Le jeu des trente

L'ouvrage:
Jimmy McShane est détective privé. Ce jour-là, son ami, Saul Feldman, diamantaire, lui fait savoir qu'il l'a recommandé à Temple Rennseler. Celle-ci n'est pas satisfaite de la manière dont la police enquête sur le meurtre de son père, Tomy. Ce dernier, antiquaire spécialisé en objets égyptiens, a été tué d'une injection de venin de serpent.

Critique:
Après avoir adoré «Midnight examiner», j'ai essayé quelques livres de William Kotzwinkle, mais j'ai été déçue. Je me suis finalement décidée pour «Le jeu des trente» parce que le résumé était intéressant, et parce que j'apprécie la façon de lire de celle qui l'a enregistré. Je pense qu'il y a une autre raison pour laquelle j'ai accepté d'essayer de le lire: j'ai arrêté de m'attendre à ce qu'un livre de cet auteur me fasse autant rire que «Midnight examiner». Je suis contente, car ce roman m'a plu. Il n'est pas aussi hilarant que «Midnight examiner», mais l'auteur glisse quelques notes d'humour, et elles sont toujours à propos. Par exemple, l'apparition de Viola est toujours synonyme d'amusement, même si cela se teinte de gravité. Le chapitre 1 aussi est cocasse. Tout cela n'est pas source de fous rires, mais de sourires. Comment ne pas glousser à la mention de la prophétie de l'omelette?

L'intrigue ne souffre pas de temps morts. L'auteur aborde un thème que beaucoup d'auteurs ont déjà utilisé (Lisa Gardner gagne sûrement le pompon), et cela a commencé par m'agacer, mais je reconnais qu'il le fait avec à propos. Pas de pathos. Tout est (malheureusement pour certains personnages) très réaliste. À la fin, il laisse entrevoir que ceux qui ont souffert sont rejetés par ceux qui devraient leur apporter le plus de réconfort possible. Ça, je ne l'ai jamais lu dans aucun roman évoquant ce thème, et je suis triste de dire que là encore, William Kotzwinkle est très réaliste. C'est assez écoeurant.

Quant au nom du coupable de la mort de Tomy... À un moment, j'ai soupçonné le personnage ainsi que ce qui lui arrive (ceux qui ont lu le livre comprendront), mais j'espérais que ce ne serait pas la solution. Je n'en veux pas trop à l'auteur parce qu'il a tout préparé au long du roman, donnant beaucoup d'indices, mais aussi parce qu'il a tout expliqué sans incohérences. La seule qu'il puisse y avoir est celle que je reproche lorsque les auteurs s'engagent dans ce genre de choses... Étant donné que beaucoup le font, j'imagine que de la documentation soutient leurs affirmations. Il faudrait qu'un jour, j'aie le courage de me plonger là-dedans.

Je sais que William Kotzwinkle a écrit beaucoup de livres. J'espère qu'il y en a d'autres mettant Jimmy McShane en scène. Outre que je le trouve sympathique, j'imagine que dans une suite, le lecteur aurait des nouvelles de certains protagonistes de ce roman-ci.

Éditeur: Rivages.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Anne-Elvire de Montjou pour la Bibliothèque Sonore Romande.
J'apprécie la façon de lire de cette lectrice. En plus d'un jeu naturel (ni trop sobre ni exagéré), elle a une voix très agréable.

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