Le dernier vol

L'ouvrage:
Claire Cook doit fuir son mari violent. Grâce à une amie, elle est parvenue à mettre un plan au point. Cependant, les choses ne se passent pas comme prévu. Son projet s'évanouissant en fumée, Claire, en plein désarroi, a très peu de temps pour agir. C'est alors qu'une inconnue, Eva, lui fait une curieuse proposition.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Avec le personnage de Claire, Julie Clark montre une femme qui parvient à trouver le courage de fuir la violence conjugale. Ce faisant, elle met en avant un aspect de cette situation, aspect dont il est très important de tenir compte: l'une des raisons qui empêchent certaines victimes de maltraitance conjugale (souvent des femmes) de s'enfuir, c'est la peur qu'on ne les croie pas. Bien sûr, le fait que le conjoint violent sape la confiance en soi de sa victime est la raison la plus difficile à surmonter, mais il y a aussi, pour la personne maltraitée, la peur de ne pas être prise au sérieux. Julie Clark ne nie pas l'émiettement de la confiance en soi, mais elle parvient à faire en sorte que Clair puisse garder la sienne. Pour cela, la romancière ne dit pas «c'est comme ça parce que je l'ai décidé», mais explique comment la jeune femme s'est construite, et fait en sorte qu'elle soit soutenue par une personne qui compte beaucoup pour elle.

Une fois les bases posées, l'autrice fait de la fuite de Claire une énigme, et elle la double d'une autre concernant Eva. Pour ce faire, elle nous raconte, en alternance avec le présent de Claire, les six mois de la vie d'Eva avant le jour où les deux jeunes femmes se rencontrent. Je ne suis pas amatrice des retours en arrière, mais je reconnais qu'il n'aurait pas été facile à l'écrivain de faire autrement. À l'instar de Claire, Eva éveillera la compassion du lecteur. La jeune femme sait qu'elle a fais de mauvais choix, et n'hésite pas à se remettre en question. Julie Clark fait un parallèle intéressant, car juste, entre les situations des deux héroïnes. Tout comme Claire, Eva craint qu'on ne la croie pas ou qu'on la rejette si elle se dévoile. C'est d'ailleurs pour cela qu'elle ne veut pas se confier à Lise. Celle-ci a beau être son amie, il est logique qu'Eva craigne sa réaction.

Le livre ne souffre d'aucun temps mort, et les rebondissements arrivent à point nommé. Il en est un que je n'avais absolument pas vu venir. J'aurais pourtant dû réfléchir au lieu de vilipender le personnage... Il y en a un autre pour lequel j'ai pensé: «Mais ce n'est pas du tout crédible!», parce que j'avais pris la chose à l'envers. La romancière, elle, l'a prise à l'endroit. ;-) À un moment, j'ai cru déceler une incohérence, mais l'autrice l'explique.

Je n'ai qu'un reproche à adresser à ce roman: ce que nous apprend l'épilogue. J'aurais préféré qu'il nous apprenne l'inverse. Bien sûr, on me dira que pour que ça ne fasse pas fin trop heureuse, il faut bien un point noir. Et je rétorquerai que même dans la vie, tout ne se termine pas forcément comme chez Karine Giébel. ;-) Donc ici, je n'aurais pas crié à l'invraisemblance si l'épilogue nous avait révélé l'inverse de ce qu'il nous dit.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Camille Lamache pour les éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.

Comme d'habitude, le jeu de la comédienne est sans failles. Sans difficultés apparentes, elle joue le désarroi (Claire, Eva), la colère (Rory), et ne modifie pas sa voix à outrance pour les rôles masculins.

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