Les louvetiers du roi

L'ouvrage:
1715.
Frédéric Lemât est peintre... et tueur à gages. En effet, il sait utiliser les éléments constituant la peinture d'un tableau pour les transformer en armes chimiques. Le plus souvent, ce sont des femmes mal mariées qui passent commande auprès de lui.

Depuis quelque temps, le jeune homme est agacé par Iconos, un peintre dont on parle de plus en plus. On lui attribue des prodiges dont Frédéric est incapable. Mais le danger se précise lorsqu'une organisation secrète, qui n'aime pas les agissements d'Iconos, se met en tête qu'il se cache sous l'identité de Frédéric.

Critique:
Serge Brussolo renoue ici avec le thriller historique pour le plaisir du lecteur. En effet, si l'intrigue est lente à se mettre en place, ce n'est pas moi qui m'en plaindrai. Pour une fois, j'ai apprécié que l'auteur prenne le temps de planter le décor, et décrive longuement une certaine société, des façons de faire... J'ai été fascinée par les armes chimiques utilisées par Frédéric, par le mystère de la maison de Timoléon, les agissements de Lahuilette avant qu'il n'entre au service de son maître...
J'ai aimé l'idée des horoscopes peints, même si cela m'a rappelé «Heroes». L'idée de Brussolo m'a semblé plus aboutie que ce qu'on trouve dans «Heroes», car le système est plus raffiné.

Pour qui connaît Brussolo, l'intrigue recèlera peu de surprises. On retrouvera certaines façons de faire: l'auteur entraîne son lecteur dans plusieurs péripéties, et lorsqu'un mystère est résolu, il en épaissit un autre. Tout cela m'a quand même paru moins palpitant, plus calme, que d'autres romans de l'auteur. Les événements se précipitent moins, il y a moins de découvertes. Il y a bien une révélation, mais elle est assez classique. Je n'avais pas envisagé un tel cas de figure, mais surtout parce que je trouvais cette ficelle trop facile pour un auteur comme Brussolo.
En outre, je m'attendais à ce qu'on découvre quelque chose à propos d'un personnage, en fait, rien. On me dira que c'est positif, car Brussolo m'a mystifiée. Soit.
Je pensais aussi que la «folie» d'un protagoniste serait davantage exploitée.

Les personnages principaux sont attachants, comme toujours chez Brussolo, mais je n'ai rien trouvé qui les rende réellement sympathiques.
Ils évoluent, puisqu'ils comprennent certaines choses sur eux-mêmes, sur Arnaud, etc. Ils réalisent que plus jamais, ils ne s'embarqueront dans des aventures si périlleuses. Soit. Mais ils ne sont pas vraiment creusés. Ils réagissent de manière logique, certes, mais il n'y a pas ce plus qui caractérise la plupart des personnages brussoliens, et qui fait qu'ils sont à part.
L'intrigue et les personnages m'ont paru fades par rapport à beaucoup d'autres écrits de l'auteur.
Le livre n'est pas mauvais, il se lit bien, on entre dans l'histoire, mais il y manque quelque chose, ce qui tempère mon enthousiasme.

Remarques annexes:
Certains noms et prénoms font allusion à «Le vestiaire de la reine morte».
On retrouve Almoha, nom fréquemment utilisé par Serge Brussolo, en général dans ses livres fantastiques et de science fiction. Ici, c'est une île.
Le nom de Lahuilette me fait rire.

Note: J'ai lu ce roman dans le cadre du challenge Serge Brussolo organisé par Bambi Slaughter.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été offert par les éditions Plon.

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