Les lendemains

L'ouvrage:
Après la perte d'êtres chers, Amande ne sait comment elle va pouvoir vivre. Elle commence par quitter son appartement lyonnais pour louer une maison en Auvergne. Là, elle s'enferme dans son chagrin. Mais c'est sans compter l'amour que lui portent ceux qui lui restent, ainsi que les rencontres que lui fera faire le hasard.

Critique:
Au départ, je ne voulais pas lire ce roman, car j'avais peur que les «rencontres» dont parle la quatrième de couverture impliquent une rencontre amoureuse, que ce soit sirupeux, etc. Je me suis laissée tenter d'abord parce que rien, dans la quatrième de couverture, ne justifiait ma peur du mièvre. De plus, le roman a été enregistré par une lectrice dont j'apprécie beaucoup le ton et la voix. Le livre m'a plu. Il n'y a rien de sirupeux. Amande avance pas à pas, apprend a vivre avec l'absence, apprend à trouver du plaisir à faire des choses qui, de prime abord, ne l'attiraient pas. Mélissa da Costa dépeint très bien les états d'âme d'une personne qui souffre, qui sait que rien ne sera jamais comme avant, qui lutte à la fois contre le désespoir et les tentatives de la vie de la ramener à la surface... Elle nous dit que même s'il y a des pertes dont on ne se remet pas, il faut tenter de faire au mieux, et de profiter le plus possible de ce qu'on a. Ce n'est pas facile, et notre héroïne l'expérimente avec crainte, étonnement, et plaisir.

Bien sûr, on pourrait reprocher à la romancière de faire survenir un élément un peu gros, mais elle le prépare très bien. Je fais allusion à l'aptitude que se découvre Amande, aptitude que sa nouvelle amie et elle vont transformer en une opportunité. Bien sûr, cela peut sembler un peu facile, mais pourquoi pas?

Au long du livre, la romancière met son héroïne face à de délicates situations. La plus pénible est, pour moi, ce qui arrive à Yann et Cassandra (je le tourne ainsi pour en dévoiler le moins possible). Amande en souffre, mais sait faire la part des choses, et est très vite heureuse pour eux. Cela fait qu'elle parviendra à prendre part à leur bonheur, et à en profiter.

À un moment, une main maladroite se tend vers la jeune femme. Compte tenu des circonstances et de son passé précautionneux avec ceux qui tendent la main, j'imaginais qu'elle allait la refuser. J'ai été contente qu'elle ait la force de la saisir, et là encore, de profiter de ce que cela lui apporte.

À l'instar de Camille Pagán dans «I'm fine and neither are you», Mélissa da Costa décrit, avec finesse et délicatesse, le chagrin de personnes endeuillées. Amande n'est pas la seule à souffrir, et il est facile de s'identifier à tous ces personnages aimables et chaleureux dont la vie a pris un mauvais tournant.

La romancière ne tombe pas dans la bêtise et la mièvrerie: elle ne règle pas tous les problèmes en un claquement de doigts final. Par exemple, la narratrice ne s'entend pas avec sa mère, et même si elles parviennent à trouver un fragile équilibre lors de la visite de cette dernière, l'autrice ne nous balance pas une réconciliation qui n'aurait pas été crédible, étant donné que les deux femmes ne se comprennent pas, et que l'une a beaucoup de mal à accepter les choix de l'autre.

Voici maintenant deux remarques stupides:
Ce roman est écrit en français et se passe en France. Étrangement, je me suis plusieurs fois surprise à penser: «Tiens, il faudrait que je sache comment telle réplique est tournée en VO pour voir si ça a été correctement traduit.» Je ne pouvais pas m'enlever de la tête que le roman était traduit de l'anglais. Est-ce parce que je l'ai associé au livre de Camille Pagán sus-cité?
Le prénom de la narratrice me perturbait (allez comprendre pourquoi) et dans ma tête, je lui donnais le prénom de la lectrice. ;-)

Éditeur: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Anne-Elvire de Montjou pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Je n'ai pas été déçue par la lecture d'Anne-Elvire de Montjou. J'imagine qu'il n'a pas dû être facile d'enregistrer ce roman, car il ne fallait absolument pas surjouer les émotions de l'héroïne, mais il ne fallait surtout pas être monotone. Pour moi, la lectrice s'en sort très bien.

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