Le vestiaire de la reine morte

L'ouvrage:
Marion a douze ans. Elle vit à Paris avec sa mère, Marie-Claude. Elle passe ses étés chez sa grand-mère, Yoelle, à Bregannog, un petit village breton. Yoelle la berce de légendes en évoquant pour elle les croyances villageoises, les superstitions, et un crime inexpliqué: celui du grand-père de Marion. À Bregannog, Marion retrouve également Sacha, un enfant de son âge, délaissé par ses parents. Les deux enfants jouent à se faire peur en se rendant au «hameau des absents».

Critique:
J'ai eu du mal à entrer dans ce roman. Toutes ces histoires contées par Yoelle ont commencé par m'agacer. Pourtant, cela plante bien le décor. Le lecteur se voit abreuvé d'histoires et d'événements inexpliqués qui l'étourdissent un peu. Ensuite, vient l'histoire de Marion dans l'histoire du village et de sa famille. Les intrigues s'entremêlent, ne laissant aucun temps mort. Les actions et les rebondissements s'enchaînent bien.
Tout cela est renforcé par le fait que l'histoire se passe en Bretagne, près de la mer (qui jouera d'ailleurs un rôle essentiel dans le roman), et que les éléments se mettent de la partie, intensifiant ainsi la peur des villageois.

Si l'intrigue est bien menée, certaines choses sont un peu invraisemblables. Je pense qu'elles le sont à dessein. Le but est que le lecteur les trouve un peu grosses, ce qui montre encore mieux la crédulité des villageois, crédulité due à l'embrigadement. C'est donc une critique de l'endoctrinement, de l'absence d'esprit critique engendrée par cet endoctrinement. Cette impression est renforcée par le fait que la seule qui réfléchisse, la seule qui ait un esprit critique, ce soit une enfant de douze ans! Brussolo évoque l'embrigadement sous un autre angle que dans certains de ses autres romans, mais là aussi, il en montre les dangers.
Ceux qui ont un esprit critique ne sont pas épargnés non plus...
L'intrigue renferme, comme dans beaucoup de thrillers de Brussolo, un parfum de fantastique. Je trouve cela mieux exploité que dans certains autres romans de l'auteur.

J'avais deviné qui était le chef du cabinet noir parce que certaines choses s'expliquaient si c'était le personnage que je soupçonnais. Par contre, il y a autre chose que je n'avais pas du tout deviné. Mon mari, qui m'a enregistré le livre, avait deviné ce qui m'avait échappé, mais ne soupçonnait pas l'identité du chef du cabinet noir.

Je n'ai pas aimé la fin. Elle n'est pas bâclée, va très bien avec le reste du roman, mais le message qu'elle fait passer ne me plaît pas. Concernant l'intrigue, elle est très bien, mais je n'aime pas ce qu'elle laisse entrevoir.

Les personnages sont brussoliens. La plupart ne sont pas vraiment attachants. Seuls, Marion et Sacha ont attiré ma sympathie.
On comprend les motivations de Marie-Claude, mais son personnage m'a plutôt agacée, surtout avec ce qui se passe à la fin. Sa décision finale fait partie de ce qui ne m'a pas plu, surtout qu'elle avait tout fait pour l'éviter. Ce qui veut dire qu'à terme, Marion m'agacerait également...

Note: J'ai lu ce roman dans le cadre du challenge Serge Brussolo organisé par Bambi Slaughter.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été offert par les éditions Plon.

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