Le cas Jack Spark T4

L'ouvrage:
Cent ans ont passé. Fés et humains cohabitent. Mais l'équilibre souhaité par Jack Spark menace de s'effondrer.

Jack Spark, président-mentor, dirige la fédération de Concordia.
Caleb Robespierre est policier. Il enquête sur des meurtres de Fés au sel. Étrange, étant donné que le sel est banni.
Tiago, le fils de Caleb, est adolescent. Le lycée n'est pas vraiment sa tasse de thé. Il finira par rejoindre la poignée d'insurgés qui commence à se former, pour réclamer un peu plus de justice.

Critique:
J'ai un sentiment mitigé quant à ce livre. Le plus gros reproche que je ferai est qu'il n'est pas une véritable suite aux trois autres tomes. Il commence cent ans après la fin du tome 3, et on n'apprend que partiellement ce que sont devenus les personnages auxquels nous étions attachés. Ce tome, comme le souligne l'auteur dans l'avant-propos, peut être lu indépendamment. Je pense que je l'aurais davantage apprécié si mon horizon d'attente avait été différent. Là, j'ai le sentiment d'avoir été flouée.
Le côté positif (si j'ose dire), est que les «précédemment dans Jack Spark» au début des chapitres, qui m'agaçaient, ont disparu.

L'auteur renoue avec une habitude prise dans les autres tomes: il aborde des thèmes d'actualité, et les amène finement. Par exemple, comment ne pas voir la correspondance entre le titre («Printemps humain»), la façon dont les insurgés s'organisent, et ce qui se passe depuis deux ans dans certains pays maghrébins ?
D'autre part, la façon dont tourne le monde est prévisible, mais c'est bien exploité. On se doute que la cohabitation ne fonctionnera pas, et les dérives décrites dans le roman sont de bons exemples très réalistes de la manière dont tournent les choses. Par exemple, les Fés occupent des places importantes, les humains doivent rembourser leurs crédits en flux, etc.
Outre ces thèmes, Victor Dixen glisse des allusions plus discrètes, mais bien réelles, à des faits historiques.

Il a été déroutant pour moi de frayer avec de nouveaux personnages. Cependant, les deux personnages principaux, ceux à travers qui l'histoire prend forme, sont attachants. Leurs choix, leurs indécisions, leur façon d'être... Tout cela fait que l'on s'identifie à eux. Par exemple, Caleb découvre petit à petit l'histoire de son ancêtre, ce qui influe sur la façon dont il appréhende son présent.
La structure est également intéressante: l'auteur alterne les chapitres évoquant Caleb et ceux évoquant Tiago. Cette structure est classique mais pertinente, car les éléments s'imbriquent jusqu'à la conclusion.

Il y a quand même certaines ficelles trop classiques à mon goût, comme l'espèce de coup de foudre ressenti par Tiago pour une insurgée.
Je trouve la fin un peu trop clichée. L'attitude de l'un des personnages est un peu trop grandiloquente, à mon avis.

Les annexes sont bienvenues. Le lecteur peut s'y référer s'il a un doute, surtout s'il y a longtemps qu'il a lu les autres tomes.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été offert par les éditions Jean-Claude Gawsewitch

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