L'auteur:
Voir le billet sur Serge Brussolo.

Le sourire noir L'ouvrage:
L'amazing Diet est un produit révolutionnaire! On en prend, et on ne grossit pas. On peut s'empifrer de n'importe quoi, et on ne prend pas une once de graisse! On finit même par maigrir, étant donné qu'il permet seulement l'absorption de 400 calories par repas, soit 1200 calories toutes les 24 heures. Beaucoup de gens vont se précipiter sur ce produit miracle, qui, pour l'instant, est distribué gratuitement à certains cadres de la Californie. Mais il a de curieux effets secondaires. Non seulement, il rend les dents noires (ce qui lui vaut sa seconde appellation de Sourire Noir), mais ce ne serait pas grave s'il se cantonnait à cela... Les personnes qui en prennent sont accro dès la première ingestion. Inexorablement, ils deviennent euphoriques. Ils sont heureux en permanence. Toutes leurs barrières mentales tombent, et ils sont pris d'accès de délire qui les poussent à faire n'importe quoi: des farces idiotes, des choses plus dangereuses, y compris attenter à leurs jours.

David Sarella se retrouve à donner des cours de création littéraire à des gens prenant du Sourire Noir. Au début, il s'intéresse à cette histoire par curiosité. Mais il va être obligé de s'y intéresser de plus près. En effet, Marvin Horroway, l'inventeur du Sourire Noir, devient trop dangereux. Il travaillait pour un laboratoire qui a essayé d'annuler les effets secondaires du produit, mais qui n'y a pas réussi. Le laboratoire a donc décidé de ne pas commercialiser le produit. Furieux, Horroway l'a pris comme une attaque personnelle. Il est parti avec ses formules, ses échantillons, ses disquettes. Il a juré de se venger, et il commence à distribuer son produit gratuitement aux personnes influentes de l'état. Et bien sûr, il est introuvable. Le laboratoire le recherche. Justement, Marvin a fréquenté David, à l'université. Le laboratoire va donc lui demander de faire appel à ses souvenirs, d'essayer de se rappeler s'il lui avait parlé d'un endroit qui lui serait particulièrement cher... David assure qu'il n'a pas vu Horroway depuis des lustres, et qu'ils n'étaient pas de si grands amis que ça... Il va bien être forcé de faire preuve de bonne volonté, car la Mafia aussi recherche Horroway, ne voulant pas que sa drogue supplante les drogues classiques. Ils vont utiliser une méthode radicale pour que David coopère: lui injecter le Sourire Noir. Il bénéficiera d'une version un peu différente. On lui injecte une dose pour trois mois. En outre, cette mouture de la drogue ne laisse passer que100 calories par jour (soit l'équivalent d'une grosse tranche de pain) dans l'organisme. Seul, Horroway peut lui procurer l'antidote. Il va bien falloir qu'il le trouve, sinon, il mourra...

Critique:
Comme beaucoup de thrillers de Serge Brussolo, "Le sourire noir" démarre sur une idée très originale. Un livre parlant d'un régime miracle attirera tout de suite le lecteur. Heureusement, l'idée de départ ne part pas en eau de boudin, comme c'est parfois le cas. Ici, le suspense est toujours là. On assiste à la tentative folle de retrouver une maison à partir de croquis faits sur un mur... C'est une guerre des nerfs où la tension est palpable. Dès qu'on pense avoir trouvé quelque chose, autre chose vient contrecarrer cette trouvaille. Brussolo fonctionne souvent comme ça, et cela donne beaucoup de rebondissements. De plus, David va devoir faire face à ses démons, lors de ses périodes hallucinatoires, ce qui permet à Brussolo d'explorer l'inconscient, la psychologie du personnage. Il y a aussi des scènes assez spectaculaires, comme la mort de Sarah, qui est sous l'influence du Sourire Noir. La première fois que j'ai lu ce livre, j'ai trouvé la fin un peu bateau. Mais à la deuxième lecture, j'ai trouvé qu'elle allait bien avec le reste, avec la psychologie des personnages.
Sinon, le livre est un peu long à démarrer, comme c'est parfois le cas avec Brussolo, notamment dans les aventures d'Oswald Caine.

D'autre part, David écrit des romans, tout comme Oswald Caine (un autre héros de Serge Brussolo). Apparemment, "Le sourire noir" aurait dû être une aventure d'Oswald Caine, (c'est ce que j'ai lu sur le site de Brussolo qui est dans mes liens). David et Caine ont d'ailleurs certains points communs: ils écrivent des romans où les personnages principaux sont infaillibles, et sont le contraire absolu de ceux qui les ont inventés, ils utilisent le même stylo (le Bright Flood Shadow), ils ont des caractères similaires...
A noter également que le héros des romans de David (Conan Lord), est l'un des héros de Serge Brussolo.

Éditeur: le Masque.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Brigitte Bourge.

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