Le secret de la dame en rouge

L'ouvrage:
Paris, fin du dix-neuvième siècle. Le cadavre d'une femme est découvert. Chose étrange: son cerveau lui a été enlevé. La police ne trouve pas l'identité de la morte.

Dans la même période, madame Euryale, voyante qui lit l'avenir dans l'eau, fait ses débuts.

Critique:
Je connaissais très peu Béatrice Bottet. Quand j'étais enfant, j'aimais beaucoup un petit roman qu'elle avait écrit pour la revue Je Bouquine, «Les détectives de l'espace». Je suis tombée sur «Le secret de la dame en rouge» en cherchant, à la bibliothèque de la Ligue Braille, des romans lus par une lectrice que j'apprécie. Tentée par le résumé, et me souvenant de l'auteur de «Les détectives de l'espace», j'ai voulu essayer ce livre. Il m'a beaucoup plu. Le lecteur se retrouve très vite au coeur d'une aventure qui mêle suspense, humour, et personnages attachants. L'autrice prépare habilement le lecteur aux cartes qu'elle sortira de sa manche. Par exemple, elle raconte, en plusieurs fois, le passé de Florimond. Le lecteur rencontre même, au détour de certains chapitres, deux membres de sa famille. Puis, vient un moment crucial où Florimond a besoin d'aide. C'est alors qu'il fait appel à ses talentueuses soeurs. Je mets cela en avant parce que la romancière a fait en sorte que rien ne soit incongru.

J'ai trouvé un peu dommage que le lecteur sache tout de suite à quoi s'attendre quant à ce qui est arrivé au cerveau de la femme dont le corps est retrouvé au début, mais cela ne rend pas du tout l'énigme ennuyeuse. Le fait d'avoir une longueur d'avance à ce sujet m'a plutôt fait penser, à plusieurs reprises: «Mais regarde la réaction de tel personnage, Florimond! C'est un indice, ça! Tu devrais trouver!» De plus, cela a fait qu'au moins, j'étais sûre de ne pas m'attacher à des méchants, puisque je connaissais déjà leur méchanceté. Je pense que, même si je n'avais pas su, je ne me serais pas attachée à eux...

Violette et Florimond éveillent vite la compassion du lecteur. L'autrice fait en sorte que, même lorsqu'elle conte des événements qui leur sont néfastes, rien n'ait l'air niais. Les deux personnages ne larmoient pas, et ne s'apitoient pas sur leur sort: ils tentent de s'en tirer le mieux possible. Certains déboires de Florimond font même un peu rire. Par exemple, le fait que ce soit une de ses notes humoristiques qui l'ait précipité dans certains de ses ennuis...
J'ai apprécié ce que fait le commissaire après que Florimond a réussi à identifier la «femme sans cerveau». Je ne pensais pas qu'il ferait cela. Cela m'a plu parce que je trouve qu'ainsi, la romancière le rend sympathique au lecteur.

Le lecteur comprendra aisément les motivations de Violette. Quant à moi, je l'ai même trouvée trop gentille envers madame Bouteloup et Ernest. Je sais que j'exagère, car leurs relations sont complexes. L'écrivain a d'ailleurs eu raison de ne pas trop les simplifier. D'abord,ce qu'elle a fait est vraisemblable. Ensuite, c'est plus intéressant. D'ailleurs, si on y réfléchit bien, Ernest et madame Bouteloup semblent ressentir davantage de tendresse pour Violette que ses propres parents...

Un roman sans temps morts, avec lequel on passe un très bon moment.

J'ai découvert que ce roman avait une suite: «La dame en rouge règle ses comptes». J'espère qu'il sera enregistré par la même lectrice que «Le secret de la dame en rouge».

Éditeur: Scrineo.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Bérénice Castiau pour la Ligue Braille.

Bérénice Castiau fait partie des lecteurs bénévoles dont j'apprécie le jeu. Malheureusement, son nom n'apparaît pas souvent dans mes chroniques parce qu'elle n'a pas enregistré tant de livres que ça, et parce que parmi ces livres, très peu m'ont tentée. Ici, elle n'a pas démérité. Elle n'est jamais trop sobre, joue sans surjouer, ne prend pas une voix ridicule pour les rôles masculins...

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