Les morsures de l'ombre

L'ouvrage:
Ce soir-là, le commandant Benoît Laurent rentre chez lui. Il rencontre une jeune femme en panne de voiture. Il la ramène chez elle.
Le lendemain, il s'éveille au fond d'une cave. Lydia, la jeune femme l'a attiré dans un traquenard parce que, lui dit-elle, il a détruit sa vie, et doit payer. Elle tient à ce qu'il souffre longtemps.

Critique:
Voilà un roman oppressant. L'auteur ne laisse pas de répit à son lecteur: la tension est au rendez-vous à chaque page.
D'autre part, l'analyse psychologique des personnages est bien menée. Karine Giebel sait faire monter l'angoisse, racontant parfaitement harcèlement psychologique, tortures physiques, humiliations... Si certains rivalisent de cruauté, si d'autres agissent stupidement, on ne peut que les comprendre. Je ne les approuve pas, mais leur vécu expliquent facilement leurs actes.

J'ai trouvé le roman un peu lent au début. En effet, à partir du moment où on a compris que Lydia avait enlevé Benoît pour se venger, on sait qu'elle va le harceler. On attend donc de savoir ce qu'elle lui reproche. Ensuite, dès que Lydia donne de petits éléments quant au passé, il est facile au lecteur de savoir ce qui est arrivé. Il y a d'ailleurs une chose qu'à mon avis, Benoît a mis très longtemps à deviner.
Cependant, lorsque Karine Giebel commence à dévoiler certains éléments, elle ne cessera d'étonner le lecteur, tout en le plongeant dans une horreur grandissante. En effet, chaque rebondissement fait monter la tension d'un cran.
Quant aux explications des différentes intrigues, il n'y a aucune incohérence. L'auteur manipule ses personnages et son lecteur jusqu'au bout. J'avais deviné qui tirait les ficelles avant qu'elle ne le dévoile. D'autre part, la façon dont la police finit par avoir la piste de la personne à rechercher est peut-être un peu grosse, mais après tout, pourquoi pas? Ces petits détails ne gâchent pas la lecture. Le roman est bien pensé, rien n'est laissé au hasard.

Les personnages sont assez écoeurants. Benoît passe son temps à faire des conquêtes sans se soucier des souffrances que cela peut engendrer. Lydia est aveuglée par la haine. Gaëlle agit par désespoir... Quant à la personne qui tire les ficelles, malgré ses raisons, je n'ai pas réussi à la plaindre. Cependant, tous ces personnages sont fascinants. D'abord par leur forte personnalité. Ensuite parce qu'ils sont tour à tour victimes et bourreaux.
Je suis contente que l'auteur n'ait pas utilisé le cliché éculé du syndrome de Stockholm. On peut dire qu'elle l'a même «retourné».

Éditeur: Fleuve Noir.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Emmanuel Trouzier pour l'association Valentin Haüy.
Je n'ai pas l'orthographe exacte du nom du lecteur, je lui présente donc mes excuses si celui-ci est mal écrit.
Outre sa voix particulièrement charismatique, le lecteur a su rendre le livre vivant sans cabotiner.

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