Aujourd'hui, c'est Laurent Mantel, comédien, qui répond à mes questions.

L : -Vous avez plusieurs cordes à votre arc de comédien : vous faites du doublage, de l'audiodescription, vous avez enregistré des livres bénévolement... Racontez votre parcours. Comment en êtes-vous arrivé à tout cela ?

L. M. : -J'ai commencé à m'intéresser au théâtre lorsque j'étais au lycée. Je vivais à Nice et j'allais voir les spectacles qui passaient au Centre Dramatique de Nice. Je me souviens particulièrement d'Ubu Roi dans la mise en scène de Peter Brook. Ma mère nous emmenait aussi au festival d'Avignon, là c'est encore une mise en scène de Peter Brook qui me reste en mémoire : La conférence des oiseaux.
J'ai ensuite fait des stages de théâtre et j'ai fait partie d'une compagnie de théâtre amateur, d'ailleurs plutôt axée sur le mime, la marionnette et le cirque. Après mon bac, je me suis inscrit en même temps en Fac de Sociologie et au Conservatoire d'Art dramatique de Nice. En fait, je suis allé très peu en Fac...
Puis je suis monté à Paris et j'ai continué ma formation au Théâtre des Quartiers d'Ivry avec Philippe Adrien...

Ma formation d'acteur est donc assez éclectique, allant du classique au théâtre de rue en passant par la marionnette, jusqu'au théâtre contemporain. J'ai toujours été intéressé par plusieurs choses en même temps. J'ai commencé à travailler au théâtre comme comédien et comme metteur en scène dans une jeune compagnie, et parallèlement, j'écrivais et j'enregistrais des histoires courtes pour une radio libre. Les univers sonores m'ont toujours passionné, comme le jeu d'acteur, la mise en scène et l'écriture. En fait tout ce qui tourne autour de la création du récit.

L : -Quel âge avez-vous ?

L. M. : -Cinquante ans.

Partie lecture :

L : -Pendant combien de temps avez-vous enregistré des livres ?

L. M. : -Je ne me souviens plus précisément, je dirai pendant trois ou quatre ans.

L : -Pour vos lectures personnelles, avez-vous une préférence pour un genre de livres ? De même, y a-t-il un genre de livres que vous n'aimez absolument pas ?

L. M. : -Je lis beaucoup de romans de toutes sortes, le genre a peu d'importance pourvu que le livre m'emporte dans son monde. J'ai des phases, j'aime bien enchaîner les livres d'un même auteur. J'aime les livres exigeants autant que ceux de pur divertissement, à condition que les ficelles ne soient pas trop grosses. J'ai détesté "Da Vinci Code" par exemple, tellement grossier dans ses effets, mais John Irving, San Antonio ou un bon polar, là je marche !
J'aime aussi les essais sur mes domaines de prédilections, comme l'écriture ou le cinéma. Ou des bouquins de philos, comme les livres d'André Comte-Sponville ou de Michel Onfray.

L : -Lorsque vous enregistriez bénévolement, si un livre ne vous tentait pas, acceptiez-vous tout de même de l'enregistrer ? Pouvez-vous donner un ou plusieurs exemples ?
L'association Valentin Haüy. vous proposait-elle toujours les livres ou en proposiez-vous ?

L.M. : -À l'AVH, on avait toujours le choix entre plusieurs livres sélectionnés par leur comité de lecture ou répondant à une demande individuelle, on n'en proposait pas. J'aimais bien changer de genre d'ailleurs, lire des livres que je n'aurais pas forcément choisis moi-même, ça permet d'avoir des bonnes surprises.
Je me souviens d'avoir particulièrement peiné sur un livre de Gunter Grass, "Le turbot". Les phrases faisaient plusieurs pages, je n'ai jamais compris comment il fallait lire ce livre à haute voix. Je suis arrivé au bout, mais ça a été une longue épreuve ! Je ne sais pas s'il est écoutable...

L : -Est-il arrivé qu'un livre à enregistrer vous tente, puis qu'après avoir approfondi, vous le trouviez beaucoup moins à votre goût ? Pouvez-vous donner un ou plusieurs exemples ?
À l'inverse, un livre qui ne vous tentait pas s'est-il révélé bien plus plaisant que prévu ? Pouvez-vous donner un ou plusieurs exemples ?

L. M. : Du côté des bonnes surprises, mon premier livre était "De père français" de Michel del Castillo. Je ne connaissais pas l'auteur et la présentation ne me disait pas grand-chose. Mais c'est un livre écrit à la première personne et je m'y suis plongé comme on se plonge dans un personnage. L'histoire devient très émouvante et je m'y suis profondément impliqué, ça a été un moment de lecture très intense. Je me souviens que les gens du service qui avaient écouté ma lecture étaient émus, ils m'avaient fait des compliments, ça m'avait touché. Je ne sais pas s'ils l'ont gardé à l'AVH, pas mal de livres ont disparu avec le passage au numérique, je crois.

L : -Votre lecture est naturelle et soignée. Vous contez, et c'est très agréable. Cela nécessitait-il beaucoup de préparation ? Par exemple, lisiez-vous un livre avant de l'enregistrer ? Lisiez-vous des passages à haute voix chez vous ? Vous imaginiez-vous facilement les personnages ?

L. M. : -Votre compliment me fait particulièrement plaisir parce que c'est exactement ce que j'essaie de faire. Être naturel, précis et sensible. Cela ne demande pas forcément une très grande préparation. Il vaut mieux lire le livre avant de l'enregistrer bien sûr, mais parfois je n'avais pas le temps de le faire et je le découvrais "en direct". Cela nécessite surtout un réel engagement au moment où vous lisez. Il faut s'impliquer affectivement dans l'histoire, être en empathie avec les personnages et avec la personne virtuelle qui vous écoute. C'est difficile de garder cette exigence, cette implication, ce souci de transmettre avec sincérité à quelqu'un. J'essayais d'être toujours présent à ce que je disais, pas seulement d'aligner proprement des mots les uns derrière les autres. Je me mettais tout seul la pression pour arriver au résultat que j'aime bien.

L : -Combien de temps durait une séance d'enregistrement ?

L. M. : -On prend en général des créneaux de deux ou trois heures. C'est difficile de faire plus. Après trois heures de lecture non-stop, je suis sur les genoux !

L : -Malgré la préparation, vous est-il déjà arrivé d'interrompre la lecture d'un livre à enregistrer quelques minutes, car un passage vous émouvait ou vous choquait trop ?

L. M. : -Oui, on peut être par moments un peu débordé par l'émotion d'un livre, de certains passages. Surtout effectivement si on s'y implique. D'autres fois ce peut être à cause de scènes de violence, comme dans Glamorama, de Brett Easton Ellis. Mais, c'est justement là qu'on sait qu'on est sur la bonne piste. Rien de plus triste que l'indifférence dans le métier d'acteur.

L : -Voudriez-vous enregistrer des livres pour un éditeur audio ? Je pense surtout aux éditions Audiolib qui recrutent souvent parmi des comédiens qui font du doublage.

L. M. : -Oui, j'en serais ravi. Je crois que j'ai développé une bonne technique de lecture et que je saurai être efficace ! Sur les conseils d'un ami comédien (Laurent Jacquet) j'avais d'ailleurs envoyé des extraits de livres que j'ai lus à Audiolib, mais je n'ai pas eu de réponse pour l'instant. Cela dit, il faut savoir être patient dans ce métier, parfois les contacts mettent des années à se faire.
Cet été j'ai lu un livre à la demande de la fondation Orange "Une Lointaine Arcadie" de Jean Marie Chevrier. Il faudra que vous me disiez ce que vous en pensez.

L : -Y a-t-il un auteur ou un roman en particulier que vous aimeriez enregistrer ?

L. M. : -J'ai toujours envie d'enregistrer les livres que j'aime, et il y en a beaucoup.
Je me lancerai bien dans "Molloy" de Samuel Beckett par exemple. J'ai lu presque toute l'œuvre de Beckett quand j'avais 25 ans, et il m'en est resté une fascination certaine pour son univers étrange et minimaliste. Ce serait un voyage de lecture difficile, mais passionnant.
J'aimerais aussi enregistrer tous les livres de Milan Kundéra... Mais je peux aussi avoir envie de lire des romans plus simples, comme "Les heures souterraines" de Delphine de Vigan, que j'ai bien aimé, et plein d'autres...

L : -Vous avez enregistré pour l'AVH. Nadège Pithon (qui a lu un ouvrage pour Audiolib), et Philippe Lejour (qui fut une voix régulière des éditions Livraphode) l'ont également fait. Cachou Kirsch (qui enregistre pour Audiolib), lit bénévolement pour la Ligue Braille. Connaissez-vous d'autres comédiens qui enregistrent pour des associations ?

L. M. : Non, je n'en connais pas. Je travaille essentiellement dans le secteur du doublage et je ne connais personne qui fait du bénévolat dans mon entourage. Il faut dire que lorsqu'on travaille, il n'est pas forcément facile de trouver le temps. Et à l'AVH les lecteurs se rencontrent peu. On croise les gens qui viennent à la même heure, mais on ne se parle pas beaucoup, il n'y a pas d'échange sur les manières de lire, sur la qualité qu'on essaie d'atteindre.

Partie doublage :

L : -Notez-vous les rôles que vous doublez ?

L. M. : -J'essaie, une fois par an environ, de répertorier les rôles importants que j'ai doublés pour compléter mon CV. Mais je suis toujours en retard, c'est un travail fastidieux et je ne le fais pas assez régulièrement.

L : -Je regarde beaucoup de séries, et il me semble vous entendre peu... vous avez doublé Joe dans une ou deux saisons de "Brothers and sisters", mais ensuite... Préférez-vous les films et les dessins animés ?

L. M. : -J'adore les dessins animés, j'en ai fait beaucoup à une époque, lorsque je travaillais pour une société qui a fait faillite aujourd'hui. Mais j'aime aussi les films et les séries.
Il se trouve que j'ai assez peu doublé de longs métrages. J'ai surtout doublé des séries et des téléfilms. Je ne surveille pas ce qui passe à la télévision, je la regarde peu, mais vous pouvez retrouver les rôles et les acteurs que je double habituellement sur le site RS doublage, où je me suis réinscrit récemment ou sur la page Wikipédia qui m'est consacrée. Depuis vingt ans, j'ai dû doubler en moyenne entre cinquante et cent films ou épisodes par an. Il y a des moments où l'on m'entend un peu plus que d'autres sans doute.

L : -Êtes-vous la voix attitrée d'un acteur ?

L. M. : -Pas vraiment. Disons qu'il y a quelques acteurs que j'ai suivi sur plusieurs films ou série, mais ça ne veut pas dire qu'ils m'appartiennent ! D'autres les ont faits et d'autres les feront peut-être plus tard, c'est l'usage du métier.

L : -Comment se passe une séance de doublage ? Vous donne-t-on beaucoup de directives ? Faut-il souvent recommencer une scène ?

L. M. : -C'est très variable, et ça dépend du temps que l'on dispose pour travailler. Lorsqu'on prend le temps de faire du bon travail, on peut voir la scène deux fois avant de la jouer. Ensuite on refait autant que nécessaire sous la direction du "chef de plateau", ou directeur artistique. Si votre façon de voir est proche de la sienne, il y a peu de choses à dire, essentiellement des détails à préciser.
Souvent le temps est compté et il faut être capable de donner un résultat correct très vite.

L : -Comment un comédien de doublage fait-il pour "se mettre en situation", quand, par exemple, le personnage qu'il double mange. (Cela ne doit pas être très facile à rendre.)

L. M. : -Manger n'est pas très compliqué, on fait semblant d'avoir quelque chose dans la bouche ! Ce sont les situations psychologiques complexes qui peuvent être difficiles à saisir en très peu de temps. Il faut se plonger en imagination dans la situation du personnage et ressentir les choses comme lui les ressent, c'est une sorte de gymnastique psychologique et affective. Les enfants savent faire ça de façon innée, ils s'imaginent dans des situations et ils vivent le truc à fond. Quand on est adulte, souvent on a oublié cette faculté. Il faut la retrouver et la discipliner pour pouvoir l'utiliser à la demande, malgré toutes les contraintes techniques et le stress de l'enregistrement.

L : -Avez-vous une anecdote amusante ou émouvante à raconter ?

L. M. : -Je n'ai pas d'anecdote précise en tête. Je pense à l'étrange alchimie qui fait que l'on pense à nous pour doubler tel ou tel rôle. Quand j'ai commencé, je travaillais beaucoup pour une petite société qui s'appelait Synchro-Mondiale. Je porte des lunettes dans la vie, et très souvent j'étais distribué sur des personnages binoclards ! Une autre chef de plateau m'avait pris pour doubler un acteur plutôt gros. Comme ça s'était bien passé, j'ai enchaîné un certain nombre de gros ensuite, d'un côté je faisais des intellos à lunettes, de l'autre des gros lards !
Plus tard, dans une autre société, les distributions étaient assurées par des jeunes femmes qui travaillaient dans d'autres locaux que les studios. On ne s'était jamais vu et on se connaissait uniquement par la voix. Comme j'ai une voix assez jeune, elles me donnaient des rôles de 20 ou 25 ans, et ça collait très bien. Un jour l'une d'elles est venue sur un plateau est à découvert que j'en avais en fait 45 ! Je crois qu'elle a été très déçue.
Tout ça pour dire que ce que j'aime dans le doublage, c'est qu'on est libéré de son physique, ça ouvre beaucoup de possibilités.

Partie audiodescription :

Il existe, entre autres, une interview de vous où vous parlez en détails de l'audiodescription. C'est celle réalisée par David Rafier. Comment cela a-t-il évolué depuis ?

L. M. : -Oui j'ai eu le plaisir de répondre aux questions de David Rafier. J'ai aussi été interviewé par Libé Labo au sujet de la Grande Vadrouille, j'ai participé à une émission sur France Culture (Sur les docks, l'écran noir), et il y a peu, à une autre sur Vivre FM (Vivre FM c'est vous). Je ne crois pas que je changerais beaucoup ce que j'y ai dit. Le monde de l'audiodescription évolue de façon incertaine. Il y a davantage d'audiodescriptions, ce qui est très positif, mais la qualité se dégrade nettement et je crains que ça ne soit que le début de la braderie.

L : -Combien de films avez-vous audiodécrit ?

L. M. : -Je n'ai pas compté exactement, autour de 120 longs métrages à peu près, il faut que je vérifie. Là aussi mon CV n'est pas du tout à jour !

L : -Audiodécrivez-vous d'autres programmes ?

L. M. : -J'ai décrit des films documentaires de toutes sortes pour des expositions à la Cité des Sciences et de l'industrie grâce à Hoëlle Corvest qui s'occupe de l'accessibilité aux personnes non voyantes. J'ai aussi décrit des œuvres d'art et des monuments historiques (le château du Haut Koenigsourg par exemple...)

L : -Certains programmes se prêtent-ils davantage à une audiodescription à plusieurs voix ?

L. M. : -Je pense que deux voix sont très utiles pour un long métrage, à condition qu'elles soient utilisées avec intelligence et qu'elles soient bien accordées, ce qui n'est pas toujours le cas.

L : -Y a-t-il beaucoup de personnes qui font de l'audiodescription ?

L. M. : -Je ne sais pas exactement. Aujourd'hui, il doit y avoir entre 20 et 30 personnes en France qui en ont déjà fait à des rythmes divers. Mais la masse de travail n'est pas suffisante pour que tout le monde puisse en vivre toute l'année. Comme on en parle dans les médias, beaucoup de personnes pensent que c'est une activité facile et s'improvisent audiodescripteurs. D'autres organisent des formations qui leur rapportent des sommes coquettes, mais qui envoient ensuite les gens sur un marché du travail déjà saturé. Des sociétés qui veulent casser les prix pour récupérer ce marché embauchent des gens complètement inexpérimentés à des tarifs très bas...

L : -Pensez-vous qu'un jour, on parviendra à audiodécrire des séries télévisées ? (Je n'ose même pas imaginer la masse de travail... !)

L. M. : -Je pense que c'est tout à fait possible. La série télévisée n'est pas forcément difficile à décrire. Souvent, dans les séries, les informations les plus importantes passent par les dialogues, contrairement au cinéma où c'est le visuel qui prime.

L : -Pensez-vous qu'à terme, sur chaque DVD, on aura le choix entre audiodescription ou non, comme on l'a entre VO et VF (quand les programmes ne sont pas français) ?

L. M. : -Il suffirait que l'audiodescription devienne obligatoire pour la sortie en salle des films. La même audiodescription servirait ensuite pour le DVD et au final pour la diffusion TV. Aujourd'hui, le système marche à l'envers. C'est l'audiodescription à la télévision, le dernier diffuseur, qui est soumise à des obligations.
C'est parfaitement faisable financièrement. Le coût moyen d'un long métrage tourne autour de 5 millions d'euros en France. Une description coûte entre 5000 et 6000 euros tout compris, soit un millième du coût du film. Et si l'on compare avec les grosses productions qui dépassent les 50 millions d'euros on tombe à un dix millième du budget global. La production en France est largement aidée par les pouvoirs publics, il serait donc légitime de conditionner ces aides à la réalisation d'une audiodescription.

Diverses questions plus générales :

L : -Faites-vous particulièrement attention à ne pas abîmer votre voix dans la vie de tous les jours ?

L. M. : -Non, pas spécialement. Je fais quelques exercices de diction lorsque je suis un peu rouillé, ce sont mes gammes, comme un musicien fait les siennes pour entretenir sa technique.

L : -Fumez-vous ?

L. M. : -Non, et je déteste l'odeur de la cigarette.

L : -Avez-vous d'autres activités impliquant la voix ?

L. M. : -J'ai fait du chant, mais je ne travaille pas suffisamment pour l'utiliser. Il m'arrive de faire quelques petits passages chantés dans des dessins animés que je double déjà, mais ce ne sont que des choses très courtes et ce n'est pas mon métier.

L : -Quels sont vos centres d'intérêt à part la lecture ?

L. M. : -J'adore la mer et la planche à voile. Le windsurf est ma soupape de décompression, si je n'en fais pas pendant quelques semaines, je suis gravement en manque ! Et puis mes deux filles bien sûr. Elles donnent un sens à ma vie.

L : -Quelle est votre devise dans la vie ? L. M. : -Je n'ai pas de devise particulière. Il en faudrait une pour chaque moment. Je vois mal comment résumer la complexité de la vie en une seule phrase.

L : -Y a-t-il quelque chose que vous souhaiteriez ajouter ?

L. M. : -D'abord, merci de vous intéresser aux comédiens de l'ombre dont je fais partie. Je croise autour de moi beaucoup de gens de talents, profondément impliqués dans leur métier. Ce métier d'acteur qui est trop souvent considéré par certains commanditaires comme une simple prestation de service sur laquelle on essaie toujours de rogner au maximum, quitte à délocaliser pour casser les prix.

Et à propos de l'audiodescription, il me semble important de dire aujourd'hui que l'accessibilité à la culture ne doit pas être traitée comme un parent pauvre de la culture en général.
Prenons l'exemple des quotas de productions françaises à la télévision, ils sont assortis d'un minimum financier pour empêcher les chaînes de tricher en produisant n'importe quoi au kilomètre, comme c'est arrivé au début des chaînes privées. Pourquoi les quotas de diffusion d'audiodescription ne bénéficient-ils pas du même dispositif ? Pourquoi la SACD, la société qui est censée défendre les droits des auteurs dramatiques, ne daigne-t-elle pas s'occuper des droits des audiodescripteurs ? Pourquoi les aides publiques à la production ne sont-elles pas conditionnées à l'accessibilité des films ?...

Dans les moments de crise, ce sont les secteurs de la culture et de la solidarité qui trinquent les premiers. Ils sont pourtant essentiels. Une société qui se réduit à des rapports marchands court à sa ruine.

Excusez-moi d'avoir été un peu grave et sérieux sur la fin. La prochaine fois je tenterai quelque chose de plus humoristique. C'est aussi important !

L: -Merci d'avoir pris le temps de répondre à toutes ces questions !