Le sang du temps L'ouvrage:
Marion est secrétaire dans un institut médico-légal. Un jour, elle trouve quelque chose qu'elle n'aurait pas dû trouver. Au lieu de garder le silence, elle alerte la presse. Cela la met en danger: elle est agressée peu après. La DST lui propose de l'aider, de la cacher.
C'est ainsi qu'elle se retrouve au mont-Saint-Michel, dans une abbaye. Officiellement, elle est là pour faire retraite, et se soustraire au stress urbain.

Marion s'ennuie un peu. Un jour, elle va à la bibliothèque d'Avranche avec l'un des moines, le frère Damien. Elle découvre alors un étrange livre...

Critique:
Maxime Chattam est un auteur très aimé du public, d'après ce que j'ai pu entendre. Ce livre est le premier que je lis, et dans l'ensemble, je le trouve bien.

Il traîne un peu, mais presque tous les romans policiers et les thrillers traînent. Le jeu consiste à essayer de faire en sorte que les digressions et les lenteurs soient aussi intéressantes que l'intrigue. C'est par exemple le cas chez Fred Vargas et Michael Connelly. Ici, certaines choses passent, mais d'autres un peu moins.

La violence des tortures me fait penser aux livres de Jean-Christophe Grangé. Il faut avoir le coeur bien accroché: la description des tortures est vraiment atroce.

Parfois, le style laisse à désirer, certaines expressions sont mal tournées. Par exemple, il écrit toujours: "Elle (ou il) cligna les paupières." Il me semble que c'est "cligner des paupières", non? Je pourrais imputer cette faute à la lectrice du livre audio, mais je pense qu'elle l'aurait faite une fois, pas plusieurs.

Maxime Chattam évite un écueil, à mon avis: c'est celui où l'un des personnages qui nous est d'emblée sympathique est le coupable. J'avais peur que ce soit l'un des personnages que j'aimais bien, et j'aurais trouvé cela trop facile. Heureusement, ce n'est pas lui.
D'ailleurs, à la fin, on ne sait pas vraiment qui est coupable. Trois hypothèses s'offrent à nous, et nous devons trouver laquelle est la bonne. Dans une note à la fin de l'ouvrage, Maxime Chattam précise que nous ne devons pas nous sentir frustrés, car la clé est dans le roman. Personnellement, je ne l'ai pas trouvée. J'ai demandé à Laurence Gargantini, (qui a enregistré ce livre en audio) si elle avait résolu l'énigme, et elle ne sait pas non plus. Je pense tout de même que la solution donnée par Grégoire dans l'épilogue est à rejeter. Ensuite, j'hésite entre les deux autres. Cette fin est encore un exemple très éloquent de ce que je disais dans la critique de "Les charmes discrets de la vie conjugale": il ne faut pas se fier à quelque chose juste parce que ça a été écrit par quelqu'un, ou raconté par quelqu'un d'autre. C'est ce que nous avons ici: Marion lit un journal intime, et on lui raconte une autre version de l'histoire.

Par ailleurs, ce thriller nous plonge dans deux univers très différents: le Caire de 1928 et le Mont-Saint-Michel du début du vingt-et-unième siècle. Les personnages décrits sont complexes. Certains sont insondables. Ils ne sont pas caricaturaux.

Ce n'est pas un chef d'oeuvre, mais une lecture agréable, où l'intrigue est bien menée.

Éditeur: Michel Lafon.

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