L'ouvrage:
Depuis environ huit ans, Cooper et sa fille, Finch, vivent coupés du monde, dans une cabane en pleine forêt, au nord des Appalaches. La fillette est profondément attachée à son père, et à la vie qu'ils mènent. Cependant, il lui est de plus en plus difficile de supporter l'isolement auquel les contraint Cooper. C'est alors que des événements vont perturber leur équilibre précaire, à commencer par la défection de Jack, l'ami de Cooper qui les approvisionne tous les ans.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Avec finesse et intelligence, l'autrice soulève d'intéressantes questions, surtout concernant les actes passés de Cooper. À la fin, Finch elle-même se demande si elle aurait agi comme lui. Sans pouvoir être sûre de moi, j'imagine que j'aurais agi comme lui. Finch met également en avant qu'il est possible que Cooper ait diabolisé certains protagonistes, tout en reconnaissant qu'il pouvait avoir raison, et qu'ils se sont adoucis avec le temps. Je suis tentée de croire Cooper. Certes, je n'ai eu que son point de vue, mais je ne vois pas comment atténuer la portée des actes des personnes en question. Tout cela amène à des réflexions sur la force de caractère nécessaire pour vivre comme l'a fait Cooper. La manière dont ce dernier préserve jalousement son existence loin du monde donne à penser qu'il pourrait tout sacrifier au nom de cela, quitte à agir inconsidérément. Pourtant, lorsque les choses s'aggravent au point qu'elles en devienent incontrôlables, il prend la décision de faire le moins de mal possible.

J'ai apprécié le mystère que la romancière laisse longtemps planer quant à Scotland. D'un côté, il y a l'opinion de Cooper; de l'autre, celle de Finch. Le lecteur est tiraillé entre ces ressentis contradictoires. Les deux points de vue se défendent. Après coup, je me suis dit que malgré tout, l'autrice avait toujours fait pencher la balance d'un côté. Oui, mais c'est facile de penser cela après.
Concernant Scotland, j'aurais aimé en savoir davantage sur ce qu'il devient. Certes, on l'imagine très bien, mais je pensais que nos héros auraient trouvé le moyen d'en apprendre plus.

Ce roman est plein d'émotion, de sentiments pas toujours simples. Il n'y a aucun temps mort.
Étant moins raisonnable que Cooper, j'aurais préféré que Finch ne s'attachât pas à certains personnages, et qu'elle décide, peu après les avoir rencontrés, qu'ils n'en valaient absolument pas la peine. Certes, mais Finch avait besoin d'exister ailleurs que dans la cabane de son père. De ce fait, il valait mieux que les relations entre elle et ces personnages fussent bonnes. De plus, j'ai beau souhaiter cela, je sais que cela n'aurait pas été crédible. ;-)

Éditeur: Buchet-Chastel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.