Le jeu du furet

L'ouvrage:
Geoffrey Shaffer joue à «Les quatre cavaliers», un jeu de rôle dans lequel les forces agissantes sont celles du mal. Shaffer y tient le rôle de la mort. Tous les crimes qu'il y raconte, il les commet en réalité. Il s'en délecte.

Critique:
Encore un livre qui fait partie d'une série... C'est le tome 5 de la série Alex Cross. Je pense qu'il faut les lire dans l'ordre, mais là, je n'ai pas été trop gênée de ne pas avoir lu les autres.

Dans l'ensemble, c'est un bon polar, mais surtout grâce aux personnages d'Alex et de sa famille. Ils sont sympathiques, surtout les deux enfants. En outre, le lecteur voit bien que Nana est très présente et aimante. Cela donne un joli tableau. À côté de ça, Christine paraît assez fade. Tout le monde l'adore, Alex le premier, mais je me suis demandé ce qu'ils lui trouvaient! Elle ne semble pas avoir beaucoup de personnalité... ce qui, bien sûr, sera infirmé à la fin, étant donné ce qu'elle a traversé. Pourtant, cela ne me l'a pas rendue plus sympathique. Je pense (j'espère) que son personnage est plus creusé dans les autres tomes.

Si l'intrigue est d'abord haletante, elle s'essouffle vite. on commence par se prendre au jeu du chat et de la souris entre Alex et Shaffer, ce tueur sordide qui ne suit aucune ligne de conduite, sauf, au départ, celle des dés (mais c'est lui qui fait les règles). La psychologie du tueur est intéressante, mais ensuite, tout est trop lent à force de redondances.

Par la suite, il y a un rebondissement qui relance l'action, et le procès est intéressant, parce que l'auteur montre bien comment on peut manipuler des gens. Malgré sa pertinence, cette ficelle a déjà été exploitée ailleurs.
Après le procès, on retombe dans une succession d'événements un peu attendus, ce qui fait qu'on trouve le temps long. Même la traque finale m'a paru lente. Surtout qu'à ce moment, la police semble avoir deux mains gauches...
Quant à la toute fin, je m'y attendais. La ficelle est souvent exploitée dans les mauvais films d'horreur.

Tout au long du roman, Shaffer est censé inspirer l'angoisse et le dégoût... Mais le personnage est si caricatural, sa personnalité est si rudimentaire, que je l'ai très vite vu avec distance. En outre, l'auteur recouvre tout cela de flots de sang, ce qui me fait toujours soupirer: il étale le peu qu'il a à dire en tentant de masquer que c'est peu avec du spectaculaire...

Je sais que James Patterson a écrit une multitude de romans. De ce fait, ils ne peuvent pas tous être très bons. Voilà pourquoi j'en lirai d'autres. Par exemple, il faudrait que j'essaie de lire la série Alex Cross en commençant par le tome 1.

Éditeur: Jean-Claude Lattès.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Patrick Kaplan pour l'association Valentin Haüy.
J'ai été contente de retrouver ce lecteur que j'apprécie pour sa lecture vivante. J'ai quand même été déçue qu'il reste des erreurs de lecture.

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