Le Paris des merveilles, tome 3: Le royaume immobile

Note:
On me reprochera peut-être de m'obstiner à appeler l'enchanteresse Aurélia, alors que l'auteur l'appelle Isabelle la plupart du temps. Certes, mais Aurélia est son prénom d'origine, et elle en a changé par nécessité, donc pour moi, elle est Aurélia.

L'ouvrage:
Printemps 1910. Un elfe noir est poursuivi par des tueurs. Alors qu'il succombe, il est recueilli par Aurélia, Lucien et Auguste qui mettent ses attaquants en fuite.

Critique:
Après avoir beaucoup aimé les deux premiers tomes de cette série, j'ai dévoré le troisième avec délectation. L'auteur ne s'essouffle pas. Pour moi, l'intrigue est sans temps morts. En plus, je n'ai pas trouvé les différentes pièces du puzzle avant que le romancier ne les donne. Tout s'imbrique, tout se tient, tout est cohérent.

J'ai surtout apprécié les multiples occasions de rire. Elles sont surtout créées par les particularités de certains personnages, spécificités que nous découvrons dans les tomes précédents. Dans le premier chapitre de ce volume 3, je n'avais pas du tout prévu ce que nous apprenons concernant la Pétulente. J'aurais pourtant dû m'y attendre. D'autre part, beaucoup de scènes entre Aurélia et Griffont sont cocasses: par exemple, l'extrême mécontentement de l'enchanteresse au regard des circonstances dans lesquelles elle apprend que le mage est pressenti pour siéger au parlement des fées. Sa jalousie envers Cécile prête aussi à sourire. Lucien et Auguste restent égaux à eux-mêmes. J'ai trouvé très drôle qu'à un moment, Auguste déplore l'absence de sensations fortes. Sachant que là où se trouve Aurélia, il y a de l'action, il était évident que les situations périlleuses barreraient bientôt sa route, et donc celle d'Auguste. En effet, il est exaucé lorsque l'enchanteresse et ses domestiques entament une course-poursuite... Ce moment est très palpitant...

Quant à mon personnage préféré (allez, je vais dévoiler son identité), il reste aussi plaisant que dans les tomes précédents. Il s'agit d'Azincourt. J'adore que l'auteur le dépeigne comme certains s'imaginent les chats: hautain. En creusant un peu, on voit très vite que c'est un air qu'il se donne, et qu'il ne l'est pas du tout. Dans les situations graves, il oublie son accent anglais, et répond présent lorsqu'il s'agit d'aider les personnages. J'aime également beaucoup la manière dont il lit...

J'ai été surprise que les choses se terminent ainsi pour un personnage. Allez savoir pourquoi, je ne pensais pas du tout que cela lui arriverait.

Je suis extrêmement déçue qu'il n'y ait pas de suite. Tout comme les tomes précédents, ce volume a une vraie fin, je ne veux donc pas dire que Pierre Pével laisse le lecteur sur sa faim. Cependant, j'aurais tellement aimé retrouver Griffont et Aurélia (ainsi que ceux qui les entourent) dans d'autres aventures aussi passionnantes que celles-là! J'ai le minuscule espoir que l'auteur ait envie, lui aussi, de renouer avec ses protagonistes, mais pour l'instant, ce n'est pas le cas... Quel dommage!!!

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maud Rudigoz.

Comme dans les deux premiers tomes, l'interprétation de la comédienne m'a beaucoup plu. Là encore, elle a joué les dialogues en rendant très bien toutes les intentions et les émotions des personnages. D'autre part, il m'a semblé qu'elle était encore plus à l'aise qu'avant dans la narration. Je me souviens avoir été un peu sévère concernant son jeu dans ma chronique de «Derrière les portes». Je me souviens aussi (même si je ne le disais pas) avoir trouvé que sa narration n'était pas toujours absolument naturelle. Plus je l'entends, plus j'apprécie son jeu. Conclusion: pourvu qu'elle enregistre beaucoup d'autres livres qui me tenteront!

Pour information, la structure du livre est respectée.

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