Le journal de ma disparition

L'ouvrage:
Hornberg, 2009. Ce soir-là, Malin et deux de ses amis se rendent là où, prétend-on, sévit un enfant fantôme. Malin n'y croit pas, mais les trois adolescents aiment jouer à se faire peur. Alors qu'elle s'écarte de ses camarades pour satisfaire une envie pressante, Malin remarque une forme ressemblant à un champignon. Curieuse, elle s'en approche... C'est un crâne.

2017. Malin est devenue policière. Aujourd'hui, elle retourne à Hornberg où l'affaire concernant la fillette dont elle a trouvé le crâne en 2009 est rouverte. Manfred, Andreas, et elle se sont adjoint Peter et Hanne. Voilà une semaine que l'équipe enquête. C'est alors qu'Hanne est trouvée errant dans les bois. Elle est contusionnée, et ne se souvient pas des raisons qui ont fait qu'elle est ici. Nulle trace de Peter.

Critique:
Une fois encore, Camilla Grebe a su me captiver. Son énigme est bien ficelée, et les surprises qu'elle réserve sont finement amenées. Tout en étant sûre, par exemple, que tel personnage n'était coupable de rien, je ne n'imaginais pas qui était le suspect idéal. Certains auteurs tentent de faire suspecter tout le monde; Camilla Grebe, elle, ne cessait de montrer que cela ne pouvait être ni A, ni B, ni C... Bien sûr, le personnage soupçonné par la police faisait un bon candidat, mais à part la police, personne (en tout cas pas moi) ne le croyait coupable. D'ailleurs, ce personnage n'est pas longtemps suspecté.
La résolution de l'énigme met très mal à l'aise. L'autrice n'a créé aucune incohérence, n'a rien bâclé, et le résultat fait très froid dans le dos. Je ne peux malheureusement pas en dire davantage à ce sujet. Pour ne pas le quitter tout à fait, je rappelle qu'il vaut mieux lire les romans mettant en scène Peter, Hanne, Malin, et Manfret dans l'ordre de parution. En effet, ayant déjà lu «L'ombre de la baleine», je me souvenais (pas très bien, heureusement) de quel côté il fallait chercher. Bien sûr, je ne m'en suis pas tout de suite souvenue, et je me rappelais seulement que tel personnage était impliqué de telle manière, mais j'avais oublié certains détails.
D'autre part, la romancière sait parfaitement faire monter la tension. Certaines scènes en sont une bonne illustration, comme par exemple celle où Hanne, désorientée, doit tenter de savoir qui, de l'adolescent ou de la vieille femme, elle doit croire.

Outre l'énigme palpitante, les personnages sont aussi sympathiques et attachants que dans les autres romans. C'est surtout Hanne et Malin qui sont au premier plan. Chacune est à un tournant de sa vie, chacune fait face à de rudes épreuves...

Par divers biais, l'autrice évoque l'acceptation de l'autre et de soi-même. Le premier exemple qu'elle utilise est celui de Jake, personnage qu'on découvre dans ce roman. Jake craint d'être une anomalie. N'osant se confier à personne, il se voit comme un dépravé. Être le souffre-douleur de certains de ses camarades de lycée ne l'aide pas. Ces maltraitances lui montrent que s'il révélait son secret, il serait encore plus mal vu et par davantage de monde. Son interaction fortuite avec Hanne va le pousser à remettre plusieurs choses en question. Si, à la fin, le lecteur sait ce que pense Melinda, j'aurais aimé savoir comment réagissent Saga et le père de Jake.

Le deuxième exemple utilisé est plus général: c'est celui des réfugiés. Camilla Grebe creuse cette idée dans sa note finale.

Voici maintenant la remarque qui sert à rien de La Livrophile:
Les personnages principaux de cette série (à part Manfred) ont chacun un prénom de cinq lettres: Peter, Hanne, Malin. ;-)

Service presse des éditions Audiolib par l'intermédiaire de la plateforme de lecture NetGalley.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Audrey Sourdive.

Encore une fois, Audrey Sourdive est parvenue à se surpasser. En effet, en plus de parfaitement jouer les divers sentiments des personnages, et de modifier sa voix sans exagération pour chacun, elle sait également pleurer sans cabotiner. Cela doit être souligné, à mon avis, car certains comédiens m'ont donné envie de leur coller du papier adhésif sur la bouche lorsque je les ai entendus jouer des personnages qui pleuraient.
Autre exemple, j'ai adoré qu'Audrey Sourdive passe en un instant, et sans efforts apparents, d'une réplique dite sur un ton de commérage (en substance: «Imaginez qu'on le retrouve congelé comme un bâtonnet de poisson!») au choc que cette réplique produit sur Malin.
Enfin, après avoir noté, dans une autre chronique, que cette comédienne prononçait correctement des mots que beaucoup écorchent, je remarque qu'ici, elle prononce correctement «gageur».
Seul bémol: je regrette qu'elle ait prononcé Aneuh pour Hanne, alors qu'elle disait Anne dans «L'archipel des larmes» (ce qui me convenait), mais j'imagine qu'on lui a demandé de le prononcer davantage à la suédoise. Comme elle n'exagère pas, et que c'est une excellente comédienne, c'est passé.
Malgré ce petit bémol, j'espère qu'Audrey Sourdive n'est pas près d'arrêter d'enregistrer des livres!

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