Live to tell

Note 1: Ce roman est le tome 4 des enquêtes de DD Warren.

Note 2: À ma connaissance, ce livre n'est pas sorti en français.

L'ouvrage:
Il y a vingt-cinq ans, le père de Danielle a massacré toute la famille, laissant la fillette en vie, puis s'est suicidé. Aujourd'hui, la jeune femme travaille dans le service d'un hôpital qui s'occupe des enfants maltraités.
DD Warren est confrontée à une nouvelle enquête: la famille Harrington a été assassinée, semble-t-il par le père.
Victoria vit avec la peur que tout dérape à n'importe quel moment.

Critique:
Ce livre est inégal. Il est en effet très intéressant de découvrir comment des personnes blessées et de bonne volonté tentent d'aider des enfants à s'en sortir, tout en sachant que c'est presque mission impossible. Grâce à cet aspect de l'intrigue, le lecteur découvre des choses assez horribles, mais qui, malheureusement, ne sont pas étonnantes. Par la bouche de Danielle, l'auteur ne manque pas de faire remarquer à plusieurs reprises (elle le fait également dans d'autres romans), que si les enfants sont ainsi, c'est parce qu'on leur a fait subir des choses ignobles. C'est évident. D'un autre côté, Lisa Gardner montre un enfant né dans une famille aimante, qui ne l'a jamais maltraité, et qui souffre pourtant de désordres mentaux dont on ne sait pas trop d'où ils viennent. C'est bien exploré, bien exposé...
En outre, elle sous-entend que les enfants qui ont beaucoup souffert ont une espèce de sixième sens. Cette théorie se défend... Dans le roman, elle est illustrée par ce que dit Lucy à Danielle. J'avais tout de suite deviné à quoi elle faisait allusion.

Si les passages où l'on voit Victoria et Danielle sont passionnants, l'enquête de DD et de ses collègues fait pâle figure à côté. C'est en cela que le roman est inégal. Mon agacement a été renforcé par le fait que j'avais tout de suite trouvé le lien entre les familles assassinées, et que je savais qui serait dans l'oeil du cyclone. DD et son équipe mettent un moment à arriver à cette conclusion. Après cela, il faut encore qu'ils découvrent qui est le véritable «méchant». Vers la fin, il y a des moments qui traînent franchement, et qui sont du pur remplissage.
Présenter un coupable qui n'est pas le bon au lecteur est une ficelle assez éculée. J'ai été déçue que Lisa Gardner s'en serve... Enfin, ce qui compte le plus, dans ce roman, c'est la psychologie des personnages.

J'ai surtout apprécié Danielle qui s'empêche de vivre, qui n'es que rage, tristesse, culpabilité... Comme je la comprends! J'ai également aimé la manière dont elle évolue. À la fin, elle suppose quelque chose quant à la nature des événements. Ce qui est intéressant, c'est qu'elle n'affirme rien, elle pressent... Cela fait que le lecteur peut choisir... même si l'auteur incite fortement à opter pour une certaine solution, rien n'est tranché.

J'ai également apprécié Victoria... ou plutôt son histoire. Au début, j'ai trouvé cette femme très forte, j'ai aimé sa détermination, sa combativité... Et puis, elle m'a agacée. Elle veut tout mener de front seule, et est sûre que si elle choisissait une autre solution, cela signifierait qu'elle n'aime pas Evan. Et ensuite, elle se plaint qu'elle est seule, sans amis, qu'elle aime encore son ex-mari... Son rôle de martyre volontaire a exacerbé mon énervement au contraire de mon admiration. Je ne sais pas comment j'aurais fait à sa place, mais j'aurais tenté de faire en sorte qu'Evan ne soit un danger ni pour lui-même ni pour les autres.
Cependant, la façon dont finit par agir Victoria m'a plu.

Quant à DD... tout comme dans «La maison d'à côté», elle est tourmentée par des fringales tant de nourriture que de sexe. C'est assez amusant et déprimant, car son travail l'empêche de s'adonner à l'amour physique. À un moment, j'ai été exaspérée parce qu'elle se plaignait toujours d'avoir besoin de sexe, et ne faisait rien. Mais ensuite, les choses évoluent...
Je n'arrive pas vraiment à sympathiser avec DD. Elle est intègre, fait son métier du mieux qu'elle peut, mais elle se retrouve embarquée dans des histoires où elle paraît fade à côté des autres protagonistes...

Remarques annexes:
Une chansonnette revient souvent. La lectrice a pris la peine de mettre un air sur les paroles. (Soit c'est une transformation de la chanson «Danny boy», soit l'air a été inventé.) Ça fait que j'ai eu cette chanson dans la tête pendant les deux jours de ma lecture! ;-)
J'ai découvert que la berceuse «Hush little baby» ne s'arrêtait pas à «billy goat», ce qui me perturbe. ;-) Moi qui pensais la connaître par coeur!

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour les éditions Random house audio. La distribution est la suivante:
La narratrice: Kirsten Potter
Danielle: Rebecca Lowman
Victoria: Ann Marie Lee
Lucy: Rachel Gray

Les lectrices ont parfaitement interprété ce roman. J'avoue un peu moins apprécier la voix de Kirsten Potter, mais elle met très bien le ton, donc ça compense. En outre, j'ai une préférence pour la voix et le jeu d'Ann Marie Lee.