Les fausses innocences L'ouvrage:
Comme chaque samedi soir, Roger Müller va dans un bar. Dans ce bar, Wanda l'attend. Roger est le client du samedi soir de Wanda. Il a ses habitudes, par exemple, mettre plusieurs fois d'affilée la chanson "Blueberry hill" de Fats Domino.
Il est bourgmestre. Il a trente-six ans, et vit avec sa mère. Il n'est pas marié. Wanda est persuadée que la mère de Roger est une femme castratrice, et qu'elle empêche son fils d'avoir une petite amie.

Ce samedi-là, il y a un orage. En rentrant chez lui, Roger remarque un homme seul sur la route. Il le reconnaît: c'est le médecin de son village, André Stembert. Les deux hommes ne s'aiment pas, mais Roger peut bien ramener André chez lui par cette tempête. Celui-ci a l'air gêné, il monte avec réticence dans la voiture de Roger... Il a des hématomes sur le visage... Il explique à Roger qu'il a eu un accident de voiture, et que c'est pour ça qu'il est à pied. Mais lorsque Roger veut le ramener chez lui, il refuse. Après une hésitation, il avoue qu'il était en train de s'en aller, lorsqu'il a eu son accident. André a rencontré une autre femme, il quitte Mathilda. Roger se met en colère, et ramène André chez lui, avec ordre d'y rester.

Le lendemain, Mathilda, très éprouvée, vient annoncer à Roger que son mari est mort.

Critique:
Le livre démarre assez lentement. Ensuite, on se doute tout de suite de ce qui est arrivé à André. ... Oui, on s'en doute, on ne cherche pas plus loin. Eh bien, on se trompe. Armel Job nous apporte la solution sur un plateau, et on s'empresse de la prendre, du moins, moi. Moi qui suis une habituée des romans à suspense, avec des crimes, je me suis bêtement laissée avoir.
Ensuite, lorsqu'à l'instar de Roger, on finit par changer de théorie, la suite est assez prévisible. Le suspense n'est donc pas la qualité première de ce roman, même si au début, on se laisse prendre.

Mais je ne pense pas qu'Armel Job ait voulu faire un roman au suspense haletant. Ici, l'histoire de meurtre n'est qu'un prétexte pour exhumer les sentiments et les vieilles histoires de la famille Müller, et de Mathilda. Petit à petit, Roger et Mathilda se confient. (En effet, le roman est à deux voix. Certains chapitres sont écrits du point de vue de Roger, et d'autres de celui de Mathilda.) Ils se confient, et on découvre des personnages blessés, s'efforçant tant bien que mal de vivre avec ce qui leur est arrivé.

Armel Job nous montre jusqu'où on peut aller par amour. Roger, sa mère, Wanda et Mathilda agissent par amour. Certains se sacrifient, se mutilent; certains ont des réactions extrêmes pour cacher une trop grande souffrance...
On découvre que tout n'est pas si simple. Roger n'est pas juste un garçon effacé, étouffé par sa mère, comme le croit Wanda, et comme est tenté de le croire le lecteur.

Bizarrement, la fin ne m'a pas déplu. Pourtant, on pourrait dire qu'elle n'est pas si bonne. Oui, mais elle est vraisemblable. En outre, je n'arrive pas à vraiment aimer le personnage de Mathilda. Je lui préfère celui de Wanda. Et entre tous, c'est vers celui de Roger que va ma préférence.

Ce livre est très bon, à mon avis. Il décrit des sentiments extrêmes, des actes difficilement acceptables, et pour ce faire, il plonge dans des esprits tourmentés qu'on ne peut pas s'empêcher de plaindre, voire d'admirer, pour certains.

Éditeur: Robert Laffont.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Thérèse Hayoz pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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