Les écailles d'or

L'ouvrage:
Le Caire.
1981. Alice, environ cinq ans, disparaît, alors que sa mère l'a laissée sans surveillance.
1998. Makana est détective privé. N'ayant pas beaucoup de travail, il est en retard pour payer le loyer de l'awana (genre de péniche) sur laquelle il vit. C'est alors que Saad Hanafi, riche homme d'affaires qui contrôle une grande partie de la ville, engage Makana pour retrouver la star de son équipe de football, Adil Romario, qui a disparu sans qu'on sache pourquoi.

Critique:
J'avais un peu peur de ne pas apprécier ce roman, et finalement, j'ai mis mes hésitations de côté. J'en suis contente, car il m'a plu. C'est en relisant la quatrième de couverture que je me suis souvenue pourquoi je ne voulais pas le lire. Il y est dit que Makana est le digne successeur des héros de Mankell, Camilleri, et Donna Leon. Or, je n'aime pas du tout ces trois auteurs! Encore une fois, il est regrettable que ceux qui ont rédigé cela aient pensé que leurs comparaisons attireraient le lecteur. Elles ont failli me faire passer à côté de cette série.
Le résumé dit qu'Alice est enlevée dans la rue, mais ce n'est pas le cas. Je suis très étonnée qu'on laisse dire des inexactitudes sur les quatrièmes de couverture!
Enfin, comme souvent, elle dévoile un élément concernant le détective, élément que l'auteur donne assez tard dans le roman. Il n'est pas d'une importance vitale, mais il est préférable de le découvrir au moment du récit où l'auteur l'a décidé.

Comme nous avons affaire à un milliardaire contrôlant la ville, et à une équipe de football, j'avais peur que ces éléments soient trop présents, et gâchent ma lecture. Cela n'a pas été le cas. Bien sûr, Hanafi m'a agacée à cause de son omnipotence, mais Parker Bilal fond bien cela dans l'intrigue, et ça passe. En outre, Hanafi n'est pas au bout de ses peines, ce qui m'a réconfortée.

Makana est effectivement «cabossé», comme le dit le résumé. Cependant, il me semble qu'il a connu des choses si dures que «cabossé» est un mot trop léger. Par ailleurs, il ne passe pas son temps à s'apitoyer sur son sort: certains événements lui rappellent le moment où sa vie a basculé, et c'est ainsi que le lecteur sait ce qui lui est arrivé. Moi qui me demande toujours comment je réagirais à la place des personnages, je ne sais pas si j'aurais pu me relever après ce qu'a subi Makana.

Au cours de l'enquête, on se rend compte que plusieurs personnes avaient une raison de faire disparaître Adil. En général, ce genre de ficelles me déplaît, mais ici, elle est bien exploitée, parce que les choses sont creusées. De plus, alors que Makana vient à peine de commencer, voilà qu'il rencontre... la mère d'Alice. On se doute qu'il va s'intéresser à la disparition de la fillette, même si celle-ci remonte à dix-sept ans. Concernant cela, j'ai rapidement deviné ce qu'il y avait à savoir. Je pense que je l'ai trouvé parce que cette ficelle a déjà été utilisée dans d'autres romans, et que je m'en suis souvenue. Je sais que si j'avais lu ce roman il y a dix ans (par exemple), je n'aurais pas du tout élucidé le mystère Alice, et j'aurais trouvé que l'auteur avait très finement joué. Il n'a pas mal joué, mais je me demande s'il n'a pas fait en sorte que les lecteurs aguerris de romans policiers aient une longueur d'avance sur Makana à ce sujet.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Éric Herson-Macarel pour les éditions Sixtrid.
Comme d'habitude, le jeu du comédien est naturel. Il n'exagère pas lorsqu'il s'agit de prononcer les noms étrangers. Il y en a certains où il met un petit accent, mais cela ne m'a pas dérangée, car ce n'est pas affecté.

Acheter « Les écailles d'or » sur Amazon
Acheter « Les écailles d'or » en audio sur Amazon ou en téléchargement audio sur (Audible)