Le livre des morts

L'ouvrage:
New York, 2009.
Le FBI enquête sur celui qu'on surnomme le tueur de l'apocalypse. C'est un tueur en série qui écrit des cartes postales à ses victimes. Les cartes indiquent à chacun la date de sa mort.

Critique:
Voilà un thriller ambitieux. Pendant ma lecture, j'ai eu peur que ce qui se dessinait ne soit pas à la hauteur de l'idée de départ. L'auteur a réussi à tisser des intrigues où tout prend sens et où rien n'est laissé au hasard.
À certains moments, j'ai été un peu déroutée par des éléments qui ne semblaient pas trouver leur place dans le roman. Là encore, Glenn Cooper n'a pas bâclé le travail. Tout est justifié. J'ai bien aimé la façon dont Truman s'arrange pour que les activités de la zone 51 passent inaperçus. Pourtant, j'avoue m'être un peu ennuyée lors de ce passage, et aussi lors de ceux qui se passent en 1947. C'est après lecture du roman que je me rends compte que ces scènes ne sont pas inutiles. Elles donnent davantage de force à l'ensemble.
Outre l'étrangeté du début, l'enquête n'est pas si classique que ce à quoi je m'attendais. J'ai mis du temps à assembler certaines pièces. Je suis ravie que l'auteur ait réussi à me perdre, à faire en sorte que le lecteur ne devine les choses que petit à petit.
Certains événements sont à prévoir, mais ils vont bien à l'intrigue.

La structure est un peu déroutante. L'auteur ne se contente pas de croiser plusieurs époques: à l'intérieur de l'une d'elles, la chronologie n'est pas respectée. D'où cette impression d'égarement à certains moments.

Les personnages ne sont pas trop classiques. Si Will fait partie de ces policiers à l'air blasé, s'il paraît détestable par certains côtés, cela accentue le réalisme du personnage. J'ai apprécié que Nancy et lui évoluent au contact l'un de l'autre, que chacun apprenne à voir certaines choses différemment, à mettre de l'eau dans son vin.

J'ai bien aimé l'effet de miroir: que l'on vive dans des temps reculés, au vingtième ou au vingt-et-unième siècle, on trouve toujours des humains broyés par d'autres humains qui tiennent à sauvegarder quelque chose de précieux à leurs yeux, et qui s'arrogent le droit de mal agir. La barbarie existe toujours, elle ne fait que se moderniser.

Afficher Attention, je dévoile une partie de l'intrigue.Masquer Attention, je dévoile une partie de l'intrigue.

Apparemment, si on est ADH (au-delà de l'horizon), on ne mourra pas avant 2027. C'est à cause de cela que ceux qui poursuivent Marc disent qu'il ne mourra pas tout de suite. Cependant, rien n'empêcherait ceux qui le désirent de le tuer. Il y a donc une petite incohérence. Je sais bien qu'elle n'est pas simple à gommer, et que mon reproche est un peu facile. D'ailleurs, l'auteur s'efforce de l'atténuer avec ce qui arrive à Marc. Certes, mais là encore, rien n'empêche personne de l'achever, et donc de faire mentir les prévisions des scribes.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Isabelle Miller, Jean-Christophe Lebert, José Heuzé, Boris de Mourzitch, et Muranyi Kovacs pour les éditions VDB.

L'éditeur a pris le parti de faire lire des comédiens différents selon les époques. Je trouve que c'est une bonne initiative, car cela aide l'auditeur à ne pas tout mélanger.
Les comédiens n'ont pas exagéré en prononçant les noms propres étrangers. Je sais gré à Boris de Mourzitch et à Muranyi Kovacs de ne pas avoir prononcé les prénoms latins en mettant des «ous» à la place des «us». Je trouve que cela aurait été affecté.
Isabelle Miller, quant à elle, n'a pas exagéré l'accent hispanique de Sue Sanchez. Là encore, j'ai trouvé cela très bien.
Chacun de ces comédiens est très talentueux, mais les livres qu'ils interprètent ne leur donnent pas toujours l'occasion de montrer ce dont ils sont capables. Ici, c'est surtout Jean-Christophe Lebert qui a pu montrer une palette de voix et d'intonations différentes. Par exemple, il entre parfaitement dans la peau du personnage de Marc en rendant sa voix timide, son aspect effacé, etc. Idem lorsqu'il s'est agi du ton factice et trop enjoué de vendeurs.

La musique est très présente. Il y en a à chaque début de chapitre (comme d'habitude chez VDB), mais aussi au milieu des chapitres, lorsqu'on change de scène.
D'autre part, lorsque deux personnages sont au téléphone, on entend l'un d'eux avec un effet sonore différent. (C'est le cas depuis longtemps, et d'autres éditeurs le font également. C'est une bonne chose. Je trouve cependant dommage que les paroles du personnage qui bénéficie de cet effet sonore ne s'entendent que sur un haut-parleur, ou bien soient moins fortes. En effet, je dois, à chaque fois, monter le son de mon ordinateur pour les entendre. Je pensais que c'était peut-être un défaut dans mon logiciel d'écoute, mais je n'ai rencontré le problème qu'avec des livres de cet éditeur.

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