Le collectionneur

L'ouvrage:
Maud Graham et André Rouaix sont sur la piste d'un tueur en série qui prélève un morceau à chacune de ses victimes.

Critique:
Si la psychologie continue de l'emporter sur le spectaculaire, il y a davantage de macabre dans ce roman. Le tueur est un pervers doublé d'un psychopathe. Un personnage de ce genre dans un roman de Chrystine Brouillet a commencé par me déstabiliser. En outre, je me disais: «Encore un qui a été traumatisé enfant et qui adorait faire du mal aux animaux.» Ensuite, la première surprise passée, j'ai suivi les personnages et l'intrigue avec plaisir.

J'ai aimé retrouver Maud Graham ainsi que Grégoire. Leur étrange amitié faite de complicité et du désir de chacun de protéger l'autre, est l'une des forces du roman.
Grégoire éveillera la compassion du lecteur. Être brisé tentant de se reconstruire (ou d'achever de se déconstruire) comme il peut, extraordinairement lucide quant à sa situation, sachant profiter de parcelles de répit, restant méfiant envers Maud, il est complexe et attachant.

Quant à notre héroïne, elle est égale à elle-même. Elle reste un peu amère, ayant du mal à digérer la rupture évoquée dès le tome 1, mais elle s'assouplit quelque peu.

À travers son intrigue secondaire (la fugue de Frédéric), l'auteur montre qu'il y a plusieurs moyens de maltraiter un enfant: l'indifférence ou le laisser aller en sont.
Quant à l'intrigue policière, elle paraît classique, mais la romancière a su créer quelques rebondissements dont la finesse m'a plu. En périphérie, «les affaires courantes du commissariat» suivent leur cours. Nous en avons un aperçu avec l'histoire du «peintre». Cela rend le tout réaliste.

Éditeur: La courte échelle.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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