Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie

L'ouvrage:
Un soir, Ben annonce à Pauline qu'il ne l'aime plus, qu'il veut la quitter. La jeune femme, espérant que c'est provisoire, va s'installer chez ses parents avec son fils (Jules). Elle décide de rappeler à Ben leur bonheur passé en lui écrivant les bons souvenirs qu'elle a de leur union.

Critique:
Lorsque j'ai vu que ce titre sortait en audio, j'ai d'abord voulu passer mon chemin parce que je n'aime pas ces livres qu'on qualifie de «livres qui font du bien», et dont certains (à mon avis) ne sont pas crédibles. Heureusement pour moi, j'ai lu des chroniques qui disaient que ce roman était plus grave, plus réaliste. Je l'ai donc essayé. Bien m'en a pris: je l'ai beaucoup aimé. Il raconte la vie. La famille de Pauline est très réaliste. On s'aime, et c'est justement ce qui fait qu'on ne peut pas s'empêcher de ressentir la moindre défaillance de l'autre comme une trahison. Par exemple, Pauline reproche à sa soeur (Emma) d'être très froide envers elle. De plus, celle-ci a une petite vie bien rangée, de laquelle rien ne semble déborder. Au départ, je trouvais ce personnage coincé. Et puis, Emma explique les raisons de sa façon d'être. Je les ai comprises.

Comme dans la vie, chacun ramène les choses à soi (pas par égoïsme, mais parce qu'instinctivement, on pense à soi, à se préserver), chacun voit les événements à travers son vécu, ses expériences, et réagit par rapport à cela. Hé oui, mais en face, il y a quelqu'un qui a un vécu différent, un caractère différent, qui interprète et conçoit les choses autrement. Voilà pourquoi la communication n'est pas toujours aisée. De plus, par souci de l'autre, on fait des erreurs, parfois assez grosses.

L'auteur montre différentes manières d'appréhender les épreuves de la vie. Pauline étant la narratrice, j'ai commencé par prendre son parti. À mesure que le livre avançait, j'ai appris ce que certains lui reprochaient, ce qui a nuancé ma perception. Cela n'a pas fait que je l'ai moins appréciée, cela a seulement montré que, comme nous tous, elle est faillible. Comment aurais-je réagi à sa place? Je ne peux pas le savoir, mais ce qui est certain, c'est que le ressenti que transmet Virginie Grimaldi quant à la douleur qu'on éprouve après un coup dur est réaliste. Que ce soit à travers Pauline ou d'autres personnages, même si on n'a pas vécu ces situations, on retrouvera forcément des échos de ce qu'on a pu ressentir à un moment ou à un autre à cause de circonstances similaires.

Grave, tendre, drôle (beaucoup de répliques et de situations cocasses jalonnent ce roman), Virginie Grimaldi décortique les mécanismes de cette famille, expose ses secrets et ses souffrances (des thèmes délicats sont abordés), ses malentendus et ses non-dits... mais surtout le profond amour qui unit ses membres cabossés.

J'aime bien le docteur Pasquier, surtout à cause de quelque chose qu'il dit, et que chacun de nous peut garder en tête: ce n'est pas parce que ça ne se termine pas comme on le souhaiterait que ça se termine mal. En outre, il exhorte Pauline à prendre tous les bons côtés de la vie.

Je n'aime pas le titre de ce roman. D'abord, je l'ai trouvé niais, et c'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai failli m'en écarter. Il est expliqué vers la fin. Si j'ai compris la métaphore, elle ne m'a pas parlé parce que... j'adore la pluie. Il faudrait peut-être que je transforme ce titre en: «Le parfum du bonheur est plus fort quand il fait 30°». ;-) Je sais que l'auteur a pensé utiliser une image qui parlerait à tout le monde, mais pour moi, la pluie n'est pas du tout synonyme de larmes. C'est probablement parce que je ne vois pas: dans ma tête, lorsqu'il pleut, c'est plutôt un signe de gaieté, parce qu'il ne fait pas trop chaud, ou s'il fait trop chaud pour moi, la pluie rafraîchit l'atmosphère.

Remarque annexe:
Le roman se passe à Arcachon, Bordeaux, etc. Je sais gré à Virginie Grimaldi de ne pas entrer dans le moule de la conformité, et d'employer le terme «chocolatine». Même si ce mot n'est utilisé que par une minorité de gens, je pense qu'il est plus proche de la réalité que «pain au chocolat». Le pain au chocolat, c'est du pain avec des pépites (ou une barre) de chocolat. De plus, historiquement, le terme «chocolatine» est tout à fait légitime. Ce n'est pas parce que la majorité pense le contraire qu'elle a raison. ;-)

J'ai conscience de n'avoir pas donné assez d'exemples montrant les qualités de ce roman, et j'ai donc peur de ne pas lui avoir rendu justice. Cela tient à ce que je pense qu'il fallait que je vous en dise le moins possible tout en vous donnant envie.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sophie Frison.

Je ne connaissais pas du tout Sophie Frison. Avant de me risquer à lire cet ouvrage, j'ai réussi à écouter sa voix. Le fait qu'elle soit agréable ne voulait pas dire que l'interprétation du roman le serait, mais c'était déjà un bon point.
À mon avis, la lectrice s'en est très bien tirée. Elle n'avait pas la partie facile. Par exemple, elle devait modifier un peu sa voix pour les rôles masculins, ce qu'elle a fait sans affectation.
Elle a toujours dit les répliques inattendues avec beaucoup de naturel.
J'ai adoré son jeu lorsque Pauline met Jules au monde!
J'ai été déçue qu'elle prononce Milane pour Milan, d'autant que les trois enfants d'Emma et Jérôme ont des prénoms de ville, ce que souligne la narratrice. Il aurait donc été plus logique de dire Milan.

Dans ce roman, on a du mal à communiquer, alors beaucoup de choses importantes se disent par lettres. Au début de chaque lettre, l'éditeur a ajouté le bruit qu'on fait lorsqu'on écrit. Je n'ai pas du tout aimé cela. J'ai trouvé que ça parasitait le texte, que ça enlevait du naturel. De plus, lorsqu'on écrit, ce bruit n'est pas aussi fort.

Acheter « Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie » sur Amazon
Acheter « Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie » sur Amazon en audio ici ou en téléchargement audio (Audible.fr)