Le peuple des rennes, tome 2

Voir la critique du tome 1.

L'ouvrage:
Tillu, la guérisseuse, et son fils, Kerleu, font maintenant partie du peuple des rennes. Mais toutes les précautions qu'a prises Tillu sont réduites à néant, car Carp les a retrouvés. Il exerce plus que jamais son influence sur Kerleu. Il ne le quittera pas. Il le dit son apprenti. Tillu sent son fils lui échapper.

Carrie, la fille de Capiam, chef du peuple, doit bientôt se marier. Elle ne le désire pas. Seulement, ses parents prennent son refus pour un caprice. Elle se dit qu'ellepourrait l'éviter en se faisant marquer le corps des symboles de la chouette. Elle prétend lui appartenir. Si les marques le prouvent, son futur époux ne la voudra pas, et annulera les noces. Elle demande son aide à Tillu.

Kelta et Rolk, épouse et fils de Capiam, sont soudain atteints d'une forte fièvre. Tillu se bat difficilement contre le mal qui semble frapper également le chef. Joboam, qui cherche à nuire à Tillu, et à détrôner Capiam, excite la tribu contre la guérisseuse. C'est elle qui a apporté le malheur. Tout est de sa faute, et Capiam n'est pas un bon chef, puisqu'il l'a acceptée au sein de sa tribu.

Critique:
Le tome 2 est aussi passionnant que le tome 1. Cependant, le mystère et l'étrangeté dont est entouré le tome 1 se dissipe quelque peu ici. L'ambiance n'est pas tout à fait la même. L'espèce de magie du tome 1 est moins présente.

Cela ne m'a pas empêché d'apprécier l'histoire et les personnages. Des problèmes assez fréquents se retrouvent dans la tribu de Capiam, et cela nous montre que certains comportements se retrouvent partout. Par exemple, les parents de Carrie sont enfermés dans leur raisonnement, et sont persuadés qu'ils agissent au mieux pour leur fille.
Celle-ci, sûre qu'elle ne peut et ne doit pas révéler son secret, s'enferme dans la superstition pour essayer d'éviter ce mariage. Elle est fragile, et le frêle équilibre qu'elle réussit parfois à assurer s'écroule. Elle donne facilement sa confiance, et cela la perd. Elle la donne à une personne qui la piétine, qui n'en fait pas grand cas. C'est un personnage qui suscite des sentiments contradictoires. Parfois, on a envie de la secouer, de lui ordonner d'aller s'exprimer devant ses parents; parfois, on a envie de la protéger. Tillu passe d'ailleurs par ces sentiments.

Le personnage de Carp est détestable. C'est le type même du parasite.
Joboam ne surprend pas le lecteur, étant donné ce qu'il a vu dans le tome 1.
Heckram est parfait. Cela peut être un peu agaçant: il comprend tout mieux que ceux de la tribu, il accepte et aime Kerleu, il comprend Tillu sans qu'elle lui dise clairement les choses... Personnellement, j'aime bien ce personnage, mais je peux comprendre qu'il ait pu en agacer certains.

Kerleu évolue. Il se transforme. Il fait ce qu'il a toujours eu envie de faire. Il réalise son rêve, sa vocation. Cela le change. Dans le monde de la tribu, dans les gestes quotidiens, il est gauche, il ne s'adapte pas. Mais lorsqu'il réussit à devenir nadj, on ne le reconnaît plus. Il se montre rusé, débrouillard, fin...
Tout comme Tillu, je ne crois pas en un réel pouvoir chaman. Mais je crois en l'intuition de Kerleu.

L'histoire d'amour que laissait présager le tome 1 a lieu dans le tome 2. Je ne l'ai pas trouvée trop téléphonée. On l'attend depuis le tome 1.
Il est amusant qu'Heckram et Tillu ne découvrent jamais qui a donné la potion à Ella, et qu'ils croient chacun que c'est l'autre, jusqu'au bout.

Si on a aimé le tome 1, on aimera le tome 2. La seule différence est que l'accent est plutôt mis sur l'histoire et la psychologie des personnages, alors que le tome 1 prenait le temps de planter le décor. Et en matière de psychologie des personnages, c'était surtout celle de Tillu qui était mise en avant. Ici, on voit un peu plus celle des autres.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Yves Mugler et Véronique Groux de Mieri pour les éditions VDB.

Acheter « Le peuple des rennes, tome 2 » sur Amazon