Les voisins d'à côté

L'ouvrage:
Les Langley doivent partir une semaine en vacances. Derek Cutter, leur jeune voisin, pense pouvoir en profiter pour investir leur maison. Il veut surtout un endroit où être au calme, où discuter avec sa petite amie, Penny, etc. Malheureusement, les choses ne prendront pas cette tournure.

Critique:
Voilà un bon roman policier. Encore une fois, Linwood Barclay montre des personnages qui se sont trouvés au mauvais endroit au mauvais moment, qui ont tenté de faire au mieux, qui n'ont pas toujours fait les bons choix... L'intrigue est bien bâtie. L'auteur a réussi à me perdre: je n'arrivais pas à sortir de mon raisonnement, et je suis ravie de n'avoir rien deviné. Sans trop en faire, Linwood Barclay nous donne plusieurs pistes, et il fait cela plus subtilement que ceux qui jettent d'improbables coupables en pâture au lecteur afin de faire du remplissage.
J'ai cependant un petit reproche à faire. Linwood Barclay joue souvent là-dessus, apparemment. Ici, comme dans «Crains le pire», les personnages se trouvent dans des situations critiques où la peur et l'urgence dominent. De ce fait, ils n'agissent pas toujours comme il faudrait. Si on peut, à la limite, le comprendre pour Derek, mais pour Ellen... De plus, je trouve que l'auteur joue un peu trop de cette ficelle.
Autre chose m'a un peu agacée: les lenteurs. J'ai trouvé qu'il y en avait davantage que dans «Crains le pire». Il y en avait peut-être autant que dans «Cette nuit-là», mais elles étaient plutôt au début, donc, un peu moins faciles à accepter.

La plupart des personnages parleront au lecteur. Je les ai trouvés très réalistes, et ils ont eu ma compassion. L'auteur réussit à faire en sorte que le lecteur plaigne un personnage qui a du sang sur les mains, alors qu'il en blâmera un autre qui est surtout détestable moralement.

Jim Cutter m'a fait penser aux narrateurs rencontrés dans les autres romans de Linwood Barclay. Il est naturellement sympathique, se battra pour que justice soit rendue, pour son fils...
Je n'ai pas réussi à éprouver de sympathie pour Ellen, sauf à la toute fin. Je sais qu'elle a agi du mieux qu'elle a pu, mais je l'ai trouvée très légère.
Quant à Conrad, certains lui trouveraient peut-être des excuses, parleraient de longue frustration, par exemple, mais cela ne prend pas avec moi.

Remarque annexe:
Le titre du roman de Brett Stockwell est «Nicholas dickless». Je me demande comment cela a été traduit en français. Le traducteur a-t-il tenté de garder le jeu des sonorités? Après avoir trituré mon cerveau à la recherche d'une traduction qui conserverait la ressemblance du son, j'ai trouvé: «Félix sans pénis», ou «Alex sans sexe».

Éditeur français: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Christopher Lane pour les éditions Brilliance audio.
Christopher Lane a très bien interprété ce roman. Il a su jouer sans cabotiner. En outre, sa voix est très agréable.

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