en ce sang versé

Voir la chronique du tome 1

L'ouvrage:
1305.
Marie de Salvin hante toujours Hardouin Cadet-Venelle. C'est alors qu'il croit la voir. La jeune femme est en fait Mahaut de Vigonrin, accusée d'empoisonnement. Poussé par son attachement et la culpabilité qu'il ressent vis-à-vis de Marie, le bourreau va tenter de découvrir si les accusations dirigées contre Mahaut sont fondées ou non.

D'autre part, le sous-bailly de Mortagne, Arnaud de Tisans, requiert l'aide d'Hardouin pour une enquête délicate. Sa fille, Henriette, moniale à l'abbaye de femmes des Clairets, a été assassinée.

Critique:
Le roman commence où s'arrête le tome 1, et il est préférable de l'avoir lu, pour mieux comprendre les événements ayant trait à Mahaut ainsi que les relations entre le bourreau et le sous-bailly.

J'ai apprécié de retrouver le style recherché d'Andréa H. Japp. Elle se démarque d'autant plus qu'elle est presque la seule à employer un langage si riche et soutenu. J'ai également apprécié de retrouver l'ambiance que la romancière retranscrit toujours parfaitement, ainsi que le contexte historique.

Les deux intrigues dans lesquelles s'implique le bourreau ne se rejoignent pas, mais il est intéressant que l'une prenne ses racines dans le tome 1. C'est plus réaliste.
L'intrigue quant à Henriette trouve une solution à laquelle je n'avais pas pensé. Pourtant, elle était logique. L'auteur donne quelques indices la laissant entrevoir. Comme pour le tome 1, je suis surprise de ne pas avoir deviné quelque chose d'aussi simple. J'ai cherché compliqué, et la résolution ne l'est pas. En outre, elle reste vraisemblable.

J'ai retrouvé Hardouin avec plaisir. Il reste épris de justice, et intransigeant sur certaines choses comme les faux-semblants. Il tente de rester clairvoyant, mais il n'est pas sûr qu'il y parvienne toujours.
Il est intéressant de voir que les enquêtes le rapprochent du sous-bailly. Au départ, chacun ne voyait qu'intérêt à «s'associer». À mesure de l'avancée de ce tome, chacun découvre le caractère de l'autre, et la camaraderie remplace l'indifférence.

La famille de Vigonrin est assez imposante. Béatrice est une forte femme, assez autoritaire et fermée. Malgré sa froideur, elle dégage un certain charisme, dont sa fille, Agnès est exempte. En effet, elle est plutôt fade, souffrant uniquement de cupidité et d'une méchanceté consternante de banalité. Ajoutons à cela l'aigreur et la frigidité... Le portrait est assez détestable, et je pense que c'est parce que l'auteur a une idée en tête. La fin de ce volume laissant clairement apparaître qu'il y aura un tome 3, ce personnage sera développé, à mon avis, et peut-être aurons-nous quelques surprises...
Quant à Mahaut, elle n'est pas très facile à cerner. Ce qu'elle dit vers la fin fait que plusieurs hypothèses peuvent être émises à son sujet.
C'est certainement Eustache que j'ai le plus apprécié dans cette famille. Au départ, on ne le connaît que par Agnès et Béatrice. L'auteur retarde le moment où on le rencontrera. C'est une fine idée de sa part, car, bien que n'aimant pas trop Béatrice et Agnès, le lecteur prendra ce qu'elles disent pour argent comptant. Ensuite, on a l'explication du point de vue d'Eustache, et ce qu'on apprend n'est pas très étonnant, à y bien réfléchir.

Andréa H. Japp fait quelques clins d'yeux à ses lecteurs habitués. Elle insère des personnages de ses autres romans. Il y a d'abord le médecin de la série «Druon de Brévaux» (c'est signalé en note). Mais on retrouve aussi (comme dans le tome 1) l'abbaye de femmes des Clairets où se déroulent les événements contés dans «Monestarium» et «La croix de perdition»

La romancière insère encore des notes de bas de page. Celles-ci sont très intéressantes, mais certaines alourdissent le texte, car elles ne sont pas nécessaire à la compréhension du roman. Elles sont intéressantes d'un point de vue historique, tant des faits que de la langue, et on pourrait trouver ces explications dans un documentaire historique. De ce fait, l'auteur aurait peut-être pu s'en passer. Apparemment, on lui a déjà fait des remarques au sujet de ses notes de bas de pages, car elle en parle (dans une note) en début d'ouvrage.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été offert par les éditions Flammarion par l'intermédiaire de l'agence de communication Gilles Paris.

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