Les piliers de la terre

L'ouvrage:
Kingsbridge, Angleterre, 1123. Un homme, arrêté pour vol, est pendu en place publique. C'est alors qu'une jeune femme se détache de la foule et lance une malédiction sur les individus responsables de cette arrestation et de cette pendaison.

Critique:
Dans ce livre, Ken Follett fait se rencontrer plusieurs personnes de classes sociales différentes. Chacun se frotte à l'Église, très présente à cette époque. Malgré leurs mauvaises actions, certains craignent le châtiment divin. Le roi ne peut compter sans l'Église, etc.

L'épaisseur de ce roman ne doit pas vous rebuter. Pour moi, il n'y a pas de temps morts. Pendant une grande partie du roman, j'ai ignoré qu'un élément avait son importance. L'auteur donne pourtant des indices. J'ai été contente de découvrir, à mesure de ma lecture, que l'élément en question ne devait pas être oublié...
Ensuite, j'ai vite su une chose, mais je n'ai pas trouvé que l'auteur mettait du temps à la dévoiler. Je pense qu'il veut que le lecteur sache cette chose avant l'un des protagonistes.

On peut penser qu'il finit par y avoir trop de guerres intestines entre certains, mais finalement, c'est logique. William, par exemple, va si loin dans l'horreur qu'on ne l'imagine pas cessant de conspirer pour démolir ceux qui ne se sont pas pliés à sa volonté. Il pourra sembler excessif, mais outre qu'on rencontre des gens ainsi dans la vie de tous les jours, il faut se replacer dans le contexte. À l'époque, il existait malheureusement des seigneurs qui pouvaient se permettre de piller les habitants de leur comté, de violer les femmes, etc.

D'autres personnages sont moins manichéens. Je pense à Richard. Il a des côtés attachants, il n'est pas mauvais, mais il ne se débrouille bien que sur un champ de bataille. Il ne tente pas de gagner sa vie, et se permet de geindre quand sa soeur (qui fait ce qu'elle peut) ne lui donne pas assez d'argent...! À sa décharge, il n'a pas reçu une éducation qui l'aurait préparé à une vie de labeur. Cependant, sa soeur non plus, et elle s'en sort grâce à sa force de caractère.

Philippe est sûrement l'un des personnages les plus complexes. Il oeuvre toujours pour le bien commun, et se préoccupe sincèrement des autres, mais il est parfois intolérant et intransigeant. Bien sûr, il respecte scrupuleusement la religion, et pense agir au nom de Dieu, mais il ne va pas jusqu'à faire preuve de mansuétude lorsqu'il le faudrait. Je pense surtout au sacrifice auquel sont soumis Jack et Aliena. Philippe ne fait rien pour les aider, se retranchant derrière Dieu. De même lorsqu'un autre personnage se repent, Philippe est heureux, mais pour moi, il ne sait pas se réjouir humblement. Lorsqu'il tente d'obliger Jack à se faire moine, je le trouve particulièrement odieux et manipulateur. À ce moment, il n'oeuvre pour le bien de personne, et ne pense qu'à ce qu'il pourrait faire de Jack. C'est un homme bon, mais derrière cette bonté, il m'a semblé déceler une sorte d'orgueil mal placé. Il veut agir pour le bien de tous, mais se montre parfois dictatorial. Son ambivalence est intéressante, car il inspire des sentiments contradictoires.

Chaque personnage est travaillé, aucun ne laissera indifférent.

L'auteur s'est apparemment beaucoup documenté quant à la construction des cathédrales. À travers la passion et les découvertes de Tom et Jack, j'en ai appris davantage là-dessus. Dans la préface, Ken Follett explique qu'on ne sait pas exactement pourquoi la construction des cathédrales étaient si importante, à l'époque. Il y répond en partie, et dans son roman, il l'explique par l'engouement de certains hommes comme Tom et Jack.

L'ambiance de l'époque est également bien rendue. Par exemple, j'ai été étonnée de voir qu'une histoire crédible pouvait amener à condamner la personne accusée, même en l'absence de preuves. Entre la rumeur publique et la prépondérance de l'Église (ici, c'est un homme d'Église qui accuse), cela se comprend, mais c'est effrayant.

Je n'en dévoile pas plus, mais il y aurait beaucoup à dire quant à ce roman foisonnant et très réaliste.
Ce volume est le premier d'une trilogie, mais d'après ce que j'ai lu, il ne faut pas vraiment considérer les livres du cycle comme de véritables suites, le tome 2 se déroulant deux siècles après le 1, et le tome 3 deux siècles après le 2. Ils se passent dans le même décor, et certains personnages seraient les descendants de Tom le bâtisseur, mais à part cela, rien ne relie les romans.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Patrick Descamps.

Je ne connaissais pas du tout ce comédien, car ses précédents livres enregistrés ne me tentent pas. J'ai aimé son jeu. Il parvient à modifier sa voix pour certains personnages sans que cela soit affecté. Quant aux rôles féminins, il ne prend pas une voix exagérément aiguë. Enfin, il prononce les noms propres anglophones sans tenter de faire un accent. Je l'entendrai avec plaisir sur les tomes suivants, mais aussi sur d'autres livres.

La structure du livre n'a pas été respectée. La plupart des chapitres sont coupés, parfois en cinq pistes.

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