Les aventuriers de la mer, tome 9: Les marches du trône

L'ouvrage:
Selden veut habiter chez les Khuprus afin de participer à l'aide apportée aux dragons. Ambre est profondément troublée quant à ce qu'a fait Parangon. Althéa va tenter de parler à Vivacia.

Critique:
Avant de commencer cette dernière partie (qui est la fin du tome 3 original), j'ai fait quelque chose que je fais très rarement. Je suis allée écouter des morceaux du dernier chapitre pour voir si au moins une des choses que je souhaitais arrivait. Il fallait que je sois préparée au cas où cette chose précise ne se passe pas comme je l'espérais... Pour ceux que cela intéresse, j'ai fait ça (de manière différente) avec «Le proscrit», de Sadie Jones. Je ne voulais pas le lire s'il se terminait mal. J'ai donc tenté une amie avec, elle l'a lu, et m'a dit ce qu'il en était.

Dans cette dernière partie, il m'a semblé que Robin Hobb avait retrouvé son rythme de croisière. Les circonstances dans lesquelles certains personnages sont réunis m'ont paru grosses, mais la romancière a dû prévoir qu'on lui ferait ce reproche, car elle s'empresse d'expliquer que parfois, ce genre de coïncidences, c'est le destin.

Ambre rappelle un peu le fou de «L'assassin royal». Elle pense avoir quelque chose à accomplir, mais ne sait pas quoi. Elle perçoit des prophéties, mais ne sait pas les interpréter. Elle est moins grandiloquente que le fou, ce qui fait qu'elle m'a été davantage sympathique. (Ou comment s'attirer les foudres des admirateurs du fou...)

Pour moi, l'auteur en a trop fait concernant Hiémain. Elle l'a un peu dénaturé. Bien sûr, son expérience marine, son lien avec Vivacia, son admiration (très agaçante) pour Kennit, tout cela a forcément influé sur sa personnalité, mais pour moi, il n'était pas dans son caractère d'être amoureux de la personne qu'il aime. Bien sûr, c'est préparé, la romancière ne le sort pas de nulle part, mais j'ai trouvé ça trop convenu, et je l'aurais mieux accepté si cela avait été un autre que Hiémain. De toute façon, dans ce tome 3 (donc dans les trois derniers en français) je l'ai trouvé trop différent de lui-même pour être totalement crédible. Le comble est atteint quand il ose désapprouver Malta et son fiancé qui affichent leur amour simplement et sans grandiloquence, ainsi q'Althéa qui évoque sa relation assez libre avec celui qu'elle aime. Cette pudibonderie ne cadre pas avec le caractère de Hiémain qui, habituellement, a l'esprit ouvert, et qui, en plus, n'a jamais trouvé à redire lorsque cela venait de Kennit et Etta.

Certains s'offusqueront peut-être de voir la manière dont les dragons (par l'intermédiaire de Tintaglia) traitent les humains. Quand on y réfléchit, les humains ont ce comportement envers les animaux. Et encore, les dragons sont bien moins cruels. Concernant Tintaglia, Robin Hobb assortit sa tyrannie de moments amusants, notamment quand elle râle parce qu'elle a faim, puis qu'on lui sert de la mauvaise nourriture.

L'auteur se débarrasse bien facilement d'un personnage. Je ne l'aimais pas, donc sa disparition ne m'a pas chagrinée, mais il me semble que Robin Hobb ne savait pas quoi en faire et a choisi la facilité. Certes, je ne sais pas trop ce qu'aurait pu devenir ce personnage s'il avait été en mesure de rentrer chez les siens... mais il est dommage que l'auteur n'ait pas eu davantage d'imagination.

Je pensais qu'une fois leur «nature» (si j'ose dire) révélée, toutes les vivenefs réagiraient de la même façon. Or, chacune réagit différemment. À y bien réfléchir, c'et logique, parce que si on fait partie du même peuple, on a forcément un caractère et un vécu qui font qu'on ne remettra pas tout en question ou pas de la même manière que d'autres, même si ce qu'on découvre est extrêmement déroutant.

Depuis le début, je n'appréciais pas vraiment Sérille, tout en comprenant ses motivations. Je crois que j'ai eu envers elle les mêmes réserves qu'envers Astérie dans «L'assassin royal», sans vraiment savoir pourquoi. Malgré cela, je ne suis pas mécontente de sa situation finale.

J'ai apprécié qu'on revoie un peu Ophélie. Son enjouement et sa repartie ont été une détente après tous ces combats!

Il y a peut-être une petite incohérence. Parangon raconte à Ambre ce qui est finalement arrivé à l'équipage d'Igrot, puis à Igrot lui-même. Pourquoi les deux protagonistes en cause n'ont-ils pas fait en sorte que cela arrive avant? Parangon explique qu'il a essayé de faire certaines choses seul, mais pourquoi ce qui fut fait pour l'équipage ne fut-il pas tenté longtemps auparavant sur Igrot lui-même?

J'aime bien les interrogations d'Ambre et de Parangon quant au fait d'aider les gens, même si cela doit être contre leur gré.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Vincent de Boüard.

Comme tout au long de la série, le comédien a très bien incarné les personnages. À un moment, j'ai eu peur que la voix dolente et un brin stupide qu'il prend pour le gouverneur ne soit pas crédible lorsque celui-ci tente d'être sérieux, mais au contraire, elle renforce la fatuité du personnage qui, justement, tente de faire croire qu'il est un fin stratège alors qu'il n'est qu'un pantin capricieux. Ce personnage exaspérant m'a souvent fait rire au long de la série, et l'interprétation du comédien a renforcé l'image que je m'en faisais. Je l'ai déjà dit, mais mieux vaut se répéter que se contredire. ;-)

Pour information, la structure du livre a été respectée à 99%. Le dernier chapitre et l'épilogue sont sur la même piste.

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