Les mains d'Orlac

L'ouvrage:
Ce soir-là, Stephen Orlac, pianiste virtuose, est victime d'un accident de chemin de fer. Son épouse, Rosine, n'hésite pas longtemps avant de s'en remettre au docteur Cerral pour l'opérer, un chirurgien désapprouvé par certains, car il est en avance sur son temps. Stephen est sauvé, mais ses mains ne retrouvent pas leur dextérité, ce qui l'anéantit. De plus, il fait des cauchemars qui semblent beaucoup le perturber. Quant à Rosine, elle commence à prendre peur lorsqu'elle voit d'étranges choses, et qu'elle s'aperçoit que les bijoux du couple, rangés dans un coffre fermé, ont disparu. Ne pouvant laisser les choses se déliter, la jeune femme décide d'agir.

Critique:
Je ne connaissais pas du tout ce roman, et n'avais jamais entendu parler de son auteur. Je suis contente d'avoir comblé cette lacune, car le livre m'a beaucoup plu. Mêlant savamment le suspense et la science-fiction (à l'époque, l'un des éléments du roman était impossible alors qu'il l'est aujourd'hui), nimbant le tout d'un parfum de fantastique, Maurice Renard mène le lecteur (moi, en tout cas) où il le souhaite. L'énigme s'installe peu à peu, puis des complications épaississent le mystère. Les rebondissements arrivent à point nommé, et la supposée incohérence est très bien expliquée. L'auteur l'a habilement placée, car le lecteur a seulement le temps de la digérer. Au moment où l'idée que c'est une incohérence prend le dessus, Maurice Renard l'explique. Comme je pinaille, j'ai quand même trouvé une autre incohérence (minuscule, mais présente) que l'auteur aurait pu gommer en donnant une raison davantage valable pour que les Orlac fassent une certaine chose.
L'auteur soulève d'intéressantes questions, notamment quant au pouvoir de l'autosuggestion.
Dans les romans policiers, on retrouve souvent la ficelle selon laquelle l'auteur jette de faux indices en pâture au lecteur, afin que celui-ci se fourvoie. Maurice Renard a procédé bien plus adroitement que certains. Bien sûr, cherchant des coupables partout, j'ai soupçonné un protagoniste, à un moment, puis comme je l'aimais beaucoup, j'ai décidé de lui accorder toute ma confiance. En plus, je me disais que si l'auteur l'avait choisi comme coupable, il serait tombé dans un cliché.

Les personnages principaux sont attachants, surtout Rosine, car c'est son point de vue que livre l'auteur pendant une grande partie de l'histoire. Je ne regrette qu'une chose concernant l'un d'eux, mais outre que cela concourt à la vraisemblance du tout, l'auteur aurait difficilement pu s'en passer.

Un roman intemporel, une intrigue sans longueurs, des personnages principaux sympathiques.

Service presse des éditions Voolume par l'intermédiaire de la plateforme de lecture NetGalley.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Loïc Richard.

C'est le premier livre enregistré par ce comédien que je lis. Sa prestation m'a plu. Il ne prend pas d'affreuses voix aiguës pour les rôles féminins, et réussit à ne pas cabotiner tout en cabotinant. ;-) En effet, il lui a fallu jouer les effets de style de Crochans, qui, lui, cabotine. Le comédien rend très bien cela sans en faire davantage que nécessaire, ce qui, à mon avis, n'est pas aisé. Je l'entendrai sur d'autres livres avec plaisir.

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