Le Paris des merveilles, tome 1: Les enchantements d'Ambremer,

L'ouvrage:
Paris, juillet 1909. Le propriétaire d'un établissement de jeux demande l'aide du mage Louis Denizart Hippolyte Griffont pour démasquer un tricheur qui utiliserait la magie. Griffont ne sait pas encore que cette mission, très facile en apparence, ainsi que l'étrange requête de son amie (Cécile de Brescieux), cachent quelque chose de bien plus périlleux.

Critique:
Ce cycle (nommé «Cycle Ambremer», et rebaptisé «Le Paris des merveilles» lors de sa réédition), me tente depuis plusieurs années. J'ai donc été ravie de voir le tome 1, puis le 2 (le 3 sort le 23 janvier), apparaître au catalogue d'Audible.fr. Ce premier volume m'a beaucoup plu. Si l'intrigue est intéressante, le plus captivant vient (à mon sens) de l'OutreMonde. C'est de là que viennent les créatures magiques qu'on retrouve dans le roman, et dont certaines habitent Paris. L'OutreMonde a également fait quelques cadeaux à la ville, par exemple... la tour Eiffel. ;-)
Griffont est un mage, mais on croise également des gnomes (ils ont leurs particularités), des fées, des enchanteresses... On apprend la différence entre un sort et un enchantement... Lorsque Griffont et Aurélia se retrouvent en Onirie, on côtoie des cauchemars faits de chair et de sang... Ces exemples sont loin de couvrir tout ce à quoi le lecteur a affaire en se plongeant dans cet univers. Je n'ai même pas évoqué mon personnage préféré! Je n'en parle pas pour que ceux qui me lisent découvrent son caractère et ses particularités magiques par eux-mêmes.

L'auteur n'oublie pas de parsemer son roman de notes humoristiques: les chamailleries bon enfant entre Lucien et Auguste, les remarques et répliques de certains personnages (dont mon favori), certaines conversations (comme celle entre Griffont et Népomucène), etc. De plus, le romancier apostrophe parfois le lecteur d'un ton à la fois amical et amusé.

Outre ces ingrédients qui m'ont ravie, l'intrigue est sans lenteurs. Pierre Pével enchaîne les événements, c'est fluide, cohérent, rien n'est bâclé... Il y a quelques rebondissements qui ne sont pas trop spectaculaires (ils sont donc crédibles) qui s'insèrent bien dans le déroulement des faits.

Lorsqu'Aurélia se révèle être un personnage important, et que son passé avec Griffont est évoqué, j'ai trouvé cela tellement vraisemblable que je me suis demandé si l'auteur ne se basait pas sur ses précédents écrits. Je me disais que ces protagonistes appartenaient peut-être à un autre cycle qui évoquait le même monde, comme si la série comportait, en fait, deux cycles. Apparemment, ce n'est pas le cas. Quel dommage!

Outre une bonne intrigue et un univers qui absorbe le lecteur dès les premières minutes, l'auteur a glissé des références mythologiques. Bien sûr, il y a les licornes, les dragons, etc. Il m'a semblé que les prénoms des gargouilles de la reine noire étaient des allusions à «L'odyssée». Surtout que si on suit le raisonnement, Griffont est vraiment tombé de Charybde en Scylla: une fois débarrassé de la première gargouille (dont le prénom ressemble à Charybde), il se heurte à la seconde (dont le prénom ressemble à Scylla) qui lui donne davantage de fil à retordre. Je n'ai relevé que cela, mais j'imagine qu'il y a d'autres références qu'un lecteur plus futé et plus cultivé que moi repérera.

Le roman est suivi d'une nouvelle qui se déroule en 1910. Elle conte une aventure vécue par Griffont et Aurélia. J'ai trouvé amusant que l'auteur implique les personnages d'un roman très connu, et qu'à la fin, nous apprenions certaines choses... ;-)

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maud Rudigoz.

Maud Rudigoz fait partie des comédiens dont j'apprécie le jeu, même s'il m'est arrivé de pinailler. Ici, son interprétation m'a plu. Elle ne force pas le trait pour les rôles masculins (même lorsqu'il s'agit de la voix très basse d'Étienne), et adopte le ton adéquat pour chaque personnage. Par exemple, elle rend très bien la gouaille de Lucien sans trop en faire. Dans le roman, il est dit qu'Azincourt parle avec un petit accent anglais. Heureusement, la lectrice n'a pas fait cet accent. Cela m'aurait déplu.

Pour information, la structure du livre est respectée.

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