Le prédicateur

L'ouvrage:
Suède, été 2003.
La police hérite d'une nouvelle affaire: un corps a été retrouvé par un enfant dans les rochers proches du port de Fjàllbacka. C'est une jeune femme. On recherche activement à savoir qui elle est... Le corps était «accompagné» de deux squelettes: deux jeunes filles disparues en été 1979.

Critique:
Même si ce thriller souffre de quelques longueurs, on les pardonne volontiers à Camilla Läckberg. En effet, l'intrigue est très bien menée, et on ne devine rien. Pourtant, lorsqu'on repense à cette histoire d'os brisés, et à ce que «décrivent» les jeunes filles lorsque nous partageons leurs pensées, on se dit que c'est évident! Comment n'avons-nous pas deviné!
En outre, ce thriller se démarque en montrant les dangers d'un fanatisme aveugle, de l'absence d'esprit critique.

Camilla Läckberg utilise la vieille ficelle du «je vous propose un coupable, puis un autre, etc», mais elle fait cela intelligemment, plus subtilement que ceux qui usent et abusent de cette ficelle. On la lui pardonne donc également.

Souvent, les personnages d'un roman policier ne sont pas très épais. Ici, ce n'est pas le cas. Ils ont tous quelque chose qui fait que le lecteur prend plaisir à lire ce qui leur arrive, les suit avec intérêt. On referme le livre avec le sentiment qu'on n'a pas juste lu un simple polar.
Il y a aussi des scènes amusantes, comme ce qui se passe avec Irina, ou toutes les fois où Ernst est pris à agir très bêtement, même si la dernière fois est plus effrayante que drôle.

J'aime beaucoup le personnage d'Erica. On ne peut s'empêcher de sourire lorsque Patrik et elle (mais surtout elle) subissent des invasions. On passe avec elle par toutes les émotions dues à ce genre de choses. Je pense quand même qu'à sa place, j'aurais refusé de recevoir les gens, surtout les cousins qui élèvent leurs enfants avec de très bons principes, dont celui de ne pas les forcer à manger quelque chose qu'ils n'aiment pas (ce qui n'est pas terrible, dans l'absolu, mais il est préférable que les enfants goûtent tout, avant de refuser catégoriquement un aliment), et également celui de les laisser s'exprimer lorsqu'ils ne sont pas contents, afin qu'ils ne soient pas frustrés.
Le personnage d'Anna ne m'a pas vraiment fait pitié. Elle n'apprend pas de ses erreurs, et préfère s'embourber en capitulant plutôt que de lutter, et de se mettre sous la protection de quelqu'un qui l'y aiderait.

Je me demande si les personnages de Patrik Hedström, d'Erica et d'Anna n'étaient pas également dans le précédent roman de Camilla Läckberg, «La princesse des glaces», car on a l'impression que certaines choses ont déjà été dites à propos d'eux. En outre, ce roman nous laisse avec des questions à leur sujet. Peut-être l'équipe de policiers et la famille de Patrik sont-ils des personnages que l'auteur veut récurrents.

Dans ce roman, Erica est enceinte. Elle peste souvent après ceux qui décrivent les joies de la grossesse, et en a assez de ne pas pouvoir dormir à cause de la chaleur et du fait qu'aucune position n'est confortable, etc. J'ai trouvé tout cela bien plus réaliste que ce qu'on lit habituellement. Ensuite, dans les remerciements, j'ai lu que l'auteur avait eu un bébé (ou était enceinte) pendant l'écriture de ce roman. J'ai compris pourquoi ces descriptions m'avaient paru si réalistes!

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Eric Herson-Macarel pour les éditions Audiolib.
Je suis ravie que les éditions Audiolib aient fait appel à ce comédien que je trouve très talentueux. J'espère qu'il enregistrera d'autres livres pour eux, tout en poursuivant ses enregistrements pour les éditions Livraphone.

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