Le monde selon Bob

L'ouvrage:
James Bowen nous raconte la suite de ses aventures avec Bob, son chat.

Critique:
Tout comme «Un chat des rues nommé Bob», ce témoignage m'a beaucoup plu. Je pensais ne pas le chroniquer, parce qu'il me semblait qu'à part: «Ce livre est très bien, lisez-le!», j'avais peur de ne pas savoir quoi dire. Et puis...

À un moment, James fait une sorte d'auto-critique. Il admet qu'il n'a pas su saisir les signes d'amitié envoyés par Bob lorsque lui (James) avait mal à la jambe. Par la suite, grâce aux explications de Belle, il comprend. Lorsqu'il tombe à nouveau malade, il sait interpréter ce que fait Bob, et en quelque sorte, se rachète. Ce passage m'a beaucoup marquée, parce que le narrateur reconnaît ses torts sans en faire trop, explique pourquoi il n'avait pas su voir les intentions de son petit compagnon, et affirme qu'il ne fera plus cette erreur. Sans fioritures, le narrateur nous dit: «Je me suis trompé, j'ai mal agi envers Bob, je le reconnais, ça n'arrivera plus.» Cela m'a parlé parce que je pense avoir fait des erreurs de ce genre avec certains de mes chats, et je voudrais de tout mon cœur pouvoir leur montrer (comme a pu le faire James ensuite) que je suis désolée. Ce qu'il raconte me montre que je suis, comme lui, une humaine qui peut faire des erreurs, que (comme dirait une de mes amies): «avant de savoir, on ne sait pas», qu'il ne faut pas s’auto-flageller, même si on n'a pas pu réparer ses erreurs... Je le sais déjà, mais je me dis que l'avoir lu sous la plume de quelqu'un qui n'est pas un de mes proches (donc que je ne peux pas soupçonner de seulement vouloir que j'arrête de culpabiliser) va peut-être m'aider à l'accepter...

Dans ce livre (et un peu dans le premier), le narrateur explique que certains se mettent en tête de clamer que Bob est maltraité (retenu contre son gré, forcé à obéir, voire drogué). Cela m'a horrifiée. Je sais que, malheureusement, beaucoup de gens n'ont rien d'autre à faire que piétiner la vie d'autres qui semblent plus heureux qu'eux. Le savoir n'empêche pas qu'en rencontrer des exemples (par mes lectures ou dans ma vie) me hérisse. Comme l'explique James, il va de soi que si Bob n'était pas heureux avec lui, il y a longtemps qu'il serait parti.

James parle également de l'écriture et de la publication de son premier livre. Au moment de la publication, il dit (et je comprends son appréhension) qu'il pense qu'il aura peu de succès, et que sa description des aspects très durs de la vie dans la rue pourrait ne pas plaire. Pour ma part, ces aspects ne m'ont pas surprise. Dès le départ, le narrateur précise qu'il est en plein sevrage, qu'il joue de la guitare dans la rue... Je ne m'attendais donc pas du tout à lire une histoire décrivant un monde de bisounours. Bien sûr, j'ai été désemparée de lire certaines scènes, mais à chaque fois, je me disais: «De toute façon, Bob est avec toi, alors, tu vas t'en sortir.» Je suis contente que le premier livre ait aidé James et Bob matériellement. J'espère que ses déclinaisons et sa suite les aideront aussi.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Émilie Berger pour la Bibliothèque Sonore Romande.
Je crois que c'est le premier livre enregistré par cette lectrice. En tout cas, c'est le premier lu par elle que j'écoute. J'ai apprécié sa voix et sa lecture. Elle n'en fait pas trop, n'est pas monotone. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.

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