Les jours de ton absence

L'ouvrage:
Juin 2016. Sarah Mackey rencontre Eddie David. Ils passent une semaine à s'aimer. Eddie part ensuite en Espagne, ces vacances étant prévues. Sarah et lui se promettent de s'écrire, de se parler le plus possible, puis de rapidement envisager de vivre ensemble. Mais si la jeune femme écrit et téléphone à son amoureux, il ne répond pas. De plus, il ne se connecte plus à ses réseaux sociaux. Déboussolée, Sarah est sûre qu'il lui est arrivé quelque chose. Ses amis, Tommy et Jo, pensent que la pauvre s'est fait plaquer de la manière la plus cavalière qui soit...

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Je n'aime pas les coups de foudre, mais l'autrice a su atténuer l'invraisemblance de celui-ci. Il y a d'abord la réaction d'Eddie après la semaine de passion. Même si je n'étais pas aussi catégorique que les amis de l'héroïne, j'ai envisagé qu'il se soit bien amusé une semaine, puis ne veuille plus rien avoir à faire avec l'encombrante Sarah. Ensuite, je me suis accommodée de cette aspérité... De toute façon, l'histoire ne souffrant pas de temps morts, et rien d'autre ne me faisant vraiment tiquer, j'ai mis cela de côté. Par ailleurs, à un moment, l'autrice utilise cette idée du coup de foudre pour faire envisager autre chose aux personnages, et comme c'est bien amené et crédible, je lui ai pardonné cette petite mièvrerie.

À certains moments, l'écrivain flirte avec l'incohérence. Pour être sûre de moi, il faudrait que je relise certains passages alors que je connais la suite, mais de mémoire, elle parvient à ne pas être incohérente. Pour moi, elle n'utilise pas de procédés déloyaux afin de fourvoyer le lecteur. Je me suis fait avoir, mais parce qu'elle a bien joué. La version audio aurait pu avoir un désavantage, mais l'éditeur a (à juste titre) choisi de ne pas faire ce qu'il aurait fait si ce procédé (que je ne donnerai pas pour ne révéler aucun indice) n'avait pas été source de gâchis. Je précise cela, parce que si je n'avais pas compris que ce procédé aurait tout gâché, j'aurais été la première à m'offusquer qu'il n'ait pas été utilisé.

À un moment, quelque chose arrive, et le lecteur craint pour la vie d'un personnage. Je n'ai pas aimé que la romancière retarde l'instant où on sait ce qui s'est passé. En plus, pendant ce temps d'attente, elle introduit des éléments qui font qu'un protagoniste et le lecteur peuvent supposer ceci ou cela. Bien sûr, cela devait être trop tentant pour qu'elle ne le fasse pas, mais cela m'a agacée. Je reconnais que c'est de bonne guerre, et que n'importe quel auteur aurait agi comme elle. ;-)

En exposant les relations entre les membres de deux familles, l'écrivain montre à quel point on peut se nuire à soi-même si on ne parvient pas à canaliser et rationaliser une immense douleur. Elle ne nie pas que ce genre de douleurs est impossible à mettre de côté, elle ne dit jamais qu'il suffit qu'on le veuille pour arrêter de souffrir. Cependant, elle met en garde contre ce que cela peut faire si on se laisse submerger et diriger par cette souffrance. Je pense qu'elle a raison. J'ai trouvé qu'elle exagérait peut-être un peu à la fin, concernant ce que fait Carole, mais on m'objectera que justement, je dis qu'il faut tenter de ne pas se nuire, qu'apparemment, Carole commence à s'en apercevoir, et moi, je râle... ;-) C'est vrai, mais il aurait peut-être fallu que le cheminement de ce personnage soit davantage montré. On en a un petit aperçu un peu avant, et on sait aussi que la personne qui accompagne Carole à la fin est très positive, donc on imagine que la façon d'être de cette personne a été bénéfique, mais cela m'a quand même paru un peu gros.

Rosie Walsh aborde peu, mais avec justesse, le thème de l'adolescente qui fait n'importe quoi pour être admise par ses pairs, tout en sachant qu'elle s'avilit, mais ne parvient pas à faire autrement.

Malgré le chagrin exprimé au long du roman, on trouve des notes d'humour. Le fils de Jo, Rudy, est toujours synonyme d'amusement. Certaines répliques (surtout de Jo et Tommy) sont également drôles. De plus, comment évoquer l'humour sans parler de la scène dans le vestiaire après le match?...

L'ex mari de Sarah m'a agacée. Il semble ne jurer que par sa nouvelle petite amie (Kaya), tout ramener à elle, ne voir qu'elle. Je m'attendais à ce qu'il lèche le sol avant qu'elle y pose ses pieds. Quant à elle, elle semblait bien plus mature que lui.

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Plusieurs fois, j'ai eu peur que le roman devienne très mièvre. Voici les hypothèses que j'ai faites quant à certains événements.
Quand Sarah se demande pourquoi Eddie ne répond pas à ses messages, j'ai eu peur qu'on découvre que ce cher Eddie était un espion, un agent de la CIA, un témoin sous protection... bref, un truc extrêmement bateau que j'aurais détesté.

L'amie de Sarah, Jenny, ne peut pas avoir d'enfants, et en souffre énormément. Lorsque Sarah découvre qu'elle est enceinte, j'ai pensé qu'elle allait faire adopter son bébé par Jenny et le mari de cette dernière. Ensuite, lorsque l'héroïne manque d'être renversée, et que l'autrice traîne avant de nous dire que le camion a réussi à l'éviter au dernier moment, j'ai imaginé que Sarah avait été renversée, était dans le coma, avait un électro-encéphalogramme plat, et donc ne pourrait jamais se réveiller. De ce fait, j'imaginais avec horreur les médecins la maintenant ainsi jusqu'à ce que son bébé naisse, et qu'ensuite, sa famille et celle d'Eddie oublient leur rancœurs et s'unissent pour élever l'enfant. Cela dégoulinait de niaiserie! Heureusement, cela n'est pas arrivé.

En bonne pinailleuse, j'aurais aimé davantage de chapitres montrant certains personnages ensemble. Rien n'est bâclé, tout est dit, mais j'aurais aimé (comme souvent) davantage de scènes comme ce que laisse entrevoir le dernier chapitre.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Virginie Méry pour les éditions Lizzie.

Virginie Méry est une voix de mon enfance. Je la connais surtout pour ses doublages, et j'apprécie beaucoup son jeu. Je suis déçue que «Les jours de ton absence» ne soit que le troisième roman qu'elle a enregistré. J'espère que je l'entendrai plus souvent. Ici, j'ai autant apprécié son jeu que dans «La menace». Elle ne modifie jamais sa voix à outrance pour les rôles masculins. Elle rend bien les émotions des personnages. Par exemple, à un moment, Sarah raconte quelque chose dont l'évocation est difficile, et la comédienne joue parfaitement: on sent que l'héroïne a la gorge serrée, qu'il lui en faudrait peu pour se mettre à pleurer.
Je n'ai qu'un petit reproche: Virginie Méry fait partie des nombreuses personnes qui ne veulent pas prononcer Ruth comme cela se prononce en français, et qui, pour moi, le prononcent de manière affectée. Elle le dit à moitié à l'anglophone: Rousse. Je ne comprends toujours pas pourquoi, dans un texte en français, les comédiens (sauf Isabelle Miller, bénie soit-elle) tiennent absolument à ne pas prononcer ce prénom à la française. Heureusement pour moi, dans ce roman, on voit très peu le personnage nommé Ruth.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: plusieurs chapitres sont coupés en deux pistes, et un est coupé en trois.

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