Le blues du chat

L'ouvrage:
L'équipe de la commissaire Romano est confrontée à une nouvelle enquête. Pendant la soirée au cours de laquelle il recevait la légion d'honneur, François-Xavier Tourtier a été pris de convulsions comme s'il avait été mis en contact avec des fruits de mer, produits auxquels il est allergique. Sa femme lui a fait des piqûres d'adrénaline, mais cela n'a rien donné, il est mort. La police enquête. Quelqu'un a-t-il glissé du jus de crevette sur les canapés qu'avait mangé le défunt?

Critique:
J'ai été ravie de retrouver Romano, Tellier, et même Clément. Ce dernier est moins maladroit que dans «La griffe du chat». Il commence à avoir certaines habitudes (comme la boisson hypercalorique qu'il commande lors des réunions au Macchiato), ce qu'il veut dire qu'il commence à être intégré.
Quant à Tellier, je crois être d'accord avec lui sur beaucoup de choses. J'ai beaucoup ri à son idée de blog, mais j'ai aussi apprécié le concept. À noter que je n'ai pas vu «Les minions», mais je crois volontiers Tellier quant à ce qu'il en dit.
Romano a marqué un mauvais point auprès de moi parce qu'elle ne prend pas très bien soin de son chat. Certes, elle ne souhaitait pas avoir de chat au départ, mais elle m'a agacée à tenter de justifier ses actes. Je sais qu'elle est comme beaucoup d'humains qui ne cherchent pas vraiment à comprendre leur animal de compagnie, mais j'ai trouvé cela dommage venant d'elle qui, à part cela, a de très bonnes valeurs.

J'ai retrouvé avec grand plaisir l'humour de Sophie Chabanel: répliques des personnages ou du narrateur omniscient, situations cocasses (l'histoire des fiches de temps, par exemple), etc. Si son intrigue est grave, si elle révèle des personnages (surtout un) peu reluisants, elle parvient à merveille à entourer cela d'un humour qu'on n'oublie pas, et qui est toujours à propos.

Quant à l'enquête, sous n'importe quelle autre plume, elle m'aurait très rapidement agacée. Je n'avais pas forcément deviné qui était coupable ni le mobile du personnage, mais l'enquête reste longtemps en suspens. Ici, entre l'intérêt qu'éveillent les suspects et les pistes données par les suppositions des policiers, je ne me suis pas ennuyée. D'autant que la personnalité des deux policiers principaux prenait (à mon grand plaisir) beaucoup de place.

J'aurais souhaité que l'un des personnages soit épargné... Certes, mais s'il l'avait été, un autre aurait été encore plus durement touché. Il m'est difficile de savoir à quel point j'approuve Romano et Tellier à ce sujet. Je comprends qu'ils ont agi pour le mieux, et beaucoup de lecteurs les approuveront. Moi, je ne peux m'empêcher de penser que le personnage «sacrifié» (oui, j'emploie un grand mot, mais c'est mon ressenti), aurait pu être épargné un peu plus longtemps si les enquêteurs avaient agi autrement. Ceci dit... qu'aurais-je fait à leur place? Leur position n'était pas simple.

Un tome 2 aussi agréable et captivant que le tome 1!

Service presse des éditions Sixtrid.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Christine Letort.

S'il m'a beaucoup plu de retrouver la causticité de Sophie Chabanel et de ses personnages, c'est aussi parce que le roman était enregistré par cette comédienne. Marie-Christine Letort joue les sentiments des personnages sans trop en faire, et ne modifie pas sa voix à outrance pour les rôles masculins. Son interprétation est naturelle. Elle sert parfaitement la verve de l'autrice.

Acheter « Le blues du chat » sur Amazon
Acheter « Le blues du chat » en audio sur Amazon ou en téléchargement audio sur (Audible)