Le poison de la vérité

L'ouvrage:
Septembre 2015. La journaliste Poppy Parnell fait un podcast examinant le meurtre de Charles Buhrman, commis treize ans plus tôt. Le but de cette enquête est de prouver l'innocence de Warren Cave, qui, à l'époque, était le jeune voisin de la famille Buhrman. Le podcast fait de l'audience, chacun s'interroge: Lanie Buhrman a-t-elle réellement vu (comme elle le prétend) Warren abattre son père d'une balle? Poppy met en avant le fait qu'au départ, Lanie disait n'avoir rien vu. C'est par la suite qu'elle a déclaré ce qui a fini par être le seul élément qui accusait Warren.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. L'histoire est racontée par Josie, la soeur jumelle de Lanie. Son récit nous montre comment la famille réagit aux propos de Poppy et aux interviews qu'elle réalise concernant le meurtre. Les retours en arrière (qui sont brefs et imbriqués dans le récit du présent) montrent comment les choses ont pu se dégrader entre Lanie et les autres membres de la famille.

Dès le départ, j'ai pensé que ceux qui doutaient de la culpabilité de Warren avaient raison parce que Lanie avait commencé par dire n'avoir rien vu. Pourquoi, ensuite, a-t-elle dit avoir vu Warren?... Bien sûr, tout finit par être expliqué, et c'est logique. Seulement, je trouve Lanie assez ambiguë au long du roman. Dans le passé, elle commet des actes répréhensibles, et s'étonne d'en être punie par le départ de sa soeur. Quant au meurtre, après que nous savons tout, il est une chose concernant laquelle je doute de Lanie, à l'instar de Josie.

La narratrice m'a été sympathique, même si je n'ai pas été d'accord avec tous ses choix. Par exemple, elle commence par cacher la vérité à Caleb (l'homme qu'elle aime), et ne la lui révèle que parce qu'elle est prise à la gorge. Certes, le lecteur sait qu'elle voudrait la lui dire depuis un petit moment, mais les faits sont là.

Amélia et Ellen sont des personnages très sympathiques. Elles n'ont pas été épargnées par le meurtre et ce qui en découle, et se montrent toujours à la hauteur des situations épineuses qui se présentent à elles. Ellen semble parfois un peu frivole, mais sa famille peut compter sur elle.

Que dire de Poppy? C'est un rapace avide de scoops. Elle harcèle Josie et Lanie sans vergogne. Bien sûr, tous les journalistes ne peuvent pas être comme Rebekah Roberts (héroïne créée par Julia Dahl) qui, même lorsqu'elle est à l'affût, prend des gants, et n'est jamais méchante intentionnellement. Je me dis toujours qu'il est logique qu'un journaliste paraisse empressé, mais Poppy Parnell est davantage que cela. C'est une véritable charognarde. Elle nie le mal que son podcast peut faire à la famille Buhrman, et lorsqu'elle parvient à approcher Josie et Lanie, elle a la langue pendante à l'idée de ce qu'elle pourrait réussir à leur faire dire.

Pour moi, l'auteur ne traîne pas. Le tout n'est élucidé qu'à la fin, mais ce qui arrive entre temps ne m'a jamais semblé être du remplissage. Kathleen Barber expose la psychologie de ses personnages, pourquoi certains sont partis à un moment donné... Tout est bien exploré, les choses s'expliquent facilement, même quand un protagoniste n'admet pas ses raisons d'agir.

J'ai trouvé la fin trop rapide. Cela m'arrive de plus en plus. J'aurais aimé un chapitre supplémentaire ou un épilogue disant comment se passent les choses pour Josie, Caleb, Amélia, Ellen et Lanie quelque temps après.

Il arrive souvent que je trouve des erreurs de syntaxe dans les romans. Parfois, je le signale dans ma chronique. Dans «Le poison de la vérité», non seulement je n'en ai pas remarqué, mais en plus, je tiens à remercier le traducteur, Jacques Colin, qui utilise «après que» avec l'indicatif.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sandra Parra.

Je ne connaissais pas du tout cette comédienne. Lorsque j'ai vu «Le poison de la vérité» dans les «à paraître» d'Audible, tentée par le résumé, je suis allée écouter la voix de Sandra Parra sur l'un des tomes de «Les ailes d'émeraude», série qui ne me tente pas du tout. À l'écoute de l'extrait, j'ai pensé: «Bon, ça pourra aller, mais ce ne sera pas super.» En commençant «Le poison de la vérité», je me suis demandé comment j'avais pu avoir une pensée si tiède. En effet, j'ai beaucoup aimé l'interprétation de Sandra Parra. Elle ne modifie pas sa voix à outrance pour les rôles masculins, et parvient à montrer tout un éventail d'émotions sans avoir l'air de larmoyer. Une amie pense que ma tiédeur initiale est due au fait que «Les ailes d'émeraude» est d'un genre totalement différent, et qu'en plus, cela ne m'attire pas du tout. En tout cas, je dis bien fort ici que je serais ravie d'entendre Sandra Parra sur d'autres livres!

Pour information, la structure du livre a été respectée.

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