Les bactéries, des amies qui vous veulent du bien

L'ouvrage:
Anne-Marie Cassard et Gabriel Perlemuter expliquent le rôle et l'impact des bactéries du tube digestif et de l'intestin.

Critique:
Ayant fort apprécié l'ouvrage de Giulia Enders, et tentant de me documenter sur ce qui a trait à notre fonctionnement, j'ai voulu lire cet ouvrage. Il m'a beaucoup plu.

Commençons par ce qui m'a moins plu. C'est un minuscule détail. Lorsque les auteurs expliquent le processus de la digestion, ils prennent pour exemple une pizza. Ce que j'ai trouvé un peu lourd, c'est qu'ils ont imaginé que le lecteur était la pizza. Le lecteur se voit donc passer par tout le processus de la digestion. C'était fait pour être drôle, mais cela n'a pas pris avec moi. Comme je le dis plus haut, c'est un détail. Je le souligne parce qu'il m'a semblé qu'ils tentaient de faire comme Giulia Enders qui émaillait son ouvrage d'humour.

Les médecins expliquent que le microbiote (l'ensemble de nos bactéries intérieures) peut varier selon notre alimentation, mais aussi peut parfois nous contraindre. Par exemple, certains microbiotes prédisposeront davantage au stress, à l'obésité, à l'anorexie, ou à l'addiction à l'alcool. Bien sûr, le microbiote n'est pas l'unique responsable d'une addiction ou d'un gros stress, mais il peut y contribuer. Si j'ai compris cela, j'ai un peu tiqué en ce qui concerne l'anorexie. Pour moi, le fait de se priver de manger n'est que la conséquence d'un problème ancré en la personne, et c'est souvent dû à de multiples facteurs psychologiques. Les personnes anorexiques ne ressentent pas la satiété. Au contraire, elles ont tout le temps faim, et exercent un contrôle drastique sur leur faim. Donc je ne pense pas qu'elles ont forcément une bactérie qui fait rapidement ressentir la satiété. Ou alors, c'est le fait qu'elles se privent de manger qui fait que cette bactérie se développe, puisque le corps s'adapte. Je pense que les médecins veulent surtout dire que si ces personnes développaient cette bactérie, on pourrait s'en servir pour d'autres études. Mais je n'ai pas trouvé cela très clair, au contraire des autres exemples où ils soulignent bien que le microbiote a sûrement un rôle important à jouer, mais qu'il n'est pas toujours déterminant.

Il est également expliqué que le microbiote sera plus sain si certaines conditions sont réunies dès la naissance (voire avant) et pendant l'enfance. À ce sujet, j'ai apprécié les théories émises, surtout concernant l'allaitement. En effet, on entend toujours qu'il est mieux pour l'enfant que sa mère l'allaite, mais on ne sait pas trop comment cela fait que le système immunitaire de l'enfant sera meilleur. On en a une petite idée si on fait preuve de bon sens, mais au moins, ici, il y a une explication.

Il y a des pistes quant aux édulcorants, aux additifs, etc. Je savais déjà certaines choses, car ces médecins ne sont pas les premiers à en parler (j'ai d'ailleurs retrouvé des éléments qui avaient été abordés par Giulia Enders), mais j'ai apprécié ce récapitulatif. J'ai aussi eu la confirmation de certaines choses que je pressentais. Par exemple, si le nombre de calories absorbées compte, la teneur de ces calories compte aussi.

L'aspect le plus plaisant de ce livre, pour moi, c'est que les auteurs explorent des pistes, donnent des conseils, mais ne sont ni extrémistes ni donneurs de leçons. Sur ce genre de sujet, on tombe souvent sur des gens qui étalent leur savoir, se croient supérieurs, et affirment avec componction que seule leur manière de penser est la bonne. Anne-Marie Cassard et Gabriel Perlemuter donnent des conseils pleins de bon sens, dont certains sont très faciles à suivre. Ils font partie des rares qui, tout en disant qu'il vaut mieux manger bio, reconnaissent que c'est plus cher.

Cette chronique n'a pas été très facile à écrire, parce que j'avais envie de donner beaucoup d'exemples, mais je pense que c'est bien plus intéressant de les découvrir en lisant ce documentaire. Quoi qu'il en soit, je n'ai évoqué qu'une infime partie de ce qui y est développé.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Ève Dufresne et Laurent Jacquet.

J'ai trouvé la structure du livre pertinente. Il m'a semblé que certains titres, à l'intérieur des parties, étaient inutiles, mais je pense que visuellement, cela fait plus aéré, plus facile à repérer. Par exemple, lorsque les auteurs parlent des fibres, ils disent qu'il en existe deux sortes: les solubles et les insolubles. Puis, ils donnent leurs particularités en mettant un titre à chaque fois: «Les fibres solubles», puis «Les fibres insolubles». J'aurais directement commencé par les phrases qui expliquent. Si c'est plus agréable visuellement, en audio, cela fait répétitif, du moins, est-ce mon sentiment. En outre, voulant sûrement retranscrire cette aération, l'éditeur audio a laissé beaucoup de blancs avant puis après les titres. C'est la même chose pour les tableaux. Dans ceux donnant des listes d'aliments, il y a une entrée «type d'aliment». En audio, le lecteur le répète à chaque fois qu'on change d'aliment, tout comme les autres catégories. Il y est bien obligé, mais c'est un peu trop pour moi. De plus, entre le titre de la colonne et ce qu'il y a dedans, il y a un blanc... D'une manière générale, je n'aime pas les blancs. Ceux que je trouve nécessaires (entre deux chapitres par exemple) me paraissent trop longs. Mon mari peut témoigner: il a interdiction de faire des blancs de plus de deux secondes lorsqu'il m'enregistre des livres. ;-) Tout ça pour dire qu'il ne faut peut-être pas se formaliser si je trouve qu'il y a trop de silences, y étant allergique. Je suis peut-être la seule à penser ainsi.

Je connais surtout Laurent Jacquet pour ses voice over sur des documentaires. Son intonation se prête bien à ce genre.
Quant à Marie-Ève Dufresne, je ne la connaissais que sur des romans. Son interprétation m'a plu. Il n'est pas simple de lire des documentaires à voix haute, parce qu'il ne faut pas que cela soit monotone, mais il ne faut pas trop en faire. Les comédiens ont su trouver le juste milieu.

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