J'ai moins aimé «J'aime votre peur». J'ai trouvé que la romancière en faisait beaucoup trop. Le méchant tueur qui se repaît de la souffrance des autres, et bien sûr, qui a souffert dans son enfance, c'est un peu facile... peut-être aurait-il fallu qu'elle prenne davantage le temps de décrire ce qui a fait qu'il en est arrivé là. Le sujet étant (à mon sens) galvaudé, il aurai fallu qu'il soit renouvelé par quelque originalité.
Ensuite, j'ai trouvé Sonia très nunuche. Elle semblait ne penser qu'aux hommes sur lesquels elle pourrait sauter.
De plus, l'auteur pointait trop un coupable possible du doigt, et retardait trop le moment de la révélation.
La fin rachète peut-être un peu le reste, mais tout arrive trop vite, sans vraiment être préparé... Il y a bien de maigres indices au cours de la nouvelle, mais trop peu.

J'ai aimé relire du Giébel, mais j'ai été déçue de l'inégalité (selon moi) des deux nouvelles. Je recommande quand même ce livre, ne serait-ce que pour «Post mortem».

Éditeur: Pocket.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Madeline Volet pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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