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Note 1: _Ce roman est le tome 5 des enquêtes de DD Warren.
Note 2:__ À ma connaissance, ce livre n'est pas sorti en français.

L'ouvrage:
Dimanche.
La police est appelée chez l'officier Tessa Leoni. Son mari, Bryan Darby, a été abattu avec l'arme de service de la jeune femme. En outre, Tessa a été frappée. Quant à Sophy, sa fille de six ans, elle a disparu.
DD Warren et Bobby Dodge vont tenter de démêler l'écheveau de faits et de pistes qui se présentent à eux. Bryan frappait-il régulièrement sa femme? Où est l'enfant? Que s'est-il réellement passé ce dimanche matin?

Critique:
Contrairement à certains auteurs, plus Lisa Gardner écrit, plus ses romans sont de qualité. J'ai eu beaucoup de mal à lire ses premiers romans (je ne les ai d'ailleurs pas tous lus), et à partir de «Sauver sa peau», je trouve que c'est de mieux en mieux.
Si ses intrigues peuvent souffrir de lenteurs, si elle peut envoyer son lecteur sur des fausses pistes, utilisant là une ficelle plus qu'éculée, ces écueils sont évités ici. On cherche bien un coupable, mais les choses sont plus compliquées que cela. D'abord, plus on avance, plus le mystère s'épaissit, Tessa révélant certaines choses que le lecteur doit faire rentrer dans un puzzle qui, au départ, semblait simple.
Après que Tessa a dévoilé certaines choses, le roman prend une autre tournure, et le lecteur commence à savoir après qui il court.
L'auteur n'attend pas des pages et des pages avant de nous donner des informations, et des noms. Bien sûr, on ne sait pas tout de suite qui tire les ficelles, mais l'intrigue est menée de telle sorte qu'au début, on ne se doute pas qu'il faut chercher dans ce sens. C'est comme ça dans tout le livre. C'est construit très intelligemment. Bien sûr, on se doute qu'il y a anguille sous roche lorsque Tessa parvient à sortir de prison, mais pour ma part, je n'ai pas pu prévoir comment cela se déroulerait. Pourtant, j'avais eu des indices...
D'autre part, la romancière nous fait côtoyer l'univers carcéral, et elle fait cela de manière intelligente et intéressante.

J'ai apprécié que l'auteur raconte, par petites touches, le passé de Tessa. Comme la plupart des personnages de Lisa Gardner, Tessa est un protagoniste qui ne pourra laisser le lecteur indifférent. Elle est creusée, analysée, cohérente, et extraordinairement forte! Elle n'a pas pris prétexte d'une enfance désastreuse pour se laisser tomber dans le néant, la délinquance, etc. Ça sort un peu des sentiers battus. Tessa est un personnage positif.
Découvrant tous les jours des parents qui font des enfants parce que ça se fait, ou pour toute autre raison non-valable, et qui donc, ne les aiment pas, j'ai beaucoup apprécié que l'auteur nous décrive un amour inconditionnel entre une mère et sa fille. Un amour pour lequel on ferait n'importe quel sacrifice, un amour qui rend fort, qui guérit, qui apaise.

Pour une fois, j'ai été contente de retrouver DD. D'habitude, elle m'agace. Ici, elle a l'air plus humain. Elle commence par se fourvoyer, bien sûr (sinon, il n'y aurait pas d'enquêtes), mais sa colère et son acharnement sont légitimes. Elle n'est pas bornée. La preuve est qu'elle finit par écouter Juliana...
J'ai également apprécié de retrouver Bobby, de découvrir un peu sa famille, etc.
Si la complicité entre les deux collègues est indéniable, et si elle est la bienvenue, j'espère sincèrement que l'auteur ne va pas transformer cela en autre chose, comme elle le laisse quelque peu entrevoir, à un moment. Cela serait trop gros, d'autant qu'ils ont déjà eu une liaison. Du reste, cela m'agacerait de voir un couple marié, qui, apparemment, s'aimait, être détruit. Je dirais sans doute que Bobby et DD n'avaient qu'à se décider avant. En outre, DD semble commencer à mettre de l'ordre dans sa vie... ce n'est pas la peine que l'auteur bouscule tout ça pour nous sortir une chose sans saveur.

Lisa Gardner a pris le temps d'écrire un roman bien construit, aux ficelles savamment tissées, aux personnages habilement dépeints. Je vous le conseille vivement.

Remarque annexe:
DD fait souvent référence à Sophy en disant: «six-year-old Sophy». Je n'ai pu m'empêcher de me demander comment un traducteur français s'en sortirait... «la petite Sophie»? Parce que «la petite Sophie de six ans», ce serait très lourd, surtout que la périphrase est répétée.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Kirsten Potter et Katie MacNichol pour les éditions Random house audio.

Les deux lectrices interprètent très bien, sans surjouer.
J'ai trouvé judicieux de la part de l'éditeur d'avoir confié le rôle de Tessa à une lectrice dont la voix ne pouvait être confondue avec celle de Kirsten Potter. Bien sûr, il est facile de deviner quels sont les passages à la troisième personne, et lesquels sont ceux à la première. Mais le fait que les deux voix soient si différentes est un plus.

Comme dans «Live to tell», une chansonnette revient souvent. Katie MacNichol a pris le parti de ne pas inventer une mélodie pour la chanter. Elle se contente de dire les mots sur un certain rythme. Je trouve cela un peu dommage.