Le gardien de phare

Note: Ce livre fait partie d'une série. Voici l'ordre dans lequel il faut lire les tomes:
La princesse des glaces
Le prédicateur
Le tailleur de pierre
L'oiseau de mauvais augure
L'enfant allemand
La sirène
Le gardien de phare

Si vous n'avez pas lu «La sirène», ne lisez pas mon résumé.

L'ouvrage:
Erica et Patrik ont maintenant des jumeaux. Après trois mois d'arrêt maladie, Patrik va reprendre le travail. Il sait qu'il doit se ménager.
Un centre de thalassothérapie va ouvrir à Fjàllbacka. Viviane et son frère en font activement partie.
Annie arrive en catastrophe sur l'île de Grascar (non loin de Fjàllbacka) qui lui appartient. Elle y cherche la paix pour elle et Sam, son fils.

Critique:
J'ai été déçue par «La sirène», mais je voulais lire le tome 7 d'abord parce que le 6 laisse le lecteur sur sa faim, mais aussi parce que les personnages récurrents des romans de Camilla Läckberg sont très attachants. J'ai été ravie de les retrouver, de les voir vivre. À travers eux, la romancière exprime beaucoup de sentiments. Dans ce tome, il est particulièrement question (s'agissant de leur histoire personnelle), de leur manière de gérer une très grande douleur, douleur qui engendre des situations délicates.

Depuis deux tomes, je me plains que Camilla Läckberg s'essouffle. Ici, je pense qu'elle s'est renouvelée tout en gardant ce qui a fait son succès. Par exemple, elle fait s'entremêler personnages et intrigues. Elle fait également revenir un thème et l'exploite selon trois angles différents. Une partie du roman conte des événements passés. À ce sujet, la date étant lointaine (les événements du passé commencent en 1870), je me demandais comment raccrocher cela aux événements du présent. D'habitude, je trouve facilement, mais ici, non.
Nous retrouvons aussi le thème de l'enfance maltraitée exploitée, là aussi, sous différents angles.

Je n'ai pas non plus vraiment su comment rapprocher certaines intrigues ou bien trouver leur issue. Cela m'a fait plaisir, car j'ai souvent deviné les solutions chez Camilla Läckberg, d'autant que je repère sa façon de disperser des indices sans avoir l'air d'y toucher. Bien sûr, on devine certaines choses, mais pas tout. Du coup, même si elle utilise certaines grosses ficelles (notamment celle de faire mariner le lecteur), je lui en ai moins voulu que pour les deux précédents tomes. Il est quand même vrai que tout ce qu'on finit par découvrir a déjà été utilisé maintes fois et est donc facile à trouver.

J'ai été un peu agacée par l'espèce de mystère qui plane au-dessus de Johanna. Là, je trouve que l'auteur en a trop fait. Ce que Johanna ressent est tout à fait normal, mais n'aurait-il pas été plus simple d'en parler tout de suite? Ici, la romancière fait traîner les choses, et promène son lecteur pour rien.

D'autre part, il me semble qu'il y a davantage de personnages. De ce fait, on met un peu plus longtemps à avoir assez de pièces pour deviner certaines choses. C'est peut-être un peu déroutant, au début, mais c'est appréciable.

La plupart des personnages restent très bien analysés, très crédibles. En outre, il y a bien des «très méchants», mais il y a aussi certains personnages qu'on plaint et pour lesquels on éprouvera de la compassion.

Annie m'a beaucoup agacée. D'abord parce que je savais une partie de ce qu'il y avait à savoir la concernant, mais aussi parce que je trouvais qu'elle se lamentait beaucoup, et se cherchait beaucoup d'excuses pour avoir laissé les choses aller trop loin. Certains lui accorderont peut-être les circonstances atténuantes... pas moi.
À un moment, un personnage de Refuge explique que l'association est là pour aider, mais que parfois, eux-mêmes ne comprennent pas pourquoi une femme battue reste avec son mari. J'avoue ne pas vraiment comprendre non plus. La romancière illustre cela de plusieurs exemples, et il en est un que je comprends à peu près, mais je me dis que c'est dès le départ qu'il faut partir. Bien sûr, n'étant pas dans cette situation,il m'est facile de dire cela...

J'ai apprécié que l'auteur tente de donner davantage d'épaisseur à Melberg. Je ne sais pas trop quoi penser de lui. Le lecteur ne pourra s'empêcher de rire de lui, d'être exaspéré de sa fainéantise et de son assurance, mais aussi d'être attendri par l'amour inconditionnel qu'il voue à Léo et par la remise en question qu'il est bien obligé d'opérer à un moment...

J'ai aimé l'ambiance qui plane sur l'île de Grascar: les croyances attachée à l'endroit à cause de son histoire.

Remarques annexes:
Les personnages n'arrêtent pas de manger! Dans les autres tomes aussi, je pense, mais je l'ai vraiment remarqué dans celui-ci.
Camilla Läckberg aime bien les personnages loufoques qu'on voit peu. Ici, c'est l'homme aux chats qui a ce rôle. Il m'a bien fait rire.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Christophe Lebert. Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib. Il sort en audio aujourd'hui, le 11 septembre.
Comme d'habitude, le comédien joue sans en faire trop. Il modifie parfois sa voix pour certains personnages. D'habitude, je n'aime pas ça, mais il le fait à bon escient. Il caractérise Melberg par une voix forte, assurée, fanfaronne, comme il l'a fait dans le tome 6. Je trouve qu'il a raison, car cela a renforcé l'impression que j'avais du personnage. J'ai également aimé la voix qu'il a choisi de donner à Conrad, voix qui, là encore, fait ressortir ce qui caractérise le personnage.

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