L'ouvrage:
2017. Rose a trente-quatre ans. Elle a été élevée par son père, Matt, et ignore pourquoi sa mère (Élise) ne fait pas partie du paysage. C'est alors que Matt lui révèle que l'écrivain Constance Holden (Connie) était la compagne d'Élise avant que celle-ci ne le fréquente. Selon lui, Connie sait peut-être pourquoi Élise a disparu, alors que Rose n'avait même pas un an.

Critique:
Ce roman m'a plu. Bien sûr, me connaissant, on se doutera que j'ai été dérangée par la structure: les chapitres alternent passé et présent, mais je reconnais que les choses n'auraient pas pu être contées linéairement. Je pense que l'autrice aurait quand même pu faire moins d'alternances.

Élise et Connie ne sont pas vraiment attachantes. Je les ai trouvées égoïstes et inconséquentes. La plupart du temps, elles agissent sans se préoccuper du mal qu'elles peuvent faire. Élise est peut-être un peu à plaindre, parce qu'elle semble perdue au moment où les choses déraillent entre Connie et elle. Cela n'excuse pas ses actes, mais la rend plus sympathique que Connie qui semble n'avoir pas d'états d'âme.
Par la suite (en 2017-2018), Connie est moins désagréable au lecteur, mais je ne suis pas parvenue à réellement l'apprécier.

Je n'ai pas jeté la pierre à Matt, même si certains de ses actes sont répréhensibles. Pour moi, il avait des circonstances atténuantes.

Quant à Rose, je l'ai appréciée. Elle a le courage d'agir, de regarder les choses en face, et de se débarrasser de ce qui encombre sa vie. Je ne lui reproche pas Laura Brown (je l'exprime ainsi pour ne pas trop en dévoiler) car il n'est pas sûr qu'elle aurait pu obtenir quelque chose si elle n'y avait pas eu recours. J'aurais peut-être «démasqué» Laura Brown plus tôt, à la place de Rose, mais je ne peux en être certaine.

Le livre est épais, mais ne traîne pas. Je n'ai trouvé aucun temps mort. Bien sûr, j'aurais aimé que certaines choses soient plus explicites à la fin, mais cela n'aurait peut-être pas été crédible. Jessie Burton a choisi la vraisemblance, je ne peux la blâmer.

Je souhaite lire «Miniaturiste» depuis longtemps. Malheureusement pour moi, il n'existe, à ma connaissance, qu'une version audio, et je n'aime pas le jeu de la lectrice qui s'en est chargée. Le fait que j'ai apprécié «Les secrets de ma mère» renforce mon envie de lire «Miniaturiste».

Éditeur: Gallimard.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.