L'ouvrage:
Vivian Conan raconte ici le combat de toute une vie. Dès l'enfance, elle se rend compte que quelque chose ne va pas chez elle, et tente de comprendre quoi...

Critique:
Ce témoignage m'a beaucoup plu. J'imagine qu'écrire cela, tout poser sur le papier, a aidé Vivian à mieux comprendre, à mieux guérir. Certes, mais cela a également dû être très difficile pour elle.
J'ai apprécié qu'elle reste la plus factuelle possible. Elle se raconte, explique ce qu'elle ressentait avec sincérité. Elle raconte d'abord son enfance, sa famille, ses relations avec chaque membre. Puis elle explique quand et comment elle a remarqué que quelque chose était différent chez elle. Elle commence assez tôt à voir un psychiatre. Au fil des spécialistes qu'elle rencontre, elle apprend à se connaître, à se découvrir, à palier certains manques dus à sa maladie...

Vivian ne blâme pas les psychiatres qui n'ont pas su la comprendre, et donc qui n'ont pas su l'aider. De plus, elle ne les range pas tous dans le même panier. Elle prend le temps d'expliquer lesquels ont tenté de l'aider, comment ils l'ont fait. Ce n'étaient pas forcément de mauvais médecins. C'est surtout qu'on savait très peu de choses sur le sujet, à l'époque. On en sait davantage aujourd'hui, mais des zones d'ombre subsistent. (Je ne dirai pas ce dont souffre Vivian ici, car elle le dit très tard dans le livre. Avec raison, elle raconte les choses telles qu'elle les a vécues.) Vivian a eu la chance de pouvoir comprendre (à plus de cinquante ans) ce qu'elle avait, puis de trouver le spécialiste qui en savait assez, et qui avait l'esprit assez ouvert pour l'aider au mieux. En effet, je m'y connais très peu quant à ce que sont des relations entre des psychiatres et leurs patients, mais Vivian faisait certaines choses qui, peut-être, dépassaient certaines limites. Oui, mais ne pas la laisser faire, et ne pas lui répondre, revenait à refuser de l'aider à guérir.

Si Vivian a pu, à certains moments, se montrer détestable envers ses proches, la faute ne lui revient pas toujours. En outre, elle reste très lucide quant à ses actes, et surtout quant à son besoin d'être soignée. Ensuite, lorsqu'elle parvient à mettre un terme sur sa maladie, et à en comprendre certains aspects, elle ne se cherche jamais d'excuses.

L'ouvrage se termine par une postface du médecin qui a compris et aidé Vivian. Il y explique avec davantage de détails certains aspects du mal de sa patiente. Cette postface est claire, sans jargon. Elle donne une image de ce médecin identique à celle que montre le récit de Vivian.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Campbell pour les éditions Greenpoint Press.