Le pic du diable

L'ouvrage:
Voilà deux ans que les événements contés dans «L'âme du chasseur» se sont écoulés.
Ce jour-là, Thobela et Pakamile font un long trajet. Ils s'arrêtent dans une station-service pour faire le plein. C'est là que tout bascule.

Critique:
À l'instar des autres romans de Deon Meyer, celui-ci m'a plu. Ce qui s'y déroule corrobore mon affirmation (oui, je me répète) qu'il faut lire les romans de cet auteur dans l'ordre de publication. Par exemple, dans «Le pic du diable», outre Thobela (qu'on a déjà croisé dans les deux romans précédents), on retrouve Benny Griessel, et Mat Joubert, rencontrés dans «Jusqu'au dernier». Cette fois, c'est Benny qui est sur le devant de la scène. Si on se souvient de «Jusqu'au dernier», on sait que Mat Joubert a déjà tenté de l'aider à se débarrasser de son addiction à l'alcool. Dans «Le pic du diable», l'étau se resserre sur Benny, parce que celui-ci n'a pas tenu ses bonnes résolutions. On assiste donc à sa prise de conscience. Cela ne va pas sans heurts. Benny est au pied du mur. Il sait qu'il a tout à perdre s'il s'obstine. J'ai la chance de ne pas connaître ce genre d'addictions, donc je ne sais pas par quoi il passe, mais entre les descriptions faites par l'auteur et mon imagination, ce que j'entrevois me donne surtout envie de ne jamais tomber là-dedans. Bien sûr, pendant ma lecture, je pensais: «Non, Benny!» quand celui-ci rêvait de boire. Je savais que la lutte était rude, mais je ne voulais pas qu'il renonce.

Ce roman aborde finement certains thèmes dérangeants. Nous admettons très facilement, lors de discussions à bâtons rompus, qu'il est inacceptable pour une personne lambda de s'ériger en justicière. Pourtant, lorsqu'on lit ce que montre Deon Meyer, on se pose des questions. Certes, c'est inacceptable, et cela mènerait inévitablement à des bains de sang quotidiens, mais les cas présentés sont si révoltants... Notre justicier se heurtera à une autre réalité que celle qui consiste à se demander s'il est bon de décider de punir les «méchants», et c'est cette vérité qui sera la leçon la plus rude. Quant au lecteur (en tout cas, moi), il ne pourra s'empêcher (surtout s'il a lu les autres romans de Deon Meyer) de prendre le parti du justicier...

Je ne sais pas trop quoi penser de Christine... Elle aussi est à la fois à plaindre et à blâmer. Je ne parviens pas à savoir quel sentiment domine chez moi à son égard. Pourtant, elle n'a rien fait que «mettre à terre» quelqu'un de peu recommandable. Soit, mais certaines choses ont fait que je n'ai pas pu l'apprécier totalement, alors que j'ai plaint et excusé le justicier...

L'intrigue est sans temps morts. Le romancier a bien joué, parce qu'on ne s'ennuie pas, alors qu'il nous dit très vite qui est le justicier. Deon Meyer ménage d'autres surprises.
J'étais sûre qu'à la fin, une chose arriverait. Je ne voulais pas qu'elle se produise, mais je ne voyais pas comment cela pourrait se dérouler autrement. Or, si le lecteur n'est pas absolument fixé sur ce point précis, il semblerait que ce que je pensais inévitable ne se soit pas passé. Peut-être aurai-je une réponse sans que le doute soit permis dans l'un des romans suivants.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Éric Herson-Macarel pour les éditions Sixtrid.
Je n'ai pas grand-chose de nouveau à dire concernant ce comédien. J'imagine que beaucoup d'autres prononceraient les mots étrangers de manière très affectée, ce qui serait horrible. Le jeu d'Éric Herson-Macarel est toujours naturel. Il enregistre des livres depuis très longtemps (les années 90), et reste fidèle à une interprétation montrant les émotions des personnages sans les surjouer.

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