Cette semaine, j'ai reçu une newsletter des éditions Lire dans le noir. Un article a particulièrement attiré mon attention: celui où il est question de (je cite) «l'hégémonie» des éditions Audiolib.
Le site permet apparemment les commentaires, mais je n'y accède pas. C'est donc ici que je vais m'exprimer à ce sujet.

Je comprends le désarroi voire la colère de certains petits éditeurs qui ont moins de moyens de se faire connaître. Seulement, il est indéniable que les éditions Audiolib sortent beaucoup plus d'ouvrages que les autres (80 en un an, à en croire l'article), et qu'ils publient des ouvrages de qualité, interprétés par des comédiens qui maîtrisent parfaitement la lecture à voix haute, et savent jouer sans surjouer. Je ne pourrai parler des documentaires, car ils ne m'intéressent pas, mais leurs fictions m'ont très souvent plu.

Avant l'arrivée des éditions Audiolib, mes coups de coeur allaient souvent à des livres que j'avais pu entendre grâce à des bibliothèques dont les lecteurs sont bénévoles. Maintenant, c'est un peu plus équilibré. Cela était dû au faible taux de parutions des éditeurs audio (deux par mois pour les éditions, Livraphone, par exemple, mais aussi au fait que les auteurs choisis n'étaient pas forcément à mon goût. Et bien sûr, le choix des lecteurs entre aussi en ligne de compte. (Attention: ne simplifiez pas mes propos: je ne suis pas en train de dire que tout ce qui n'est pas du Audiolib, n'est pas de qualité! Mais comme ils en sortent plus, ils ont plus de chances de toucher le public. J'ai pris énormément de plaisir à entendre des productions des éditions Livraphone, des éditions la Croix des Landes, des éditions Livrior,, des éditions Lire dans le noir, des éditions VDB, etc, ainsi que le prouvent certaines de mes critiques. Idem quant aux comédiens. Mes interviews le montrent également. Je précise cela, car on a déjà mal interprété mes propos.)

On me dira que les petits éditeurs ont moins de moyens que les éditions Audiolib. Ce n'est pas faux, et du coup, c'est un cercle vicieux pour eux. Sachant quels éditeurs papier se réunissaient pour créer les éditions Audiolib, il était à prévoir que ce serait un bulldozer.
Ne faisant pas partie du monde de l'édition audio (à mon grand regret), je ne peux prétendre apporter des solutions en un claquement de doigts.
J'ai déjà pensé que les autres éditeurs pourraient se lancer dans de la littérature dont les droits seraient moins onéreux: des romans policiers qui ne seraient pas forcément le dernier Coben ou le dernier Chattam, mais dont les auteurs sont passionnants: Alfred Hitchcock, Hélène de Monaghan (même si elle est inégale), Fred Kassak, Pierre Salva, Pierre Véry, etc. On me dira que les lecteurs n'achèteraient pas des auteurs vieillots et/ou méconnus. Soit, mais on peut les leur faire découvrir en commençant peut-être par des offres promotionnelles, de la publicité, des résumés attrayants...
Les éditions VDB ont fait une démarche dans ce sens en éditant «Les nouveaux mystères de Paris», de Léo Malet, série que j'ai pris beaucoup de plaisir à entendre. Malheureusement, les trois derniers tomes n'étant pas sortis, et la tentative n'étant pas renouvelée, j'en déduis que cela n'a pas été rentable...

En outre, les genres fantastique, science-fiction, fantasy sont souvent boudés par les éditeurs audio. Certains ont fait des tentatives, mais pourquoi ne pas essayer des auteurs comme Terry Pratchett, Anne Rice, Robin Hobb/Megan Lindholm (à noter que deux romans de cet auteur ont été publiés par les éditions VDB, Orson Scott Card, et bien d'autres.
Le tome 1 de «Le cycle des princes d'Ambre», de Roger Zelazny, a été édité par les éditions Sonobook, mais le reste n'est pas sorti... Même constat que pour «Les nouveaux mystères de Paris».

Les éditions De vive voix tentent de diversifier les productions audio en s'intéressant plus particulièrement aux documentaires historiques et scientifiques.

L'achat par téléchargement peut aussi être un moyen de réduire les coûts de fabrication. Là encore, on me dira que l'auditeur n'est pas habitué, et préfère aller chez son libraire ou à la rigueur commander ses CDs auprès de l'éditeur audio.
Les éditions Audible ont essayé cette méthode, mais si je ne m'abuse, ils ne sont que revendeurs: si on ne leur donne rien à proposer, ils ne peuvent pas faire des miracles. En outre, la qualité dans laquelle les livres sont proposés est amoindrie.

Come je l'ai dit, je ne fais pas partie de ce monde, et suis loin de connaître tous les paramètres. Je sais bien que les idées que j'ai données présentent certains désavantages, et que certaines ont déjà été envisagées par les éditeurs. Je n'ai pas écrit ce billet pour braquer les éditeurs de livres audio (à supposer qu'ils me lisent). Je donne juste mon opinion de consommatrice boulimique. Et je serais ravie d'en apprendre plus!

Je n'ai cité que les éditeurs et les productions dont je pouvais parler, n'étant pas assez documentée sur le reste.
Si vous voulez en savoir plus, le site des éditions Lire dans le noir propose une interview du directeur d'Editio Audio. Je dirai juste que je ne partage pas l'avis de Michael Wenzel quant aux textes abrégés: si le texte n'est pas intégral, je ne lis pas le livre. Sinon, je suis d'accord avec lui quant au reste.
Retrouvez également une interview de Cécile Grenouillet, directrice du département audio des éditions Flammarion.
Ces interviews datent un peu, j'aurais dû faire ce topo avant, mais je manque de temps... Veuillez m'excuser si vous les connaissiez bien avant que j'en parle.