L'ouvrage:
En juillet 1997, les soeurs Bowman, Lila (dix ans) et Rose (six ans) ont torturé et tué une enfant de deux ans. Lila a été arrêtée, et Rose a été déclarée trop jeune pour être jugée responsable. Dix-neuf ans plus tard, alors que Rose et son petit ami, Johnny, sont en vacances dans un hôtel du Devon, une fillette, dont les parents sont également clients de l'hôtel, disparaît.

Critique:
Avant de lire ce roman, j'ai regardé les chroniques sur Audible. L'une disait que certaines questions restent sans réponses, qu'il aurait fallu un chapitre supplémentaire les donnant. Comme je fais souvent ce reproche, j'ai parié que je penserais comme l'auteur de la chronique. En effet, on se demande ce qu'il y avait sur la «preuve» envoyée à l'un des personnages. J'imagine bien quelque chose, mais il aurait fallu être sûr que c'était probant. Donc l'autrice aurait dû dire ce qu'il y avait exactement. En outre, qu'est-il advenu de cette «preuve»?
À la toute fin, on ne peut pas être absolument sûr de ce que ressent Johnny, et on ne peut pas vraiment savoir si le personnage qui lui parle (dont je tairai le nom) a raison ou si, au contraire, prétend certaines choses pour que Johnny ne puisse rien contre lui.

En commençant le roman, j'ai espéré qu'on ne découvrait pas une certaine chose, parce qu'à mon avis, c'était un rebondissement trop convenu, et donc terne. Malheureusement, mes craintes se sont avérées justes. On me dira que sans cela, l'autrice n'aurait pas pu écrire un livre palpitant. Peut-être, mais pour moi,cela ne l'a pas vraiment été, puisque je m'attendais à cet élément tout en le redoutant. En outre, Alice Clark-Platts est allée encore plus loin dans l'horreur. Je ne peux pas dire que tout cela soit mal ficelé. Cela ne m'a pas plu, mais à cause de l'oppression, du mal-être, du dégoût que cela engendre. Et justement, ce sont les sensations que la romancière cherche à susciter. Je devrais plutôt lui tirer mon chapeau, car elle y parvient très bien. Cependant, je me dis que ce qu'elle a «inventé» existe sûrement dans la vraie vie, et cela me révulse trop. J'aimerais que cela puisse être cantonné aux romans, mais malheureusement, ce n'est pas le cas.

Je me rends compte que je suis obligée de conseiller un roman que je n'ai pas aimé, mais justement parce que l'écrivain a atteint son but, même si cela ne me plaît pas. Il est rare que je me retrouve dans ce genre de paradoxes. :-)
Donc je conseille ce roman à ceux qui, à l'inverse de moi, ne sont pas des chochottes, et ne craignent pas de découvrir des côtés extrêmement sombres de l'âme humaine.

J'aurais voulu davantage de justice, mais là encore, ce qui arrive reflète la vie. En pinaillant, on pourrait dire qu'il n'es pas logique que le personnage détenant la preuve dont je parle plus haut ne l'ait pas fait parvenir aux autorités. C'est une minuscule incohérence.

Sur Audible, une autre personne disait qu'elle avait décroché à la moitié du livre. Là, je ne suis pas d'accord. Je n'ai pas trouvé de lenteurs.

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Manon Jomain pour les éditions Hardigan.

Comme d'habitude, l'interprétation de Manon Jomain m'a plu. Son jeu est toujours naturel, que ce soit pour la narration ou le ton des personnages en proie à de forts sentiments.